La rénovation énergétique se heurte parfois aux règles de protection du patrimoine. Lyon y est particulièrement exposé : son site historique est inscrit à l’Unesco. Après un été caniculaire, certains élus reprochent déjà aux architectes des bâtiments de France d’en faire une “ville sous cloche”.
Place Neuve, au cœur du Vieux-Lyon. Un immeuble médiéval remanié au XIXe siècle a conservé ses croisées à meneaux. Sur ses façades, la Ville de Lyon et l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (Udap), où exercent les architectes des bâtiments de France, ont mis au point un enduit correcteur à la chaux enrichi de matériaux biosourcés. Objectif : traiter la thermique d’été autant que celle d’hiver. Le principe est simple : l’enduit relève la température de surface du mur, l’effet de paroi froide s’atténue, le confort ressenti s’améliore, été comme hiver, et la consommation baisse (même si le gain sur l’étiquette énergétique reste modeste).
Le même procédé a été mis en œuvre au 16, rue Saint-Jean, où une expérimentation, menée en 2010 avec un bailleur social, est actuellement évaluée, avec dix ans de recul. Et au 16, rue de la Barre (2e), une réhabilitation ambitieuse a intégré une isolation thermique par l’extérieur sur une façade de cour intérieure. En plein périmètre Unesco.
Rien de tout cela n’est né par hasard. La Ville a créé, au début du mandat, une aide “éco-patrimoine” destinée précisément à encourager, sur les immeubles anciens (construits avant 1948), les enduits correcteurs à la chaux, additionnés de liège ou de chanvre. Cette aide permet de soutenir les particuliers dans la rénovation énergétique de ce bâti qui représentait, en 2018 à Lyon, un quart du parc. Dans son plan de gestion du site Unesco, elle assume la méthode, en s’appuyant sur “l’intelligence collective” et un “dialogue renforcé” avec les architectes des bâtiments de France (ABF).
Trois chantiers quand le parc ancien lyonnais compte 79 000 logements. La démonstration technique est acquise : “Des solutions performantes peuvent être mises en œuvre dans un contexte patrimonial dès lors qu’elles sont étudiées au cas par cas”, explique la Ville à Lyon Capitale. Reste à passer à l’échelle.
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