Le Grand Lyon vote le déclassement de l’A6/A7

Le conseil de la métropole a pris acte ce lundi du projet de déclassement de l’A6/A7, malgré l’abstention des élus Les Républicains. Un déclassement unanimement salué, même si de nombreux élus se sont inquiétés de la gestion des flux qui vont être détournés de l’autoroute qui passe au cœur de Lyon.

C'est désormais officiel. Le conseil de la métropole a pris acte ce lundi du déclassement de l'A6/A7. Avant le conseil de la métropole, s'est réunie la commission générale des grandes infrastructures pour “penser la mobilité dans l'agglomération de manière globale”, selon les mots de Gérard Collomb. L'objectif : “débattre du déclassement de l'autoroute A6/A7 en prenant en compte la mobilité comme un problème global”, explique le président de la métropole.

Un calendrier 2017-2030

La métropole a décliné un calendrier en quatre temps.

Premièrement : le déclassement et le classement du tronçon A6/A7 en route à grande circulation.

Deuxièmement, à partir de 2020 : Repenser la partie nord de l'A6/A7 en lien avec le métro D à Gare-de-Vaise en utilisant les bandes d'arrêt d'urgence actuelles pour créer une ligne express et imaginer de dédier une des trois voies de l'autoroute aux véhicules qui pratiquent le covoiturage”, a expliqué Jean-Luc Da Passano, le vice-président métropolitain chargé des grandes infrastructures.

Troisièmement, d'ici à 2025 : le vice-président a réaffirmé la volonté de la majorité métropolitaine de réaliser un grand contournement Est via l'A432. “Le report des flux vers ce contournement sera accompagné d'une reconquête plus complète de l'axe A6/A7 avec une végétalisation en insérant mieux les transports en commun en site propre”, a expliqué M. Da Passano.

Enfin, en 2030 : la réalisation de l’Anneau des Sciences, pour un contournement ouest de l’agglomération lyonnaise.

La question de l’Anneau des Sciences

Considéré comme la condition sine qua non du projet de déclassement par Gérard Collomb jusqu'à il y a peu, l'Anneau des Sciences a été relégué à 2030 dans le calendrier actuel de la métropole. “Aux calendes grecques”, critique Yves-Marie Uhlrich, le maire d'Écully. Ce projet de contournement Est divise l'assemblée : les groupes centristes et de droite y sont favorables dans un futur plus proche que 2030.

Les élus LR ont critiqué les changements de position du maire de Lyon. “Vous avez mis beaucoup d'énergie, toute votre énergie, pour obtenir de vos amis socialistes ce décret de déclassement. Vous me permettez d'avoir le regret de ne vous avoir pas vu mettre la même énergie pour faire avancer les infrastructures de contournement”, a critiqué Stéphane Guilland, conseiller métropolitain LR du 8e arrondissement.

Quant aux élus UDI, ils ont demandé à Gérard Collomb de modifier son calendrier : “Il faut d'abord faire le contournement ouest, avant de faire celui à l'est. Je vous demande de changer votre calendrier, qui est celui du maire de Lyon et pas celui du président métropolitain”, a poursuivi M. Uhlrich.

De leur côté, les élus EELV ont salué le déclassement de l'A6/A7 mais ne souhaitent pas la réalisation de l'Anneau de Sciences – “un projet dépassé du XXe siècle, un projet pompidolien”, a déclaré à la tribune Pierre Hémon.

Les élus Les Républicains s’abstiennent

Si tous les élus de l'assemblée ont salué le déclassement, bon nombre d'entre eux se sont inquiétés du calendrier, notamment du report de flux de véhicules après l'officialisation du déclassement.

C'est le cas de Georges Fenech (LR), le député de la 11e circonscription du Rhône, qui a pointé “un manque de cohérence de la majorité”. “Vous déclassez sans que l'on sache comment le délestage de ce trafic va s'organiser alors que l'intérêt de la métropole ne doit pas se faire au détriment de la grande agglomération lyonnaise. Avez-vous pensé aux habitants de l'Est lyonnais ?” a-t-il questionné Gérard Collomb.

Même argumentaire pour Michel Forissier (LR), le maire de Meyzieu : “Décréter le déclassement ne va pas changer grand-chose si l'on n'est pas capable de gérer les flux que l'on doit détourner.”

François-Noël Buffet (LR), le maire d’Oullins, a demandé “plus de précision sur le calendrier et sur le financement des options envisagées pour anticiper les reports de flux”.

Faute de “calendrier précis des aménagements envisagés dans les années à venir” et de “plan précis des investissements correspondants à ces aménagements”, les élus Les Républicains ont décidé de s'abstenir. “Nous avons, Monsieur le Président, la preuve qu'une fois encore vous préférez l'affichage au débat démocratique. C'est une méthode politique d'un autre temps ; les élus Les Républicains et apparentés ne vous signeront pas le chèque en blanc que certains sur ces bancs ne sauraient vous refuser”, a lancé Stéphane Guilland.

Gérard Collomb a alors mis au vote la délibération, en déclarant “Je vois que Les Républicains sont contre le déclassement” sous les huées des conseillers LR.

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