Le parc de Miribel-Jonage
Le parc de Miribel-Jonage @MartinGaboriau

Grand Parc de Miribel Jonage : des coûts de fonctionnement "contenus" fragilisés par une gouvernance "paralysée"

La Chambre régionale des comptes a publié ce mercredi son rapport sur le grand parc de Miribel Jonage, près de Lyon. Et note notamment une gouvernance "paralysée" par les dissensions entre le syndicat compétent et la SPL délégataire.

Situé près de Lyon, le Grand Parc de Miribel Jonage (Rhône/Ain) accueille près de quatre millions de visiteurs par an sur ses 2 200 hectares et se positionne naturellement comme un site fort du territoire. Dans un rapport publié ce mercredi, la Chambre régionale des comptes (CRC), s’est donc intéressée à ses coûts de fonctionnement. Elle note d’abord des coûts "contenus" et que le parc continue d’assurer ses principales missions, "malgré des contributions des collectivités locales inférieures à celles perçues en 2015."

Une évolution de la gouvernance apparaît "nécessaire"

Mais la principale ombre au tableau reste la gouvernance, que la CRC juge "paralysée" en raison de dissensions entre le syndicat compétent, Symalim, et la société publique locale Gestion des espaces publics du Rhône-Amont (SPL Segapal), qui aménage, gère et anime le Grand Parc dans le cadre d’une délégation de service public (DSP), renouvelée en 2023 pour une durée de six ans et demi.

Dans son rapport, la CRC indique que les différends entre les deux acteurs se sont "exacerbés" depuis 2022 en raison notamment "de la situation financière tendue, de l’absence de vision partagée entre les deux structures et de la difficulté du comité syndical à se concentrer sur les choix stratégiques." Et d’ajouter : "Cette situation entrave le développement du parc et génère un contexte de travail dégradé au Symalim." Une évolution de la gouvernance est donc jugée "nécessaire" pour apaiser la situation, faciliter la gestion et relancer l’action publique. "En outre, le Symalim et ses membres devront faire des choix stratégiques, en mettant en cohérence les missions, les effectifs et le financement du Grand Parc", résume la CRC.

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Les centres équestres du Grand Parc en difficulté

Autre point négatif, la CRC révèle que les difficultés rencontrées par les trois centres équestres présents sur le parc ont entraîné la fermeture de l’un d’entre eux, "laissé à l’abandon depuis 2018". Un autre s’est reconverti dans une activité d’achat-vente de chevaux ne relevant pas d’une subdélégation de service public, tandis que le dernier se maintient "malgré une activité en baisse."

L’investissement de 1,3 million d’euros de Symalim pour réhabiliter le centre équestre à l’abandon par une entreprise privée dans le cadre d’un bail emphytéotique administratif, n'a pour l'heure attiré aucune proposition d’activités non-équestre. "Le Symalim doit s’assurer de la possibilité d’une coexistence économiquement viable des activités des trois centres équestres", souligne la CRC.

Ségapal diversifie son activité pour pallier les difficultés

Face à "l’effondrement" de l’épargne brute du Symalim, passée de 205 000 d’euros en 2019 à -144 000 d’euros en 2024 avant de redevenir positive en 2025, en raison de l’absence de croissance des participations statuaires de fonctionnement et de la hausse des charges de fonctionnement, la SPL Segapal diversifie son activité, principalement pour le compte de la Métropole de Lyon. Depuis 2019, ces activités ont généré un bénéficie de 113 000 euros et participent à mutualiser les coûts de la structure. "Bien que fragilisée à terme par l’absence d’indexation de la contribution de service public versée par le Symalim, la situation financière de la SPL reste correcte fin 2025, avec un bénéfice de 87 000 euros (après 57 000 d'euros en 2024) et son bilan est solide", détaille encore la CRC.

La Chambre régionale des comptes fait donc plusieurs recommandations : celle d’établir "une stratégie plus précise et financièrement soutenable pour les années à venir" pour Symalim, de clarifier les relations entre le syndicat et la SPL, ou encore de "vérifier les déclarations de chiffre d’affaires du centre équestre n° 2 et s’assurer que le passage à une activité purement commerciale et plus rentable qu’auparavant ne se traduit pas par une baisse de la redevance variable perçue par la SPL."

Lire aussi : La Métropole de Lyon étend son périmètre de protection des espaces naturels au Grand Parc de Miribel-Jonage

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