Vincent Lafay, co-président du Club des entreprises de l’Ouest lyonnais

"Sans économie, un territoire ne peut pas fonctionner" (Vincent Lafay)

Vincent Lafay, organisateur du Congrès national des clubs d'entreprises, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Mecredi 7 octobre, l'Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes accueille le premier Congrès national des clubs d'entreprises. Entre 300 et 500 dirigeants, élus et acteurs économiques sont attendus. L'événement est organisé par le Club des entreprises de l'Ouest lyonnais (CEOL), coprésidé par Vincent Lafay et Xavier Fechner.

L'idée est née il y a deux ans, lors de leur élection à la tête du club (ils ont été réélus il y a trois mois). Les deux coprésidents voulaient porter un projet fort et ont constaté qu'aucun congrès national de clubs de chefs d'entreprise n'existait : il y avait des réunions et des rendez-vous, mais rien qui rassemble ces clubs autour de leur rôle territorial. Pour les identifier, le CEOL a sollicité les quelque 1 200 communautés de communes de France. Ce travail de recensement a permis de nouer des contacts dans différentes régions. L'objectif est double : partager les trente ans d'expérience du CEOL, implanté sur la Communauté de communes du Pays de L'Arbresle (17 communes), et apprendre des autres clubs.

Selon Vincent Lafay, ce congrès se distingue d'un simple événement de networking par l'ADN du CEOL, qui "relie toujours l'économie au territoire". Le club organise une trentaine d'événements par an et entretient des liens étroits avec les élus locaux, les chefs d'entreprise et les centres de formation, qui préparent les salariés et dirigeants de demain. Il défend une économie de proximité : une entreprise qui s'installe embauche, attire des familles, fait vivre les écoles, les commerces et les services. Pour lui, sans économie, un territoire ne peut pas fonctionner.

Ostéopathe à L'Arbresle, Vincent Lafay fait aussi le lien avec les déserts médicaux. Un soignant s'installe là où le territoire est dynamique, sur le plan économique, culturel et humain : il y faut des commerces, des restaurants, des activités sportives et de loisirs. Selon lui, les territoires ruraux ont de vrais atouts, mais ils doivent encore mieux se faire connaître. "Un médecin va s’installer sur un territoire si le territoire est riche économiquement, s’il est riche culturellement, s’il est riche émotionnellement."

Le congrès accueillera notamment Agnès Verdier-Molinié sur le thème "La France face au mur budgétaire". Face à un contexte politique, géopolitique et économique difficile, Vincent Lafay estime que les chefs d'entreprise recherchent avant tout du lien. Il ne s'agit pas d'échanger des cartes de visite, mais de se connaître et de se soutenir. À l'heure de l'intelligence artificielle, il défend le retour au présentiel et à la rencontre humaine.

Préventica Lyon se tient sous la présidence d'honneur de Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

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La retranscription intégrale de l'entretien avec Vincent Lafay

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono. Nous accueillons aujourd’hui Vincent Lafay, qui est coprésident du Club des entreprises de l’Ouest lyonnais. Bonjour. Le 7 octobre, l’Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes accueille le premier Congrès national des clubs d’entreprises, qui va réunir entre 300 et 500 dirigeants, élus et acteurs économiques, et qui est organisé par le Club des entreprises de l’Ouest lyonnais. À l’origine de la genèse, vous disiez qu’aucun congrès national de clubs d’entreprises n’existait. Comment expliquez-vous ce manque et qu’est-ce qui vous a convaincus qu’un club local pouvait finalement organiser un tel congrès national ?

C’est une aventure. On a beaucoup d’émotion et de fierté aussi d’être à vos côtés aujourd’hui. Pourquoi ce congrès ? Il y a deux ans, quand nous avons été élus présidents avec Xavier Fechner, mon coprésident, on a eu une idée. On s’est dit : ce club fonctionne depuis 30 ans, on est présidents pour deux ans, deux fois deux ans, on a été réélus il y a trois mois, et il fallait qu’on mène un axe, une idée forte. J’ai donc dit à Xavier : "Écoute, on va faire un premier congrès." Il me dit : "Un congrès du Rhône ?" Je lui dis : "Non, on va faire un congrès national". "Tu crois que c’est national ? Ça n’existe pas. " Il n’y avait donc pas de congrès national de clubs de chefs d’entreprise. Il y a des réunions, il y a des rendez-vous, mais il n’y a pas cet ADN que nous avons. Nous, au CEOL, c’est un club de territoire : territoire, économie, rebond économique sur les territoires. On s’est donc dit : comment cela se passe-t-il ailleurs ? En France, il y a à peu près 1 200 communautés de communes. On a essayé de se renseigner. On s’est dit qu’on allait, autour d’une table, sur une journée, essayer de réfléchir tous ensemble à nos clubs sur ces territoires : ils vivent, pourquoi ils vivent, pourquoi on est toujours là et pourquoi cela fonctionne.

Et vous avez justement parlé des 1 200 communautés de communes que vous avez jointes pour recenser les clubs d’entreprises. Qu’avez-vous découvert sur ce paysage et qu’est-ce qui vous a le plus surpris, au final ?

Déjà, il a fallu les découvrir. C’était donc un gros travail d’essayer de contacter ces clubs un peu partout en France. Cela nous a permis de nous rencontrer aussi avec différents partenaires. On a pu échanger avec des lieux, des régions différentes, et on s’est dit : il faut y aller, il faut créer ce congrès pour se mettre tous ensemble autour d’une table et échanger. Je pense que, au niveau de la Communauté de communes du Pays de L’Arbresle, le CEOL, c’est le club qui est implanté sur ce territoire. On a 30 ans d’expérience. C’est un club qui fonctionne très bien et on voulait aussi faire profiter les autres de notre expérience, et profiter, nous, de l’expérience des autres.

Au final, parce que vous le disiez, les clubs de chefs d’entreprise, il y en a de plus ou moins formels ou informels, mais qu’est-ce qui va différencier ce Congrès national des clubs de chefs d’entreprise d’un simple événement de networking ?

Parce qu’en fait, nous, on relie toujours l’économie et le territoire. Le principe de l’ADN du CEOL, c’est vraiment cela. C’est un club en lien. On a 30 événements par an, mais on a toujours un lien avec les élus locaux, les chefs d’entreprise, les centres de formation. Sur un territoire, c’est très important : ce sont nos futurs jeunes et ce sont les futurs salariés, chefs d’entreprise de demain. L’idée du CEOL, en tout cas, c’est de toujours développer cette économie de proximité parce que, sur ces territoires, sur ces communes, la CCPA, c’est 17 communes autour de L’Arbresle. Quand un chef d’entreprise s’installe, il va embaucher des salariés. Ce sont donc des familles, ce sont des enfants qui vont à l’école, ce sont des familles qui vont faire vivre le territoire. C’est une économie qui va être florissante. C’est un monde médical qui sera présent parce que, s’il y a des salariés, il y aura des soignants et il y aura toutes les compétences du territoire. Sans l’économie, un territoire ne peut pas fonctionner. Je crois beaucoup à l’économie de terrain et aux territoires pour aider à l’implantation, surtout dans les petites communes.

Je rebondis sur ce que vous dites, parce que vous êtes ostéopathe à L’Arbresle. C’est vrai que, quand on parle de déserts médicaux, c’est cela : si un territoire veut attirer des médecins, des professions médicales, il faut qu’il y ait une économie derrière.

Exactement. Un médecin va s’installer sur un territoire si le territoire est riche économiquement, s’il est riche culturellement, s’il est riche émotionnellement. Il faut que le territoire soit agréable, il faut que le territoire soit dynamique, il faut que les enfants puissent faire du sport, il faut qu’il y ait des restaurants, il faut qu’il y ait des commerces, et cela, c’est indispensable. Si nous amenons sur tous les territoires tous ces services, forcément, il y aura des soignants. Pourquoi les soignants vont-ils aller dans les grandes villes en priorité ? Parce qu’il y a peut-être plus de cinémas, il y a peut-être plus de services. Mais dans nos territoires, on a un pays merveilleux. On peut faire du vélo, du VTT, des marches. Il faut donc créer une dynamique. On a déjà une grosse dynamique, mais il faut aussi faire connaître le territoire. À partir de là, en liant tous ces paramètres, je dirais que la mayonnaise prend et tout se passe.

Sur le Congrès national des clubs d’entreprises, des clubs de chefs d’entreprise, il y a notamment Agnès Verdier-Molinié, qui sera l’une des invitées sur "La France face au mur budgétaire". On en parle beaucoup. Quelles sont aujourd’hui les principales difficultés remontées par les chefs d’entreprise de votre territoire, notamment ?

Je crois que ce qu’ils recherchent, en tout cas aujourd’hui, c’est du lien. Il y a effectivement des difficultés. On est dans un monde actuellement compliqué au niveau politique, géopolitique, au niveau national, international. Économiquement, en France, on va le voir mercredi, les chiffres ne sont pas au plus beau, les chiffres sont compliqués. Je pense que si ces gens se rassemblent, c’est parce qu’ils sont aussi peut-être rassurés et qu’il y a une dynamique des chefs d’entreprise. Ce n’est pas distribuer des cartes de visite, mais c’est avoir des contacts, c’est avoir des liens, c’est avoir une connaissance des uns et des autres. Aujourd’hui, avec l’IA qui nous vend des services, revenir à du présentiel, c’est très important, ainsi qu’au contact humain. Je crois beaucoup à la rencontre, à la rencontre humaine.

Et donc, la rencontre sera au Congrès national des clubs de chefs d’entreprise. Merci Vincent Lafay d’être venu sur le plateau de 6 minutes chrono. Et pour plus d’informations sur l’actualité de L’Arbresle, Lyoncapitale.fr. Au revoir.

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