Le chantier du téléphérique de La Grave, dans les Hautes-Alpes, est suspendu : la justice impose une dérogation environnementale en raison des risques pour le gypaète barbu.
La société d'aménagement touristique de La Grave (Hautes-Alpes) doit faire une demande de dérogation environnementale pour un chantier de téléphérique sur le glacier de la Girose, dans le massif de la Meije, avant de poursuivre les travaux, a jugé mardi le tribunal administratif de Marseille.
La décision, qui fait suite à la requête de plusieurs associations de défense de l'environnement (dont Mountain Wilderness et La Grave Autrement), enjoint le préfet des Hautes-Alpes de mettre en demeure la société en charge des travaux dans un délai de deux mois et de suspendre l'exécution des travaux.
Risque de collision avec les cables
La SATG devra donc déposer une demande de "dérogation à la destruction ou à la perturbation d'espèces protégées", en l'occurrence le gypaète barbu. Le tribunal souligne dans son jugement que le survol du glacier par un certain nombre de représentants de ces rapaces de montagne, "y compris par des jeunes gypaétons inexpérimentés, est établi".
Selon le tribunal, qui rappelle qu'une dérogation "est nécessaire si un projet comporte un risque d'atteintes aux espèces protégées suffisamment caractérisé", il existe des risques de collision avec les câbles. Les travaux portent sur la réalisation d'un troisième tronçon du téléphérique de La Grave "reliant le col des Ruillans à 3.211 mètres au Dôme de La Lauze à 3.559 mètres", en remplacement d'un téléski.
En octobre 2023, des militants des Soulèvements de la Terre avaient occupé une partie du glacier pour s'opposer à ce projet, qui fait l'objet d'une opposition de longue date de la part du collectif La Grave Autrement.
