Jérémie Bréaud, maire Les Républicains de Bron et vice-président de la Métropole de Lyon en charge de la sécurité, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Quelques jours après la réintégration surprise de Jean-Michel Aulas dans ses fonctions de premier vice-président de la Métropole de Lyon, Jérémie Bréaud, maire LR de Bron, estime que si l'ancien candidat aux municipales à Lyon a commis "une faute morale", il retient comme Véronique Sarselli qu'il a fait "amende honorable". La majorité métropolitaine et son vice-président en charge de la sécurité tente désormais de clore cet épisode qui pourrait laisser des traces : "Nous avons été élus pour six ans pour mettre en place un programme. Je pense que le plus important, maintenant, c’est d’être tous au travail pour atteindre les objectifs pour lesquels nous avons été élus".
Sur son champ d'action, la sécurité, Jérémie Bréaud promet de débloquer une aide de cinq millions d'euros pour aider les communes à investir dans leur police municipale et réitère l'ambition de créer rapidement une police métropolitaine des transports en commun.
La retranscription intégrale de l'entretien avec Jérémie Bréaud
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Jérémie Bréaud. Bonjour. Vous êtes maire de Bron, Les Républicains, et aussi vice-président de la Métropole de Lyon en charge de la sécurité, et ça va être le cœur de cet entretien. Mais avant, je voulais revenir sur une actualité chaude à tous les sens du terme : la réintégration de Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton par Véronique Sarselli. Cette annonce, comment l’avez-vous accueillie, vous, en tant que vice-président de la Métropole ? Et puis vous faisiez aussi partie de ceux qui avaient plutôt défendu l’éviction de Jean-Michel Aulas. Comment vous le prenez ?
Écoutez, Paul Terra, il y a eu une faute morale qui a été commise par Jean-Michel Aulas et d’autres également. Je pense notamment à Laure Cédat et Emmanuel Imberton. Au moment où l’affaire est sortie, ils n’ont pas dénoncé le viol. Maintenant, c’est pour cette raison que Véronique Sarselli, en responsabilité, avait écarté trois vice-présidents au mois de juin. Il ne vous a pas échappé que, dernièrement, Jean-Michel Aulas, la semaine dernière, a fait amende honorable et a reconnu qu’il aurait dû mieux gérer cette situation-là. Véronique Sarselli, en responsabilité, a décidé de les réintégrer. Je voudrais quand même insister sur un point : Véronique Sarselli, au mois de mai-juin, a fait le nécessaire pour protéger la victime. Elle a fait un signalement au titre de l’article 40 et puis, également, elle a écarté au mois de juin les vice-présidents.
La situation a globalement peu changé, à part ce mea culpa a posteriori de Jean-Michel Aulas. Il y a surtout eu un été où on a vu des tensions, Jean-Michel Aulas donnant des interviews, s’exprimant personnellement, intentant un recours contre la Métropole de Lyon et contre Véronique Sarselli, Véronique Sarselli disant que la confiance était rompue. La confiance est comme par magie restaurée entre les deux. Est-ce que ça peut durer dans le temps ? Est-ce que la majorité est unie ?
Jean-Michel Aulas, comme je l’ai dit, a fait amende honorable. Il y a quelque chose aussi qui est important.
Mais tout est pardonné ? Le recours qu’il a intenté contre Véronique Sarselli ?
Il y a quelque chose qui est important, c’est d’être à la hauteur des attentes des Grands Lyonnais. Nous avons été élus pour six ans pour mettre en place un programme. Je pense que le plus important, maintenant, c’est d’être tous au travail pour atteindre les objectifs pour lesquels nous avons été élus.
Le programme est encore flou sur certains points. Il y a de grands arbitrages qui n’ont pas encore été rendus. Vous, à la limite, sur votre champ de compétences, la sécurité, on commence à y voir assez clair. Il y a notamment eu une annonce la semaine dernière. Vous voulez améliorer la sécurité aux abords et dans la gare routière de Gerland, vous voulez investir 350 000 euros. Vous avez aussi demandé à Grégory Doucet de vous aider en la matière. Est-ce que vous avez eu un retour de votre main tendue ?
Déjà, ce qu’il faut signaler, c’est que, pour la première fois, il y a une vice-présidence en charge de la sécurité. Ce n’était pas une compétence de la Métropole et Véronique Sarselli en a décidé ainsi…
Ce qui pouvait expliquer qu’il n’y ait pas de vice-président, du coup.
Oui, mais après, c’est une question de volonté et de courage politique. On voit bien que la sécurité, c’est l’un des enjeux majeurs de notre société, que vous soyez dans la Métropole lyonnaise ou ailleurs. Donc, il fallait agir. Pour ça, il fallait prendre la compétence et on a décidé d’y aller fort, de changer d’échelle, de changer de logiciel et de ne pas mettre des rustines, mais d’engager, au contraire, une somme d’argent extrêmement conséquente.
Très concrètement, ça va s’articuler autour de trois axes. Premièrement, l’aide aux communes. Ça veut dire qu’on va tendre la main aux 58 maires de la Métropole de Lyon en disant : la Métropole de Lyon, nous avons une enveloppe annuelle de 5 millions d’euros pour vous accompagner dans votre politique en matière de sécurité.
C’est quoi ? C’est pour acheter des caméras de vidéosurveillance ?
Changer le matériel, les véhicules, les motos, l’équipement et autres. 5 millions, c’est une somme qui est considérable. Deuxièmement, c’est la sécurisation des collèges. Les lycées sont sécurisés. Comment vous allez expliquer à la famille que l’aîné est en sécurité dans le lycée alors que le petit qui est au collège ne l’est pas ? Donc, il y a 120 collèges au sein de la Métropole. Nous sommes en train de lancer un audit pour voir quels sont les collèges prioritaires.
Mais l’idée, c’est de faire comme avec les lycées, les portiques ? Parce qu’on a vu, et dans votre commune il y a aussi eu des épisodes tragiques qui ont montré que le risque zéro n’existait pas, que les portiques n’empêchaient pas les drames.
Vous faites allusion à ce qui s’est passé devant le lycée de l’Automobile. Ça s’est passé devant le lycée, pas à l’intérieur. Mais vous savez, mon intime conviction, qui est partagée par les maires, en tout cas par les maires qui font le nécessaire en matière de sécurité, c’est que, bien évidemment, on ne règle pas tout. Et même, je veux dire, on ne réglera jamais tout. Mais, en revanche, ce qui est clair, c’est qu’à partir du moment où vous mettez les moyens, vous obtenez des résultats. Donc les collèges, à la fois à l’intérieur et aux abords des collèges.
Et puis également, troisième axe, vous en avez parlé, et ça, c’était une attente puisqu’on ne pouvait plus continuer comme ça : c’est la sécurité dans les transports, avec la création d’une brigade métropolitaine des transports. Il y a deux chiffres importants à rappeler. En 2025, c’est plus de 7 000 atteintes aux biens et aux personnes. Ça fait à peu près une atteinte par heure dans le réseau. Et entre 2024 et 2025, plus de 127 % de vols avec violence. Est-ce qu’on pouvait continuer à ne rien faire ? Donc, nous avons décidé, effectivement, de nous engager, de nous engager fortement en y mettant les moyens.
Pour revenir sur la question de la gare routière de Gerland, vous avez demandé aussi à la Ville de participer à la sécurisation, puisque vous avez proposé de l’aide à Grégory Doucet. Est-ce que vous avez eu un retour sur l’acceptation de votre offre ou non ?
Alors, la gare routière, c’était une compétence de la Métropole, donc on a décidé de mettre les moyens. Mais, effectivement, j’ai tendu la main plusieurs fois depuis le début du mandat à Grégory Doucet. Jusqu’à maintenant, il semblait qu’on recevait une fin de non-recevoir. Là, la bonne nouvelle, c’est qu’effectivement, j’ai reçu une demande d’entretien avec la Ville de Lyon dans les prochains jours. Donc, encore une fois, ma volonté, c’est de travailler avec l’ensemble des maires et, d’ailleurs, je l’ai rendu public.
Mais la volonté de la Métropole de travailler avec l’ensemble des maires n’est pas forcément manifeste à Lyon, puisque la plupart des projets que Grégory Doucet voulait voir se réaliser, s’accomplir, vous les avez globalement arrêtés. La rive droite, là, vous êtes en train d’arrêter aussi, pour des raisons de sécurité, la baignade dans la darse de la Confluence.
Non, Paul Terra. La rive droite, le projet n’a pas été abandonné. C’est le fait de dire : on prend le temps pour réexaminer et réétudier.
C’est la Métropole de Lyon qui a dit que le projet était abandonné dans les colonnes de Lyon Capitale.
Tel qu’il était acté par l’ancienne majorité. Deuxièmement, la baignade dans le Rhône ou dans la Saône, la Métropole n’a jamais dit qu’on n’en voulait pas. Maintenant, c’est savoir ensemble quel est le meilleur endroit. Donc, encore une fois, vous savez, nous sommes élus pour six ans. Nous avons été élus. Il faut prendre en compte aussi ce pour quoi nous avons été élus.
Encore une fois, je pense que, que ce soit Véronique Sarselli ou mes collègues vice-présidents, on s’inscrit vraiment dans une démarche de collaboration et même de partenariat avec les maires. Nous avons tellement souffert, nous les maires, durant six ans, justement, de cette volonté de passer en force de la Métropole, qu’on souhaite à tout prix éviter cela.
