Ce lundi 24 août, le préfet Étienne Guyot a participé à la commémoration du 82e anniversaire de la libération de la prison de Montluc, à Lyon, l’un des principaux lieux de détention de la Gestapo.
Il y a 82 ans, le 24 août 1944, la prison de Montluc était libérée. Ce lundi, à Lyon, une cérémonie a rendu hommage aux milliers de femmes et d’hommes qui y furent enfermés durant l’Occupation allemande.
Le préfet de région, Étienne Guyot, a notamment rappelé le destin particulier de ce lieu, aujourd’hui devenu un mémorial. "Comment une prison, lieu d’enfermement par excellence, devenue sous l’Occupation, l’antichambre de la torture, de la déportation et parfois de la mort, a-t-elle pu devenir aujourd’hui un lieu où l’on vient apprendre, transmettre et comprendre ?", a-t-il déclaré.
Montluc libéré un 24 août
Entre février 1943 et août 1944, la prison militaire de Montluc est réquisitionnée par l’armée allemande. Elle devient un lieu majeur de transit pour les résistants, les Juifs, les opposants politiques et les personnes arrêtées, avant leur déportations vers les camps nazis. Entre 8 000 et 11 000 personnes y sont emprisonnées durant cette période. Parmi elles, on retrouve Jean Moulin, symbole de la Résistance, mais aussi les 44 enfants de la colonie d’Izieu, arrêtés le 6 avril 1944 sur ordre de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon.
Le 24 août 1944, alors que les forces allemandes sont progressivement repoussées, les occupants quittent la prison. Le commandant allemand remet les clés au général Chevallier, avec pour consigne de ne pas libérer immédiatement les prisonniers. Mais les détenus décident de sortir de leurs cellules. Dans l’euphorie, certains découvrent dans les caves des explosifs préparés par les Allemands pour détruire la prison et ses occupants. Le piège est finalement désamorcé. Dès le lendemain de la libération de Montluc, le 25 août, le drapeau tricolore est hissé sur le toit de la prison.
Aujourd’hui, le lieu est devenu un espace de transmission de cette histoire : "La République ne vient pas seulement honorer les morts. Elle vient mesurer ce qu’elle doit aux vivants : la vérité, la justice, la transmission et la promesse de ne jamais laisser l’État se retourner contre ceux qu’il doit protéger", a rappelé Étienne Guyot.
Lire aussi : Lyon : c'était un 24 août, la libération de la prison de Montluc "antichambre de la mort" en 1944, récit
