(Photo by JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Auvergne-Rhône-Alpes : la Région coupe ses financements à Sciences Po Grenoble après la suspension d'un professeur

La région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé ne plus vouloir financer Sciences Po Grenoble ce lundi 20 décembre. L’annonce survient quelques heures après la suspension d’un enseignant de l’IEP de Grenoble qui avait dénoncé une "chasse idéologique" au sein de l’établissement.

Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez a annoncé, lundi 20 décembre, couper tout financement et toute collaboration avec Sciences Po Grenoble suite à la mise à pied du professeur d'allemand , Klaus Kinzler. Le professeur dénonçait "une dérive idéologique et communautariste" de la direction de l'institut. Pour rappel, le professeur a accordé plusieurs interviews jugées "diffamatoires" par la direction, dans lesquelles il se disait victime d'une "chasse idéologique" au sein de Sciences Po Grenoble. Depuis quelques années, des désaccords intellectuels l’opposaient  à certains de ses confrères, notamment autour de l’emploi du mot "islamophobie".


" Les militants de théories “woke”, de l’écriture inclusive, ou de pratiques communautaristes, ont aujourd’hui confisqué le débat au sein de cet établissement sans que la direction ne prenne la mesure de cette dérive préoccupante", la Région Auvergne-Rhône-Alpes à propos de la suspension de Klaus Kinzler.


Il avait accordé plusieurs entretiens à des médias, notamment l'Opinion, où il fustigeait "l'arrivée jeunes chercheurs adeptes des théories woke, décolonialistes, communautaristes, anticapitalistes", et avait qualifié Sciences Po Grenoble de d'institut "de rééducation politique". Conséquence de quoi, la direction de l'établissement a amorcé des démarches administratives pour suspendre le professeur de ses fonctions. Dans l'arrêté portant sur la suspension, la directrice indique que Klaus Kinzler a "gravement méconnu à plusieurs obligations", notamment en matière de "discrétion professionnelle". Contactée par l'AFP, la direction de l'IEP de Grenoble n'a pas souhaité réagir à "une mesure interne".

100 000 euros alloués chaque année par la Région

Face à cette sanction, la majorité portée par Laurent Wauquiez au conseil régional est venue s'immiscer dans l'affaire. Le président du conseil régional a expliqué mettre fin au financement qui liait la Région à l'Institut d’Études Politiques isérois, à savoir environ 100 000 euros par an au titre du COMESUP (contrat d'objectif et de moyen pour l'enseignement supérieur).

"Les militants de théories “woke”, de l’écriture inclusive, ou de pratiques communautaristes, ont aujourd’hui confisqué le débat au sein de cet établissement sans que la direction ne prenne la mesure de cette dérive préoccupante", s'est fendue la région AuRA par voie de communiqué. La collectivité a également apporté son soutien à l'enseignant, qui avait fait l’objet d’accusations de fascisme et d'islamophobie par l'intermédiaire de collages en mars dernier. La directrice de l'IEP avait condamné "très clairement" ces affiches, tout en estimant que la façon dont M. Kinzler parlait de l'islam était "extrêmement problématique", rapporte l'AFP.

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