Dans des conversations Télégram, le groupe "Némésis", proposait au groupe identitaire révolutionnaire "Audace Lyon" de "faire l'appât" pour piéger des militants antifascistes lors d'une action à Lyon.
Des militants d'extrême-droite auraient-ils organisé des guet-apens pour piéger des militants antifascistes ? C'est ce que semblent démontrer des messages Télégram mis au jour par plusieurs médias, dont l'Humanité et BFM TV. Selon BFM TV, les messages auraient été extraits du téléphone de Calixte Guy, leader du groupe d'ultra-droite "Audace Lyon", alors mis en examen dans une autre affaire.
Ces messages révèlent des échanges entre le groupe féministe d'extrême-droite "Némésis" et le groupe nationaliste révolutionnaire "Audace Lyon", ayant repris le flambeau des groupes d'ultra-droite "Bastion Social" et "Lyon Populaire", tous deux dissous. Pour rappel, le collectif Némésis manifestait devant Sciences Po Lyon lors de la venue de Rima Hassan le jour où Quentin Deranque a été battu à mort. Le militant nationaliste avait par ailleurs été appelé pour "protéger" les membres du collectif en cas de débordements.
"Au moindre signe de violence des gauches on casse tout"
Sur la boucle Télégram, Ornella, cadre lyonnaise du collectif fémonationaliste Némésis, évoque une action de Némésis qui doit avoir lieu en octobre 2025 à l’université catholique de Lyon. Ayant appris que le groupe antifasciste de la Jeune Garde avait été mis au courant et serait présent lors de l'action, la militante s'inquiète : "Il est fort probable qu’ils aient prévu notre venue et mobilisé des gauches."
Calixte Guy, dirigeant du groupe d'ultra-droite Audace Lyon, lui propose alors de décaler l'action pour permettre aux militants d’ultradroite d’intervenir et de surprendre l’ultragauche : "Vous allez à Lyon 2-Lyon 3 faire votre action nous on monte une équipe sur place pour choper les gauches", lui répond-t-il. Il poursuit : "Nous on se mobilisera et on se planquera (...) Au moindre signe de violence des gauches on casse tout."
"On peut être deux, trois filles à tracter, là où vous voulez les choper"
Sur la boucle Télégram, Ornella continue de s'inquiéter, évoquant une action "trop risquée" pour les filles du collectif. Quelques minutes plus tard, elle revient sur sa décision et propose au groupe d'ultra-droite : "On peut être deux, trois filles à tracter, là où vous voulez les choper", écrit-t-elle, avant de préciser : "Un peu pour faire l'appât." Calixte Guy approuve et affirme : "Franchement, faites l’action, n’oubliez pas que c’est le moment de faire une visu. Il vous arrivera jamais rien en tant que meuf."
Le jeudi, l'action se déroule au campus Carnot. Les militantes de Némésis tractent, collent des affiches, mais l'ultra-gauche n'intervient pas. Le dirigeant d'Audace Lyon dit à ses militants de rentrer chez eux.
Demande de dissolution
Suite à la publication des messages par l'Humanité, le collectif d'ultra-droite Némésis dénonce une "intoxication grossière" du journal et annonce porter plainte pour diffamation. A noter que plusieurs autres médias, dont BFM TV, ont également eu accès aux messages. Plusieurs figures politiques, tels que le coordinateur national de la France Insoumise, Manuel Bompard, où la députée socialiste du Rhône, Sandrine Runel, demandent quant à eux la dissolution du groupe "fémonationaliste" Némésis.
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