Le tribunal administratif de Lyon ordonne, lui aussi, au maire de Vaulx-en-Velin de retirer le drapeau palestinien installé depuis le 4 juillet.
Dans une décision de justice parue ce mercredi 8 juillet, le tribunal administratif de Lyon donne raison au préfet du Rhône, Etienne Guyot, et demande au maire de Vaulx-en-Velin d’enlever le drapeau palestinien installé sur le parvis depuis le 4 juillet dans le cadre du festival "Résonance Palestine".
Pour rappel, l’Etat avait demandé au maire LFI Abdelkader Lahmar de retirer le drapeau dans un souci de non-respect de la "neutralité des services publics." Et d’ajouter : "Cette initiative contrevient au principe de neutralité des services publics et est susceptible de porter une atteinte grave à l’ordre public compte tenu des réactions qu’elle est de nature à provoquer dans un contexte particulièrement tendu." L'édile avait refusé, poussant le préfet à saisir la justice.
"Une prise de position de nature politique au sujet d’un conflit en cours"
Dans sa décision, le tribunal ordonne donc à la municipalité vaudaise de procéder "sans délai" au retrait du drapeau palestinien du fronton de la mairie, "sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance", ce dernier s’opposant "à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques."
Pour étayer son propos, le tribunal administratif s’est appuyé sur une déclaration du maire lors du festival "Résonance Palestine". Dans celle-ci, le maire estimait que "Gaza est livrée aux tourments déchaînés d’une puissance occupante" et que "le drapeau palestinien est l’étendard de la liberté pour tous les peuples jadis colonisés et tous les peuples opprimés qui revendiquent le droit de se dire et d’exister." Faire flotter le drapeau palestinien au-dessus de la mairie exprime donc "une prise de position de nature politique au sujet d’un conflit en cours", conclut le tribunal.
Même cas de figure à Lyon
Une situation similaire s'était déroulé en septembre 2025, lors de la reconnaissance de l'État palestinien par Emmanuel Macron. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait fait installer le drapeau de la Palestine sur l'Hôtel de Ville, évoquant "un geste de paix et de justice" qui "s'inscrit dans la tradition lyonnaise : une ville attachée à l'humanisme, au droit, à l'autodétermination des peuples (...)".
Également saisie par la préfecture du Rhône, la justice y avait, là aussi, vu un geste politique. À l'époque, le juge des référés indiquait notamment qu'"aucune consigne" n'avait été donnée "par le gouvernement aux administrations", "le ministre d'État, ministre de l'Intérieur, ayant au contraire donné ordre aux autorités préfectorales de faire respecter le principe de neutralité des services publics".
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