Lyon-Turin : les appels d’offres lancés, un “coup de com” pour RCES


Par Justin Boche
Publié le 22/06/2017  à 16:25
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Ce mercredi, TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), maître d’ouvrage franco-italien du Lyon-Turin, a annoncé le lancement prochain de 81 appels d’offres, pour un montant de 5,5 milliards d’euros. Un “coup de com” pour les élus du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) au conseil régional.

lyon turin ()

L'annonce a été faite ce mercredi en très grande pompe à l'hôtel de région, lors du “TELT Roadshow” devant 400 représentants de grands groupes, de PME et de TPE. Le programme d'appels d'offres de 5,5 milliards d'euros sera lancé d'ici à 2019 par TELT, le maître d'ouvrage franco-italien. En tout, 20 000 entreprises seront concernées, dont des moyennes et petites, qui devraient aussi pouvoir profiter de cette manne financière, indique un porte-parole de TELT à l'AFP : "On a présenté ces marchés en quatre typologies, dont une pour les marchés connexes entre 5 et 10 millions d'euros, qui s'adressent aux PME et TPE, et auxquels elles pourraient répondre en titulaires.

Dans le détail, les 81 appels d’offres sont répartis sur 12 chantiers. Cela représentera 45 marchés sur le génie civil, divisé en quatre volets (jusqu’à 5 millions d’euros, de 5 à 500 millions d’euros, de 500 millions à 1,3 milliard d’euros) et 36 pour la maîtrise d’œuvre. Pour Étienne Blanc, premier vice-président du conseil régional, "le tunnel transfrontalier constitue la pierre angulaire de la liaison Lyon-Turin (...) l’engagement de tous, pouvoirs publics et acteurs économiques, en faveur de ce dossier capital doit être conforté et amplifié".

“Quand on fait de la com, on peut dire n’importe quoi”

Selon les services de la Région, les travaux du tunnel vont “créer entre 6 000 et 10 000 emplois directs et indirects”. Un chiffre invérifiable, estime Jean-Charles Kohlhaas, conseiller régional RCES. "Il y a cinq ou six ans, Jean-Jack Queyranne parlait de 30 000 emplois, rappelle-t-il. À la fin de son mandat, il était question de 3 000. Le mois dernier, Laurent Wauquiez a proposé un rapport où il était question de 2 500 postes et là ça remonte entre 6 000 et 10 000 emplois. Rien n'est sérieux. Ils font de la com, et quand on fait de la com on peut dire n'importe quoi.” Pour l'élu écologiste, "la grosse opération de communication organisée à l'hôtel de région montre la fébrilité des promoteurs du projet Lyon-Turin" : "Ils font croire que tout est lancé et que tout fonctionne, alors que la Cour des comptes a estimé que le financement était hors de portée. En France, on n'a pas le droit de lancer des appels d'offres quand on n'a pas le budget pour, et à aucun moment la contribution de la France n'a été inscrite au budget de l’État."

Le groupe Socialistes et apparentés, historiquement en faveur du projet de Lyon-Turin, a lui aussi parlé d’un "coup de com". "Pour qu'une décision ait une existence juridique, il faut qu'elle soit inscrite dans un budget et votée en commission plénière ou permanente. Et pour le moment il n'y a rien à la région", expliquent-ils. "Si ces appels d’offres sont lancés puis attribués, des citoyens vont forcément les attaquer et ils seront jugés illégaux", conclut Jean-Charles Kohlhaas.

Un projet “largement hors de portée budgétaire”

Dans un rapport publié le 29 août 2016, la Cour des comptes avait déclaré à propos de la ligne Lyon-Turin : "Ce projet, dont l'intérêt et le financement d'ensemble ne peuvent se déduire de la seule hypothèse de cofinancement européen, paraît largement hors de portée budgétaire, non seulement en 2019, mais également au-delà." Les Sages avaient souligné "le caractère très préoccupant de cette perspective pour l'équilibre futur des finances publiques". Depuis, les députés et sénateurs français ont donné leur feu vert au projet en ratifiant en décembre et janvier l'accord entre la France et l'Italie. "Ce dossier est pourri, confiait en début d'année l'eurodéputée EELV Michèle Rivasi. En France, aucun élu ne veut regarder de près les dossiers, parce qu'il y a le BTP qui est vraiment les pieds dedans. Nous, on a la même position que la Cour des comptes. On demande que les coûts soient justifiés, que l'utilité publique soit justifiée et que les devis fournis soient justifiés."

De son côté, Emmanuel Macron s’était déclaré en faveur du Lyon-Turin en mars dernier, durant la campagne des présidentielles. Si elle est réalisée, la ligne à grande vitesse Lyon-Turin entrera en service en 2029, pour un budget global annoncé de 8,6 milliards d'euros afin de boucler un corridor ferroviaire méditerranéen.

 

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Vos réactions
2 commentaires

On nousprend pour des idiots - ce projet ne peut pas se justifier
c'est de l'intox, tout comme ce fut le cas pour les dépenses pharaoniques pour justifier l'enrichissement personnel de JM AULAS en lui octroyant un terrain qui appartenait aux contribuales, au 1/10 de sa valeur et des accès intules (vérifiez le par vous même) utilisés 25 jours pour 4 heures chacun de ces jours, soit 180 millions à la charge des contribuables lyonnais pour un accès dédié qui coute tous les jours aux autochtones pour l'entretien et la sécurité (feux tricolores permanents sur 6 voies) aux carrefours avec des voies soi disant cyclables et piétonnes complètement inutiles en bordures de secteurs pavillonnaires

Signaler un abus | le 23/06/2017  à 01:59 | Posté par  grandlyonnaise  

Quand on annonce une mise en service en 2029, il faut bien préciser qu'il s'agirait du seul tunnel de base transfrontalier de 57,5 km et NON de la LGV Lyon-Turin de 260 km. En rappelant que H Du Mesnil précisait le 22 janvier 2015 : "Je ne regrette pas d'avoir effectué ces travaux, car le tunnel de base Lyon-Turin n'est pas encore fait. Il faut au moins une quinzaine d'années avant qu'il soit opérationnel" C'est exactement le temps qu'il a fallu pour réaliser le tunnel du St-Gothard (57 km). Donc le Lyon-Turin, c'est pas pour tout de suite sachant que l'on a toujours pas trouvé les financements

Signaler un abus | le 23/06/2017  à 17:15 | Posté par  Stopolt  

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