Boris Miachon Debard

À Lyon, un candidat PCF suspend sa campagne et propose une rencontre à gauche, qu'en pensent les autres candidats ?

Le candidat communiste dans le 3e circonscription de Lyon, Boris Miachon Debard, a annoncé mardi suspendre sa campagne des législatives et propose une rencontre aux autres candidats de gauche. Qu'en pensent les autres candidats ? Une grande alliance à gauche est-elle possible ou pas ?

Vers une grande alliance à gauche ? Avec près de 22% des voix au 1er tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l'Union Populaire, est passé tout près du 2e tour. Mais il est éliminé. Eliminée au 1er tour, la gauche a déjà les yeux tournés vers les législatives. Mais pour peser, elle devra probablement s'unir avant le 1er tour.

L'Union Populaire propose à une partie de la gauche de former une coalition. Le parti a écrit à EELV, au PCF et au NPA pour travailler à construire "une majorité politique à l'Assemblée nationale" lors des législatives, prévues les 12 et 19 juin prochain. La France Insoumise propose aux écologistes et aux communistes de les rencontrer pour discuter notamment "de la constitution d'un nouveau Parlement, à l'image du Parlement de l'Union populaire" et "de l'attribution du label commun pour des candidatures aux élections législatives".

Ce mardi, le candidat communiste dans la 3e circonscription de Lyon, Boris Miachon Debard, a annoncé suspendre temporairement sa campagne, "le temps de rencontrer les autres candidats de gauche sur la circonscription".

"Je propose aux autres candidats de gauche de nous rencontrer"

"Les résultats du 1er tour de la présidentielle, combinés à la montée de l'extrême-droite en France, nous obligent. Je propose à Marie-Charlotte Garin (EELV), Anais Belouassa (FI) et Quentin Picard (PS) de nous rencontrer, afin de partager une analyse sur l'offre démocratique à proposer aux législatives sur la 3e circonscription", ajoute le candidat PCF à Lyon. "Si les autres candidats de gauche en acceptent le principe, ces rencontres se tiendront d'ici ce dimanche 24 avril, sur le territoire de la 3e circonscription du Rhône", poursuit Boris Miachon Debard.

Une circonscription où le sortant LREM, le député Jean-Louis Touraine, ne se représente pas et qui est "gagnable" pour la gauche, où Jean-Luc Mélenchon a fait 35,6% au 1er tour de la présidentielle.


"La priorité n'est pas de discuter sur le coin d'un table entre candidats, il faut déjà s'accorder sur une base programmatique au niveau national"

Anaïs Belouassa, candidate de l'Union Populaire sur la 3e circonscription du Rhône.


Qu'en pensent les autres candidats de gauche. Lyon Cap' les a interrogés. "Les discussions se font au niveau national. Une proposition a été faite, ouverte au PCF, à EELV, au NPA sur la base de l'avenir en commun. C'est pour construire une majorité dans le but de remporter une majorité et d'aller à Matignon (au poste de Premier Ministre), explique Anaïs Belouassa, candidate de l'Union Populaire sur la 3e circonscription du Rhône.

La candidate de l'Union Populaire ne rencontrera pas le candidat communiste ces prochains jours. "Je ne fais pas de discussion locale. Les consignes ont été claires au niveau de l'Union Populaire. Ce sont les structures qui discutent entre elles au niveau national. Il faut déjà s'accorder sur une base programmatique, sur ce qu'on va défendre au 3e tour de la présidentielle, aux législatives. La priorité n'est pas de discuter sur le coin d'une table entre candidats. Ce sont les discussions nationales qui ont vocation à donner les directives sur ce qui va se passer dans les circonscriptions".

Anaïs Belouassa salue toutefois "le pas effectué par le communiste". Mais les discussions "ce n'est pas à nous de le faire. Ce sont des accords nationaux qui doivent se faire sur de bases programmatiques", insiste-t-elle.


"C'est avec plaisir que je vais rencontrer Boris Miachon Debard. On est au stade de la rencontre et de la discussion, il n’y aura pas de décision au niveau local.

Marie-Charlotte Garin, candidate de EELV sur la 3e circonscription du Rhône.


Candidate EELV sur la circonscription, Marie-Charlotte Garin explique qu'elle est "favorable à une union de gauche, la plus large soit-elle". "La communication a toujours été fluide avec les camarades du parti communiste au niveau local donc c’est avec bienveillance que je vois ces rencontres et avec plaisir que je vais rencontrer Boris Miachon Debard dans les prochains jours", ajoute la candidate écologiste.

"L’évolution des négociations se passe au niveau national […] donc on verra ce qui ressort du national. On n’a pas de pouvoir décisionnaire à ce stade. On est au stade de la rencontre et de la discussion, il n’y aura pas de décision au niveau local. La discussion, c’est important qu’elle existe. On est au stade de la discussion et non pas de la négociation au niveau local", explique Marie-Charlotte Garin.

Lire aussi : Législatives : vers une alliance à gauche ? "La main est tendue, discutons", intime Bruno Bernard

"L’intérêt du collectif prime sur l’intérêt individuel", assure-Marie Charlotte Garin qui se dit prête à se retirer au profit d’un autre candidat de gauche de la 3e circonscription du Rhône. "En dehors de la 3e circo, il y a des échanges entre les différentes forces politiques et c’est très positif. C’est assez apaisé à Lyon", ajoute la candidate EELV.

Même son de cloche du côté du Parti socialiste. Quentin Picard, délégué socialiste de la circonscription, participera à cette rencontre. "On veut rassembler la gauche [...] On ira à toutes les rencontres possibles pour que, sur le plus de circonscriptions en France, on puisse avoir un candidat de gauche aux législatives", détaille celui qui "veut le plus de candidats de gauche à l'Assemblée nationale". Le Parti socialiste appelle dorénavant à une gauche unie pour les législatives.


"On ira à toutes les rencontres possibles [...] J'espère bien que l'ensemble des candidats sont prêts à se dire qu'ils peuvent se retirer au profit de leur camarade. Sinon, ça paraît mal engagé.",

Quentin Picard, délégué socialiste de la 3e circonscription du Rhône. 


Une stratégie déjà effectuée au niveau local à Lyon. "C'est toujours bien quand les partis de gauche se parlent et se rencontrent. On l'a fait aux dernières élections municipales et métropolitaines", détaille Quentin Picard avant de rappeler que toute décision "sera éclairée au niveau national". "Nous, on tend la main à nos camarades Insoumis, on ne va pas tendre la joue", ironise le candidat socialiste de la 3e circonscription.

Lorsque la question d'un possible retrait de candidature au profit d'un autre candidat de gauche au sein de la circonscription est sur la table, la réponse est sans équivoque. "Si on parle de rassemblement [à gauche, ndlr], j'espère bien que l'ensemble des candidats sont prêts à se dire qu'ils peuvent se retirer au profit de leur camarade. Sinon, ça paraît mal engagé. Donc oui, on peut se retirer dans le cadre de négociations globales sur le Rhône et à l'échelle du pays".


POUR ALLER PLUS LOIN

Aux législatives à Lyon, la gauche peut nourrir des espoirs

A Lyon et dans le Rhône, la gauche peut nourrir des espoirs. Elle qui part presque de rien à Lyon et dans le Rhône au niveau des députés. Pour rappel, sur les 14 députés sortants du Rhône, 11 sont de la majorité présidentielle (En Marche ou Modem), 2 sont LR et un seul est écologiste (Hubert Julien-Laferrière dans le 2e circonscription). Et encore, Julien-Laferrière avait été élu au Palais Bourbon en 2017 avec l'étiquette LREM avant de quitter le parti présidentiel pendant le mandat.

Au 1er tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 6 circonscriptions législatives sur 14 dans le département du Rhône, dont 3 sur 4 à Lyon, et très largement sur celle de Villeurbanne.

Mélenchon a cartonné à Lyon, à Villeurbanne et dans l'est lyonnais

Dans notre carte interactive (à retrouver ci-dessous), on voit notamment que Mélenchon arrive en tête dans 3 circonscriptions sur 4 de Lyon, la 1ère (avec 31,5% des voix), la 2e (34%) et la 3e (35,6%) du Rhône. Dans la 1ère et la 3e circonscription, ce sont des députés LREM sortants. Mélenchon est aussi largement en tête dans les 6e (37,9%), 7e (37,5%), et 14e circonscriptions (40,2%), des "circo" où ce sont tous des députés LREM sortants.

Toutefois, cette photographie à l'instant t, issue des résultats du 1er tour de la présidentielle, ne préfigure pas ce qui se passera dans les urnes lors du 1er tour des législatives, dans 2 mois (le dimanche 12 juin). Les alliances, la participation, la campagne et tant d'autres choses peuvent (et vont entrer) en ligne de compte. La participation, par exemple, est toujours plus faible aux législatives, avec une démobilisation (souvent) plus forte des électeurs dont leur candidat a été battu à la présidentielle. Mais cette photographie offre des perspectives aussi, dans les alliances comme dans les conquêtes possibles.

 

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