Depuis lundi 24 août, l’axe routier stratégique du pont Paron à Saint-Rémy est entré dans une importante phase de réhabilitation. Pendant la phase de travaux d’un montant d’1,95 millions d’euros, il va rester fermé aux voitures jusqu’au printemps 2027.
À Saint-Rémy, au nord de la Saône-et-Loire, il faudra désormais changer ses habitudes de circulation. Depuis le 24 août, les véhicules ne peuvent plus emprunter le pont Paron, situé sur la RD 69 et permettant de franchir la Thalie. Sa fermeture marque le début d’un chantier qui doit se poursuivre jusqu’en juillet 2027, même si la circulation routière doit pouvoir reprendre plus tôt, à partir du 30 mars.
Construit autour de 1750, le pont de 53 mètres a besoin d’être rafraîchi et donc d’une intervention conséquente. Depuis 2022, le Département avait renforcé sa surveillance après avoir constaté plusieurs désordres, dont "des fissures longitudinales, des infiltrations d’eau et une dégradation des pierres", précise le dossier de presse départemental. Les études menées depuis ont conduit la collectivité à privilégier une réhabilitation lourde de l'ouvrage.
Un nouveau tablier sans faire disparaître le pont historique
La principale nouveauté du chantier se trouve au-dessus des voûtes : le tablier actuel doit être entièrement remplacé par un ouvrage neuf. La structure historique en maçonnerie sera, elle, conservée et restaurée. Quant aux garde-corps, ils seront également remplacés tandis que les maçonneries réparées et confortées. On répare sans effacer le caractère patrimonial.
Pour l’heure, le chantier est organisé en deux grandes phases. Jusqu'en mars 2027, les travaux de génie civil doivent permettre notamment de reconstruire le tablier et de sécuriser l'ouvrage. Le pont sera fermé aux véhicules pendant cette période. De mars à juillet, les interventions se concentreront ensuite sur la réparation et le confortement des maçonneries. Une enveloppe d'1,95 million d'euros est investie dans le projet, intégralement financé par le Département de Saône-et-Loire.
Mais pas de panique. Les déplacements à pied ou à vélo resteront eux possibles. Une passerelle provisoire doit permettre de traverser la Thalie pendant toute la durée des travaux, avec l'obligation pour les cyclistes de mettre pied à terre.
Des déviations différenciées pour les véhicules légers et les poids lourds
Au-delà de la restauration d'un ouvrage ancien, le chantier touche directement aux mobilités du sud de l'agglomération chalonnaise. Près de 9 000 véhicules franchissent chaque jour le pont Paron, qui constitue un axe important entre Saint-Rémy et Chalon-sur-Saône. Sa fermeture pendant plus de sept mois impose donc une réorganisation des déplacements à l'échelle locale.
Pour les véhicules légers et les poids lourds de moins de 7,5 tonnes, une déviation est mise en place par la RD 5A, l'avenue des Charreaux, la rue Fourier, la rue des Charreaux, la rue Auguste-Martin puis la route de Buxy. Les poids lourds de plus de 7,5 tonnes doivent suivre un itinéraire plus large contournant notamment le secteur par plusieurs routes départementales et le pont de Bourgogne.

L'opération s'inscrit plus largement dans la gestion d'un patrimoine routier conséquent. Le département entretient 5 250 kilomètres de routes et 2 440 ouvrages d'art, dont 1 894 ponts. Pour la seule année 2026, 8,8 millions d'euros sont consacrés à l'entretien des ponts existants en Saône-et-Loire. Le pont Paron fait partie des quatre opérations majeures de réparation ou de confortement actuellement programmées, aux côtés des ponts de Bragny, d'Iguerande et de Navilly tandis que de son côté, à Saint-Prix, un pont cette fois-ci provisoire est prévu.
Un autre pont provisoire à Saint-Prix financé pour préserver les déplacements
Le chantier de Saint-Rémy intervient alors que la Saône-et-Loire finance ailleurs une autre solution destinée à maintenir la mobilité routière en cas d'indisponibilité d'un ouvrage. Lors de sa commission permanente du 3 juillet, la collectivité a voté une participation de 25 500 euros pour l'installation d'un pont provisoire à Saint-Prix, après l'effondrement du pont des Chaises sur la RD179.
Long de neuf mètres et limité aux véhicules de moins de 3,5 tonnes, cet ouvrage temporaire doit permettre de rétablir les déplacements des habitants et des passagers empruntant la route temporairement, en attendant la reconstruction définitive du pont. Une mesure présentée comme un moyen de limiter les conséquences de la coupure de la route sur le territoire.
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