Dans un entretien accordé à nos confrères du Progrès, Jean-Michel Aulas, poussé vers la sortie par Véronique Sarselli suite à l'affaire qui touche son ancien conseiller en communication, se défend et juge la sanction "totalement illégitime".
C'est une affaire judiciaire qui est, en l'espace de 24h, devenue une affaire politique au plus haut sommet de la Métropole de Lyon. Quelques heures après les révélations concernant la plainte pour viol déposée par une jeune militante Génération Aulas contre Roman Abreu, l'ex-communicant de l'ancien patron de l'Olympique Lyonnais durant la campagne des Municipales 2026, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, avait demandé à Jean-Michel Aulas, son 1er vice-président, de se mettre en retrait de ses fonctions.
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Chose que l'ancien candidat à la mairie de Lyon a pour l'heure refusé, tout comme les autres élus concernés par cette demande. Laure Cédat, 8e vice-présidente et Emmanuel Imberton, 3e vice-président avaient été, avec Jean-Michel Aulas, mis au courant de l'affaire durant la campagne des Municipales. Dans un entretien accordé à nos confrères du Progrès, le vice-président chargé des grands projets et du rayonnement métropolitain estime cette sanction "totalement illégitime".
"Je l’ai crue sans réserve même si son discours était confus."
"Nous n'avons jamais minimisé ni caché quoi que ce soit. Dès que nous avons su, nous avons été aux côtés de la victime" expliquent Jean-Michel Aulas et Laure Cédat d'une même voix. Les deux élus auraient eu connaissance des faits au mois de février dernier, un mois après la soirée durant laquelle la jeune plaignante dit avoir été droguée et violée par Roman Abreu. Une chronologie confirmée depuis par les principaux intéressés. "C’est moi qui ai eu connaissance de ces faits très graves en premier" explique ainsi Laure Cédat. Avant de poursuivre : "Et immédiatement, ce 13 février, je suis venue la voir. Elle était dans une grande détresse et m’a raconté avoir eu une relation sexuelle avec Roman Abreu dans sa chambre d’hôtel début janvier. Elle n’a pas employé le mot viol mais elle a exprimé le fait qu’elle avait pu être droguée car elle s’était sentie très mal après seulement deux cocktails. Aussitôt, je l’ai encouragée à porter plainte si elle estimait que la relation n’avait pas été consentie. Je l’ai crue sans réserve même si son discours était confus."
Par la suite, l'élue Grand Cœur lyonnais aurait prévenu Jean-Michel Aulas qui serait "tombé des nues" en découvrant l'affaire. Le candidat soutenu par la droite et le centre assure ensuite avoir convoqué son directeur de communication qui lui aurait indiqué, selon lui, avoir eu une relation "consentie" avec la jeune femme, produisant des messages pour prouver ses dires. "À ce moment-là, notre volonté était de le mettre à la porte" reprend JMA, toujours auprès de nos confrères du Progrès. Roman Abreu, qui de son côté "conteste fermement et avec sérénité toute accusation" selon un communiqué de son avocate Cosima Ouhioun, les aurait alors menacés de les poursuivre en justice, évoquant sa présomption d'innocence et faisant valoir son contrat qui le liait avec le candidat Aulas jusqu'au soir du second tour des Municipales. Finalement, l'ancien patron de l'OL dit l'avoir écarté des locaux de campagne, sans pour autant mettre fin à ses fonctions.
Aulas de plus en plus isolé
Si ce jeudi soir, au cours d'une réunion extraordinaire, Véronique Sarselli a accentué la pression sur son premier vice-président, le groupe Grand Cœur lyonnais apportant son soutien à la présidente de la Métropole de Lyon et appuyant sa demande de mise en retrait des trois élus de la majorité, à la Ville, les élus de droite ont prévu de se réunir ce vendredi matin pour évoquer l'affaire. Certains militent aussi pour demander à leur président de groupe de se mettre en retrait de ses fonctions de représentation.
Pour l'heure, Jean-Michel Aulas refuse de céder. Mais en moins de vingt-quatre heures, une affaire judiciaire s'est transformée en crise politique majeure pour celui qui apparaissait encore récemment comme l'une des figures les plus influentes de la nouvelle majorité métropolitaine, et qui semble aujourd'hui de plus en plus isolé.
Grégory Doucet "choqué et bouleversé"
Pour sa première prise de parole depuis l'éclatement de l'affaire, Grégory Doucet, maire de Lyon, a évoqué, auprès de nos confrères du Progrès sa "solidarité" vis-à-vis de la victime. "Je suis choqué et bouleversé. Je pense à la victime et je lui dis, ici, publiquement "Nous vous croyons"" explique le maire de Lyon. "Je pense à son courage d’aller déposer plainte, au mécanisme de culpabilité à l’œuvre par rapport à l’enjeu politique qui la dépassait. La campagne électorale était en jeu. Il est abominable de commencer sa vie, et sa carrière politique au milieu d’un tel tourbillon. Elle mérite notre solidarité" poursuit-il, avant d'estimer que Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, tous deux également élus au conseil municipal, n'avaient "pas pris la mesure de la situation". "Il ne s’agissait pas d’éloigner les deux personnes l’une de l’autre. Ils étaient devant une information qui relève d’un crime. Il y a une responsabilité morale et juridique à faire état de ces faits" conclut le maire écologiste.
