Nouveaux équipements de recherche, laboratoire dédié à l'IA, partenariats internationaux : l'École des Mines de Saint-Étienne a présenté début septembre les grandes lignes de sa rentrée, marquée par un rapprochement avec les entreprises au nom de la souveraineté industrielle française.
Depuis la création d'une direction du développement en 2025, l'école a engagé une bascule progressive de son modèle de financement, aujourd'hui partagé entre fonds publics et ressources privées. "Nous voulons maintenant accélérer", résume son directeur Jacques Fayolle pour les intentions. Cette évolution s'est concrétisée cet été avec le lancement, à Charbonnières-les-Bains, du Campus Région du numérique, adossé à la plateforme d'innovation DIWII. Grands groupes, PME et jeunes pousses s'y sont déjà engagés à hauteur de 700 000 euros sur trois ans pour des projets à vocation sociétale.
Autre nouveauté : le dispositif Accès Campus, pensé pour rapprocher les entreprises des étudiants et faciliter le recrutement des futurs diplômés. Airbus en est le premier partenaire. Pour Jacques Fayolle, cette ouverture au privé "ne remet pas en cause" l'identité de l'école, qui "reste une école publique, pleinement attachée à sa mission de service public".
La recherche mobilisée sur les technologies critiques
L'école investit dans plusieurs équipements scientifiques : un microscope Auger pour l'analyse des aciers dans le nucléaire, des outils de caractérisation biologique sur le sommeil et la santé cérébrale, et du matériel de microélectronique pour sa salle blanche. Objectif : approfondir des travaux dans des domaines jugés prioritaires, du nucléaire aux technologies de santé.
Elle annonce aussi, pour cet automne, la création du Laboratoire Informatique et Mathématiques de Mines Saint-Étienne (LIMMSE), consacré à l'IA, à la modélisation mathématique et aux sciences de la décision. S'y ajoute la livraison, fin 2026, du bâtiment TWIN, destiné à tester fabrication additive et automatisation, pour raccourcir les circuits de production et réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers.
Ouverture internationale et nouvelles formations
L'établissement a signé cet été un accord avec l'Indian Institute of Technology de Madras, 180e mondial au classement QS 2026, pour faciliter l'accueil d'étudiants indiens. Des discussions sont aussi en cours avec l'école des Mines de Hanoï sur l'IA appliquée au génie des procédés.
Côté formation, l'école lance ses premières micro-certifications pour les professionnels de santé, ainsi que deux diplômes d'ingénieur en alternance, l'un sur l'innovation industrielle, l'autre sur la transition écologique des territoires. Le parcours ingénierie et santé, ouvert en 2025 avec la faculté de médecine de l'université Jean Monnet, entame sa deuxième rentrée avec moins d'un candidat sur dix admis et une majorité de femmes parmi les inscrits.
Enfin, l'école lance ce mois-ci la conception de son « Campus du Futur », rénovation de 25 000 m² financée à hauteur de 35,6 millions d'euros, avec un objectif de réduction de 60 % de sa consommation énergétique d'ici 2050.
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