Julien Decherf-Mathiolon, fondateur et PDG de Wavo, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Cette entreprise lyonnaise, spécialisée dans la gestion des stocks, annonce une levée de fonds de 10 millions d’euros, après un premier tour de table de 3,5 millions d’euros en février 2025. Son objectif : aider les entreprises à financer leur activité en rachetant leurs stocks avant de les leur revendre au fur et à mesure de leurs ventes. "Nous achetons le stock pour libérer la trésorerie des entreprises", résume le dirigeant.
Une solution pour financer les stocks sans recourir à un prêt
Fondée en 2024, Wavo s’adresse aux entreprises réalisant entre 2 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, dans des secteurs aussi variés que les cosmétiques, le commerce de détail, l’ameublement ou encore l’électroménager. Son modèle repose sur un mécanisme d’achat-rachat : l’entreprise acquiert les stocks de ses clients, qui peuvent ensuite les racheter au fil de leurs ventes. Pour accompagner ces opérations, Wavo s’appuie sur des agents d’intelligence artificielle capables d’analyser les stocks et les données des entreprises. La levée de fonds doit notamment permettre de renforcer cette technologie, de recruter à Lyon et d’augmenter la capacité d’intervention de la société. Le dirigeant cite notamment Duralex, dont Wavo a accompagné l’offre de reprise avec les équipes de Cédric Meston et du groupe Tomé. "Lors d’une reprise d’entreprise, le stock est l’actif immédiatement disponible", souligne-t-il.
Wavo entend également poursuivre son expansion à l’échelle européenne, notamment dans les pays nordiques et au Royaume-Uni. Pour le dirigeant, le modèle peut être déployé sur ces marchés, où les procédures sont globalement similaires. "Nous voulons aider nos clients à gérer l’ensemble du cycle de trésorerie lié aux stocks afin qu’ils puissent se développer", explique Julien Decherf-Mathiolon, interrogé sur les perspectives.
Plus de détails dans la vidéo :
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La retranscription complète de l'émission avec Julien Decherf-Mathiolon :
Bonjour à tous et bienvenue dans l’émission « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous allons parler d’une entreprise au service de l’économie du territoire : Wavo, une entreprise spécialisée dans la gestion de stock, fondée en 2024 et basée à Lyon. Elle annonce avoir levé 10 millions d’euros il y a quelques mois, après un premier tour de table de 3,5 millions d’euros en février 2025.
Pour en parler, nous recevons aujourd’hui son fondateur et PDG, Julien Decherf-Mathiolon. Bonjour, et merci d’être venu sur notre plateau.
Avant de parler de la levée de fonds, commençons par présenter Wavo. Pouvez-vous nous expliquer le concept ?
Oui, bien sûr. Wavo exerce un métier assez unique en France et dans le monde : nous achetons le stock pour libérer la trésorerie des entreprises.
Nous nous adressons aux entreprises de l’économie réelle qui vendent des produits et qui vivent généralement un paradoxe : plus leurs ventes accélèrent, plus la fréquence de leur réassort augmente, et plus leur besoin de trésorerie s’accroît. Nous nous adressons donc à des entreprises B2C, notamment dans les cosmétiques, le commerce de détail, l’ameublement et le petit ou le gros électroménager, ainsi qu’à des entreprises B2B, comme des fabricants et des grossistes.
L’idée est donc d’acheter le stock de vos clients, puis de le leur revendre au fur et à mesure de leurs ventes, si je comprends bien. Peut-on le présenter ainsi ?
Oui, tout à fait. Cela se passe en trois temps. D’abord, nous nous connectons à votre ERP : nos agents d’intelligence artificielle se connectent à vos outils de gestion de stock et analysent la rotation et la valeur de vos produits, ainsi que l’ensemble de votre cycle de trésorerie. Ensuite, nous achetons vos produits, mais ceux-ci ne bougent pas physiquement. Enfin, nous suivons vos ventes et, au fur et à mesure, vous nous rachetez les produits. Cela vous permet de débloquer immédiatement de la trésorerie.
Quel est votre modèle économique ? Comment vous rémunérez-vous ? Revendez-vous les produits de vos clients avec une petite marge ?
Oui, très simplement. Nous intervenons là où personne n’intervient, lorsque votre stock n’a pas encore été vendu. Nous achetons votre stock : ce n’est pas un système de prêt, mais un système d’achat-rachat.
Nous achetons votre stock, disons, pour 100, et vous nous le rachetez à un prix généralement compris entre 102 et 105. C’est ainsi que nous nous rémunérons.
Pouvez-vous nous dire à quoi va servir cette levée de fonds ? Dix millions d’euros, c’est une somme conséquente, notamment à l’échelle de l’agglomération lyonnaise. À quoi sera-t-elle destinée ?
Nous allons affecter ces 10 millions d’euros à trois priorités. La première consiste évidemment à renforcer notre technologie. Comme je vous l’ai indiqué, nous avons des agents d’intelligence artificielle qui se connectent aux systèmes de nos clients.
Aujourd’hui, chaque soir, nous contrôlons 15 millions de produits chez une centaine de clients. Nous voulons traiter davantage de produits, plus vite et avec plus de précision, jusqu’à l’échelle de chaque produit. Cela nécessite des investissements importants dans cette technologie.
La deuxième priorité est de renforcer l’équipe. Aujourd’hui, plus d’une dizaine de postes sont ouverts à Lyon ; j’invite donc tout le monde à consulter nos offres. Nous recrutons.
Exactement. La troisième priorité est évidemment d’augmenter notre capacité d’intervention. Nous travaillons avec des entreprises qui réalisent entre 2 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, et certains de nos clients se développent très rapidement.
Nous voulons les accompagner et porter notre capacité d’intervention au-delà de 2 millions d’euros.
Vous dites utiliser l’intelligence artificielle. Est-ce une solution que vous avez développée ? On parle beaucoup d’IA aujourd’hui. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Oui, très clairement. Pourquoi ne pouvions-nous pas exercer notre métier il y a cinq ans ? L’intelligence artificielle est l’une des raisons.
La deuxième raison, c’est la facturation électronique. Mais pour revenir à votre question sur l’IA, nous serons capables de nous connecter de manière très agnostique à n’importe quel outil de gestion de stock ou ERP, c’est-à-dire au système d’information de nos clients. C’est très important.
Je voulais créer Wavo pour avoir un véritable impact sur l’économie réelle. Or, nous constatons que les entreprises de cette économie ne disposent pas nécessairement des outils les plus récents, auxquels il est facile de se connecter. Aujourd’hui, l’IA nous permet, comme le ferait un collaborateur, de nous connecter aux outils de nos clients et d’en récupérer les données très efficacement, même lorsque ces entreprises utilisent des outils anciens ou qui ne sont pas à jour.
Cela représente un gain de temps considérable en matière de productivité : au lieu de rechercher et de collecter les informations, vous y accédez directement et elles sont traitées. Utilisez-vous, par exemple, des outils français ? On parle aussi beaucoup de souveraineté numérique.
Nous utilisons des modèles open source, hébergés sur nos serveurs en France et en Europe. Nous faisons donc très attention à la sécurité des données de nos utilisateurs. Nous les rassurons beaucoup sur ce point : nous collectons les données de manière très sécurisée. Il s’agit évidemment de notre propre technologie, que nous développons.
Vous l’avez déjà un peu évoqué, mais quelle est la taille des entreprises qui sont vos clientes ? À quoi ressemblent-elles ? Peut-être pouvons-nous en citer quelques-unes, car certaines sont connues.
Bien sûr. Nous travaillons avec des sociétés qui existent depuis plus de trois ans et réalisent entre 2 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour que nous puissions vous accompagner, l’essentiel est de savoir si vous êtes capables de vendre vos produits de façon régulière et constante. Le bilan de l’entreprise compte pour 20 %, mais les 80 % restants concernent la rotation des stocks et votre capacité à exercer votre cœur de métier. C’est évidemment ce qui intéresse nos clients.
En ce qui concerne les types de clients, comme je l’ai dit, nous travaillons notamment avec des entreprises B2C, dans le commerce de détail.
Je peux citer une marque qui fait l’actualité et que nous venons d’accompagner : Duralex. Nous avons participé à l’offre de reprise avec les équipes de Cédric Meston et de la holding Tomé. Voilà un exemple d’intervention dans l’économie réelle, concrète.
Nous allons acheter une partie des stocks de Duralex car, lors d’une reprise d’entreprise, le stock est l’actif immédiatement disponible. Or, aujourd’hui, les banques ne suivent pas ce dossier. Comme nous examinons le cœur de métier du client et son stock, nous pouvons débloquer immédiatement de la trésorerie pour relancer l’activité. Dans ce cas, c’est essentiel pour les entreprises de notre territoire.
Nous arrivons à la fin de l’émission, mais j’ai tout de même une dernière question sur les perspectives. Sans jouer les devins, comment voyez-vous les choses dans cinq ans ? Nous savons que vous souhaitez vous développer en Europe, notamment dans les pays nordiques et au Royaume-Uni. Pourquoi ces marchés, et comment envisagez-vous les prochaines années ?
C’est très simple : notre concept fonctionne bien sur ces marchés parce qu’il repose sur l’achat-vente. Nous achetons du stock à nos clients, qui le sortent ainsi de leur bilan, et le modèle fonctionne très bien en Europe et au Royaume-Uni, où les procédures sont globalement similaires. Il est donc évident pour nous que nous devons nous développer sur ces marchés.
Nos clients ont eux aussi une vision européenne, avec des stocks répartis dans plusieurs pays. Notre développement dans ces régions est donc logique. Plus largement, nous intervenons aujourd’hui en France, mais nous voulons aider nos clients à gérer l’ensemble du cycle de trésorerie lié aux stocks afin qu’ils puissent se développer.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup d’être venu présenter Wavo et nous parler de cette levée de fonds de 10 millions d’euros. Merci également à vous d’avoir suivi cette émission.
Vous pouvez retrouver davantage de détails sur l’actualité lyonnaise sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.
