La préfecture du Rhône a donné son feu vert à Daikin Chemical France pour intégrer un nouveau PFAS dans son procédé de fabrication à Oullins-Pierre-Bénite. L'État estime que cette évolution n'augmente pas les risques sanitaires ni environnementaux.
C'est un arrêté préfectoral qui devrait entrainer de vives critiques des défenseurs de l'environnement. Dans un arrêté en date du 24 juillet 2026, la préfecture du Rhône annonce avoir autorisé Daikin Chemical France à utiliser un nouveau composé de la famille des PFAS sur son site d'Oullins-Pierre-Bénite, au cœur de la vallée de la chimie. Cette substance, au nom barbare de R-1234yf (2,3,3,3-tétrafluoropropène), sera employée dans la fabrication d'un nouveau grade de polymères fluorés baptisé "BRE", en remplacement partiel des procédés actuels.
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Dans son arrêté, la préfecture rappelle que ce gaz inflammable, stocké sous pression, répond bien à la définition des PFAS retenue par l'OCDE. Elle souligne toutefois qu'il n'est actuellement ni interdit ni soumis à des restrictions d'utilisation, aussi bien au niveau français qu'européen.
Une diminution des rejets de PFAS
Les services de l'État estiment par ailleurs que cette modification ne constitue pas un changement substantiel de l'installation. Selon le dossier présenté par l'industriel, le nouveau procédé devrait produire moins de polymères, consommer moins d'eau et entraîner une diminution des rejets de PFAS dans les eaux superficielles comme dans l'atmosphère, grâce notamment à une meilleure réactivité du nouveau monomère et au maintien d'un traitement des émissions sur charbon actif. L'étude de risque sanitaire conclut également à un impact sanitaire "acceptable avec d'importantes marges de précaution".
L'autorisation s'accompagne toutefois de prescriptions supplémentaires. La quantité maximale de R-1234yf présente sur le site d'Oullins-Pierre-Bénite est limitée à 18 tonnes (15 t en conteneur, 2,5 t en cuve tampon et 0,5 t en production) et Daikin devra mettre en place des dispositifs renforcés de prévention des incendies et des explosions, notamment des rideaux d'eau, une couronne d'arrosage automatique et plusieurs systèmes de détection et d'isolement du gaz.
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Cette autorisation risque toutefois de relancer les débats autour des PFAS dans le sud de l'agglomération lyonnaise. Depuis la révélation de la pollution autour de la plateforme chimique de Pierre-Bénite, les autorités ont multiplié les contrôles sur les rejets industriels, renforcé la surveillance de l'eau potable et des denrées alimentaires, tout en imposant aux principaux industriels des plans de réduction de leurs émissions.
Arkema et Daikin ont notamment abandonné certains PFAS historiquement utilisés, avec une baisse significative des rejets annoncée par l'État. Malgré ces avancées, l'introduction d'une nouvelle substance fluorée, même présentée comme moins émissive et autorisée par la réglementation, devrait alimenter les interrogations des riverains et des associations, qui réclament depuis plusieurs années une sortie progressive de l'ensemble des PFAS.
Les PFAS, qu'est ce que c'est ?
Les PFAS (per- et polyfluoroalkylés) sont une famille de milliers de composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur. On les retrouve dans les poêles en Téflon, les emballages alimentaires, les textiles imperméables ou les cosmétiques. Surnommés "polluants éternels", ils ne se dégradent pas dans l'environnement et s'accumulent dans l'organisme, présentant des risques suspectés ou avérés pour la santé humaine (cancers, perturbations endocriniennes, baisse de l'immunité).
