La chambre régionale des comptes d'Auvergne-Rhône-Alpes a procédé au contrôle des comptes et de la gestion de la société villeurbannaise d'urbanisme (SVU). Des risques financiers pris par la société sont pointés du doigt.
La chambre régionale des comptes d'Auvergne-Rhône-Alpes a procédé au contrôle des comptes et de la gestion de la société villeurbannaise d'urbanisme (SVU) et ses filiales SAS "Gratte-Ciel développement" et SAS "Totem SVU", pour les exercices 2019 à 2025.
La Société Villeurbannaise d’Urbanisme (SVU), créée en 1931, a pour activité principale et historique la gestion de l’ensemble immobilier des "Gratte-Ciel" (logements et locaux commerciaux en rez-de-chaussée) en tant que bailleur social et commercial. Situés en plein centre-ville, les "Gratte-Ciel" sont un ensemble immobilier emblématique de la commune de Villeurbanne.
Des risques financiers dus à la diversification des actions
La chambre des comptes note une forte évolution de la SVU au cours des dernières années, au service et accompagnée par la commune de Villeurbanne, son principal actionnaire. Ainsi, depuis 2019, les activités de cette société d’économie mixte (SEM) se sont développées et diversifiées vers de l’activité
immobilière et du portage foncier.

Une multiplication et une diversification des activités, qui poussent désormais la SVU à agir en dehors du centre-ville des Gratte-Ciel, tout en restant sur la commune de Villeurbanne. "Ces activités conduisent la SVU et ses filiales à sortir de leur métier historique et à nouer des relations avec des acteurs de nouveaux secteurs économiques", indique le rapport. Selon la chambre, ces activités présenteraient davantage de risques financiers pour la SVU et ses
filiales. "Trois projets étudiés par la chambre présentent des difficultés en termes de calendriers de travaux et surtout de pré-commercialisation", indique-t-elle par ailleurs.
La chambre régionale des comptes alerte également sur l'animation du centre-ville des Gratte-Ciel, gérée par la SVU depuis 2011, qui serait porteuse de risques pour la société. "Elle a conduit la SEM à une perte financière et à ne pas respecter les règles de la commande publique dans le cadre d’une prestation de service au profit du comité social de la commune de Villeurbanne", justifie le rapport. Par conséquent, la chambre régionale des comptes préconise à la SVU de mettre fin au portage du management du centre-ville et de demander au comité social de la commune de Villeurbanne, de rembourser les 38 000 euros accordés dans le cadre du management de centre-ville.
La situation financière reste équilibrée, mais présente des risques
Sur le volet situation financière, le résultat de l’activité agréée (logements sociaux) se dégrade en 2022 et reste déficitaire en 2023 et 2024, en lien avec le renchérissement des coûts et la baisse de recettes. Une situation conduisant à une baisse de la capacité d’autofinancement de l’activité agréée. Le résultat financier de la SVU reste néanmoins équilibré grâce à ses autres activités. "Toutefois, elles présentent davantage de risques, ce qui à terme pourrait fragiliser la situation financière de la SVU et de ses filiales", conclut la chambre.

