Suite aux conclusions de la rapporteuse publique, ce lundi 14 septembre, préconisant l’annulation des élections municipales de Vénissieux, le maire Idir Boumertit réagit pour Lyon Capitale.
À Vénissieux, l’élection municipale pourrait être rejouée. La rapporteuse publique a préconisé lundi l’annulation du scrutin, remporté de seulement 25 voix par Idir Boumertit face à la maire communiste sortante Michèle Picard. En cause, des déclarations de domiciliation qui auraient été frauduleuses concernant la tête de liste RN-UDR Quentin Taïeb et certains de ses colistiers.
La rapporteuse publique a estimé que ces irrégularités étaient susceptibles de remettre en cause la sincérité de l’ensemble du scrutin. Le tribunal administratif de Lyon, qui a mis sa décision en délibéré, doit désormais trancher dans deux semaines. Dans un entretien à Lyon Capitale, Idir Boumertit revient sur les conclusions de la magistrate et pointe notamment le rôle de Michèle Picard, qui aurait effectué des signalements à la justice dès décembre 2025.
Lyon Capitale : Quel est votre sentiment après les conclusions de la rapporteuse publique qui préconise l’annulation de votre élection ?
Idir Boumertit : On reste sur notre faim. A-t-il fraudé ou non ? C’est ça la question, car on parle de suspicions. Je ne suis pas juge. Tous les titres parlent de suspicions… Est-ce une suspicion ou une fraude ? Depuis décembre 2025, des signalements ont été faits au procureur sur de possibles manœuvres. La préfecture était au courant, Michèle Picard aussi puisque les saisies ont été effectuées par les services de la Ville. Elle était d’ailleurs bien seule à l’être.
Vous estimez donc que Michèle Picard aurait dû rendre ces éléments publics avant l’élection ?
En connaissance, pourquoi ne l’a-t-elle pas mis sur la place publique ? A-t-elle sécurisé sa propre élection ou celle de Vénissieux ? Si elle avait été élue maire, est-ce qu’elle aurait fait un recours ? On se pose des questions. Son adjoint au maire n’était pas au courant. En dehors du groupe communiste, aucun autre parti n’était informé de ce risque de manœuvre.
L’élection était censée être sous surveillance. Au final, on se rend compte que cette sécurisation ne servait que son élection, puisqu’elle attaque le scrutin sur des signalements qu’elle avait fait à la justice.
Vous faites également un parallèle avec les élections municipales de 2014, qui avaient déjà été annulées à Vénissieux.
Effectivement, on a déjà eu cette expérience de risque de fraude qui avait coûté les élections de 2014. Cette fois, je pense que toutes les précautions avaient été prises par Michèle Picard, mais elle a perdu. S’il y avait vraiment eu un problème, la tête de liste d’extrême droite RN-UDR, Quentin Taïeb, n’aurait pas dû concourir dès le départ. Je trouve qu’il y a deux poids, deux mesures.
Vous avez également porté plainte concernant la circulation de documents administratifs. Que reprochez-vous précisément ?
Aujourd’hui, j’ai la responsabilité de protéger les documents des Vénissians. On a porté plainte, car il faut que la justice regarde de plus près ce qu’il s’est passé. On a aussi saisi la CNIL. On ne peut pas tolérer que des documents administratifs puissent sortir et se retrouver dans des mémoires. Les conditions dans lesquelles ces documents ont été obtenus et transmis devront être établies par la justice.
Dans l’hypothèse où le tribunal administratif annulerait le scrutin, seriez-vous candidat à une nouvelle élection ?
On avisera en conséquence de la décision finale. On continue à travailler. S’il devait y avoir une nouvelle élection, je serais toujours candidat. Pour autant, je ne suis pas encore dans cette optique. On attend la décision et on continue de déployer nos mesures. Nous avons gagné à la loyale, sur un programme choisi par les Vénissians et que nous mettons résolument en œuvre. Nous restons au travail pour répondre aux besoins des habitantes et des habitants.
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