métro oullins
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2014/2030 : comment les TCL vont rénover le métro lyonnais

Automatisation de la ligne B et accroissement des fréquences de la ligne A d'ici à 2020, renforcement de la capacité de la ligne D d'ici à 2025, changement du matériel roulant à horizon 2030 : le Sytral a présenté jeudi un plan d'actions pour moderniser le réseau souterrain.

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©elise Julliard

Les Lyonnais ne l'ont peut-être pas vu vieillir, mais c'est un fait : le métro lyonnais n'est plus de première jeunesse. En témoignent la sur-fréquentation des rames aux heures de pointe et les pannes à répétition de la ligne D. Le sujet de son renouvellement était jeudi à l'ordre du jour du Sytral qui a voté une enveloppe prévisionnelle de 263 millions d'euros d'ici à 2020. Il s'agit, lors du prochain mandat, de compenser une grosse décennie perdue pour le réseau souterrain de transport.

2000/2014 : des années "perdues" pour le métro

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© Robin Favier

Le métro lyonnais a connu deux vagues d'investissements : son lancement au cours des années 70, notamment la ligne A (Perrache-Bonnevay) et la ligne B (Charpennes-Part-Dieu), inaugurées en 1978. Puis son développement dans les années 90 : réalisation de la ligne D (par étapes de 1991 à 1997) et le prolongement de la ligne B jusqu'au stade de Gerland (inaugurée en 2000).

Depuis, la priorité a été donnée au tramway, avec les lancements successifs de T1, T2, T3, T4 et T5. Peu de moyens ont été mis sur le réseau souterrain, que ce soit en matériel roulant ou en investissements lourds (deux stations créées en quinze ans : Carré de Soie en 20O7, gare d'Oullins en 2013). Ont surtout été installés des portiques pour réduire la fraude...

Métro E ou métro B aux hôpitaux d'ici 2020

Le prochain mandat pourrait cependant être celui de la renaissance. Michel Havard (UMP) propose une ligne E reliant Saint-Paul à Part-Dieu avec une possibilité de prolongement ultérieur vers l'aéroport Saint-Exupéry. Gérard Collomb pousse, lui, en faveur d'une extension de la ligne B vers les Hôpitaux Sud, Saint-Genis Laval et l'Anneau des Sciences. Surtout, une unanimité se dégage en faveur d'un renouvellement de l'infrastructure actuelle, d'autant que la fréquentation pourrait progresser de 30% à horizon 2020-2030. Le Sytral a voté jeudi une enveloppe de 263 millions d'euros d'investissements en six ans. Trois étapes sont envisagées :

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©Elise Julliard

- d'ici à 2020, automatiser la ligne B qui fonctionnerait sans chauffeur avec la possibilité de faire passer, par heure de pointe, un train toutes les 1 minutes 44, contre 3 minutes aujourd'hui. Voici qui nécessiterait l'achat de 19 rames et de trois locomotives. L'actuel matériel roulant serait basculé sur la ligne A qui gagnerait en fréquence… et en confort : il serait en capacité de transporter 9200 voyageurs par heure et par sens, contre 8200 aujourd'hui.

- à horizon 2025, renforcer la ligne D grâce à 12 nouvelles rames. Elles viendraient se greffer aux trains existants, pour composer 4 wagons par heures de pointe au lieu de deux actuellement. Si la ligne B venait à être prolonger jusqu'aux hôpitaux Sud, 14 nouveaux trains seraient achetés.

- à horizon 2030, les 56 trains des lignes A et D, en fin de vie, seront remplacés. Un nouveau pilotage automatique sera instauré, qui remplacera les chauffeurs du métro A.

Les usagers de la ligne D devront attendre 2025

Afin de minimiser les coûts, le Sytral veut acquérir les mêmes rames sur les lignes B et D (elles sont aujourd'hui différentes). Le syndicat de transport compte tirer profit de la concurrence entre Alstom, Bombardier, Siemens pour arracher un bon prix. En 2030, le réseau lyonnais ne connaitrait que deux générations de matériels roulants.

Ce calendrier a suscité l'impatience de Michèle Vullien, numéro deux du Sytral, pour qui les usagers de la ligné D "ne peuvent pas attendre 2025". Il faudra pourtant bien patienter, a dit Bernard Rivalta.

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