Yves Blein
©Tim Douet

Yves Blein (PS) : “Je ne soutiendrai pas Benoît Hamon”

Il était l’organisateur de la primaire de la “Belle Alliance populaire” dans le Rhône. Mais Yves Blein ne se pliera pas au verdict du scrutin. Le député-maire de Feyzin reste au PS, mais se refuse à soutenir un candidat et un programme auxquels il ne croit pas.

Dès le soir du premier tour, Yves Blein laissait entendre que le verdict de la primaire pourrait le contraindre à ne pas suivre le candidat vainqueur du scrutin. Ce dimanche soir, il ne se montrait guère plus enthousiaste : "Je retiens la bonne participation et rien de plus." Ce mardi, l'organisateur de la primaire dans le Rhône s'affranchit du verdict des urnes. Celui qui a été rapporteur de la mission parlementaire d’information sur le CICE en 2014 justifie sa défection par le programme "irréaliste" de Benoît Hamon.

Ce départ, probablement vers Emmanuel Macron, est d'une certaine façon un problème pour la fédération PS du Rhône, où de nombreux élus auraient aimé le voir remplacer David Kimelfeld, premier secrétaire fédéral qui a fait le choix d'Emmanuel Macron, et ainsi garantir l'unité du parti entre l'aile gauche et les “marcheurs” de Gérard Collomb.

Entretien avec Yves Blein

Lyon Capitale : Dimanche soir, vous laissiez entrevoir que vous ne soutiendriez pas Benoît Hamon. Quel choix faites-vous ?

Yves Blein : Je vous confirme que je ne soutiendrai pas Benoît Hamon. Je rencontre mes camarades militants de ma section vendredi et je prendrai position ensuite pour l'élection présidentielle. Mais je reste au PS. Benoît Hamon a été élu sur un programme qui est aux antipodes de ce que je pense être compatible avec l'état actuel et l'intérêt de notre pays. On parle beaucoup du revenu universel, mais je retiens surtout qu'il veut le fiancer en supprimant le CICE. Ce serait une catastrophe économique, avec le retour des plans sociaux, une flambée du chômage et un affaiblissement des revenus de l'Etat. De la même manière quand Benoît Hamon dit que la planète passe avant la dette, il laisse entendre que les déficits fileront. Je lui souhaite bien du courage quand il devra emprunter de l'argent auprès de créanciers qu'il a prévu de ne pas rembourser.

Benoît Hamon présente-t-il un problème de ligne politique, pour vous ?

Dans son discours de clôture de la primaire, j'ai remarqué qu'il se tournait vers Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Il a oublié de citer Emmanuel Macron. Il fera probablement des propositions pour rassembler les socialistes, mais je retiens qu'il a passé cinq ans à mettre en pièces les mesures du Gouvernement, sauf les siennes. J'ai des doutes quant à sa capacité à tenir ses promesses d'ouverture.

La victoire nette et sans bavures de Benoît Hamon n'est-elle pas surtout l'aveu d'échec du quinquennat et de la ligne politique social-démocrate que vous prônez ?

Je me pose aussi la question de l'intérêt d'organiser des primaires quand on est la majorité sortante. Soit on porte le bilan du quinquennat, ce qui me semble logique, soit on se situe contre mais il ne faut pas s'attendre à être soutenu par les élus de la majorité qui ont porté le quinquennat. Un parti qui gouverne accumule forcément des mécontentements et, dans ces primaires, les gens qui sont venus voter ont réglé leurs comptes. Les électeurs ont exprimé leur mécontentement, mais je ne suis pas obligé de m'en satisfaire. Il ne s'agit pas d'approuver béatement l'intégralité de la politique menée durant ce quinquennat, mais d'avoir un regard objectif. Economiquement, la situation était très dégradée quand nous sommes arrivés au pouvoir, mais les choses s'améliorent petit à petit.

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