Un sanglier en forêt
@Pexels / Anna Hinckel
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Chasse dans la métropole de Lyon : les sangliers, pomme de la discorde

Imaginaire d’une Gaule ripailleuse estampillée Goscinny-Uderzo, la "bête noire" est aujourd’hui au centre des débats autour de la chasse, à l’heure de la reprise de la saison de la chasse.


Entre prolifération, impératif de régulation, dégâts occasionnés aux agriculteurs, les sangliers sont au centre des débats sur la chasse, sujet éminemment politique et idéologique. Avec, en toile de fond, la cohabitation parfois tendue entre promeneurs et chasseurs, à l’heure de la reprise de la saison de la chasse.

Ils ont été aperçus le long de la M6, aux environs du lycée horticole de Dardilly, sous les glissières de sécurité, en bordure des accotements : les feuilles balayées par la route et entassées abritent des lombrics qui viennent se nourrir de l’humus. Les sangliers s’y donnent rendez-vous, à quelques mètres de la circulation automobile. Des habitants en ont croisé au pied d’immeubles, à Rillieux-la-Pape, mais aussi sur la colline de Fourvière. Une imposante laie et trois marcassins ont été vus au parc de la Feyssine, fin août. Les suidés ont également été signalés dans les centres de Limonest, d’Écully, de Saint-Priest, de Meyzieu ou encore de Vaulx-en-Velin. L’importante population de sangliers installée dans la métropole de Lyon est aujourd’hui considérée par les services de l’État comme une “menace pour la sécurité publique”.

Effet confinement


Statistiques de la chasse du Rhône et la métropole de Lyon @Lyon Capitale

Dans son dernier bulletin mensuel, la Fédération départementale des chasseurs du Rhône et de la métropole de Lyon note que si le sanglier se raréfie dans les collines boisées du département, ses effectifs, en revanche, "augmentent en plaine et zone périurbaine". Une observation confirmée par la préfecture du Rhône qui atteste d’un “accroissement” de la présence des suidés “dans les espaces urbains et semi urbains” depuis 2020. "C’est l’effet confinement, explique-t-on cours de la Liberté. L’absence d’activités humaines a permis au sanglier de se réapproprier l’espace, les friches, les parcelles abandonnées, les bordures agricoles, les lisières d’autoroutes, etc."

Face à ce constat, la préfecture a mis sur pied un dispositif de signalement des sangliers dans la métropole de Lyon afin "d’identifier les secteurs où les sangliers trouvent des zones refuges en milieu urbain". L’idée de la plateforme est de constituer un observatoire de la présence et des circulations des sangliers sur le territoire urbain et périurbain pour "procéder, le cas échéant, à des interventions de régulation afin de réduire les dommages qu’ils occasionnent".À cet effet, le préfet de la région et du Rhône, Pascal Mailhos, a signé, en juin dernier, un arrêté autorisant, jusqu’à la fin de l’année, des "missions de destructions" des sangliers sur le périmètre du Grand Lyon, "de jour comme de nuit", "sur tous terrains, boisés ou non", le tir à l’arc et à l’arbalète étant "préconisés dans les secteurs habités". But de la manœuvre : prévenir les dommages causés par les sangliers, qui peuvent aussi être un "danger pour la population".


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