Le site bourguignon du groupe américain Itron, l’un des plus gros employeurs privés de Mâcon, avec près de 350 salariés,

À Mâcon, Itron robotise l’assemblage de ses compteurs d’eau intelligents

Le site bourguignon du groupe américain Itron, l'un des plus gros employeurs privés de Mâcon, avec près de 350 salariés, vient de mettre en service une cellule automatisée qui doit augmenter de 35% la capacité d’assemblage de son compteur communicant Intelis wSource. Cette modernisation se fait sans suppression de postes et le site continue même d’embaucher.

Depuis début août une nouvelle installation tourne dans l’usine Itron de la rue Ampère, à Mâcon. Baptisée CAI pour "cellule d’assemblage Intelis wSource", elle prend en charge une partie de la fabrication du compteur d’eau intelligent du groupe. Ce produit est devenu stratégique pour un site que la direction présente comme le centre d’excellence mondial d’Itron dans le comptage de l’eau.

Se présentant comme un leader mondial de la gestion intelligente de l’énergie et de l’eau, opérant à la croisée de l’industrie traditionnelle et des technologies numériques, Itron a fait de son usine mâconnaise l’un de ses trois sites majeurs dans le monde, aux côtés d’Oconee County en Caroline du Sud, où se trouve son siège, et de Jakarta en Indonésie. Le groupe américain qui a réalisé 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025 y concentre son savoir-faire en matière de comptage de l’eau, une activité dans laquelle le passage du mécanique au communicant ouvre de nouvelles perspectives de croissance.

Un marché en pleine croissance

C’est d’ailleurs sur ce terrain que se joue l’avenir du site. Lancé fin 2022, l’Intelis wSource ne se contente pas de mesurer les volumes consommés, il transmet régulièrement ses données aux gestionnaires de réseaux qui peuvent ainsi suivre les consommations à distance, repérer plus vite les fuites, et mieux piloter une ressource de plus en plus sous tension.

Si sa production reste modeste à côté des compteurs mécaniques traditionnels, dont il sort encore 25 millions d’exemplaires par an de l’usine mâconnaise, la courbe est nette. De 350 000 unités en 2025, elle doit en effet passer à 500 000 cette année, portée par une demande qui vient pour l’essentiel du Moyen-Orient et d’Europe du Sud. Quant au marché français, il n’a pas encore basculé, mais les choses pourraient évoluer rapidement puisque des évaluations sont en cours auprès de Veolia et de Suez.

Pour accompagner cette croissance, Itron a d’abord misé sur le travail manuel en ouvrant de nouveaux îlots de fabrication en 2023 et 2024, avant de se tourner vers l’automatisation une fois les procédés stabilisés. La nouvelle cellule prend ainsi en charge l’assemblage du bas du compteur, de l’insertion des pièces dans le boîtier jusqu’au vissage du totalisateur, puis en contrôle l’étanchéité. Un robot Stäubli range ensuite les compteurs conformes dans les bacs de conditionnement, tandis que ceux qui présentent un défaut sont automatiquement écartés.

Capable de s’adapter d’elle-même à chaque modèle, grâce à la lecture d’un code-barres, l’installation enregistre en outre chacune de ses opérations, de sorte que chaque compteur peut être suivi individuellement. À cadence horaire égale, Itron en attend non seulement une hausse de 35% de sa capacité annuelle d’assemblage, mais aussi une amélioration de ses rendements de fabrication avec un objectif global fixé à 90%. Et parce que la demande ne devrait pas faiblir, la cellule a été dimensionnée pour alimenter à terme un quatrième îlot de production. L'enjeu : produire suffisamment pour répondre aux besoins des clients.

Plutôt que de partir d’une feuille blanche, les équipes ont choisi de réutiliser plusieurs postes manuels éprouvés depuis deux à trois ans. Un parti pris payant, puisqu’il a permis de développer la cellule en sept à huit mois, contre neuf à douze en moyenne pour ce type d’équipement, tout en réduisant l’investissement d’environ 21%. Associés au projet dès sa conception, les opérateurs ont pu tester les gestes et les déplacements sur une maquette grandeur nature en carton, au point que ces essais ont conduit à inverser le sens de fonctionnement initialement prévu. Réglable en hauteur et nécessitant moins d’interventions manuelles, le poste final a ainsi été pensé pour limiter les troubles musculosquelettiques.

L’automatisation au service de l’emploi

Cette cellule s’inscrit dans une transformation engagée de longue date au fil de laquelle l’automatisation a gagné progressivement les différents ateliers : d’abord les totalisateurs et les boîtes mesurantes, puis les modules de communication et la partie hydraulique des compteurs mécaniques. Entre 2022 et 2025, des robots mobiles autonomes ont également remplacé les trains logistiques qui acheminaient les pièces, si bien que l’usine compte aujourd’hui près de 70 robots.

Pour autant, cette évolution ne s’est pas faite au détriment de l’emploi. Après avoir embauché une trentaine de personnes depuis 2025, le site prévoit selon Les Echos, encore une vingtaine de recrutements d’ici fin 2026, puis une trentaine en 2027. Ce sont surtout les métiers qui se transforment : déchargés des tâches répétitives les opérateurs se consacrent davantage au réglage et à la supervision des machines pour lesquels ils sont formés par les fournisseurs de robots.

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