Emmanuel Giraud, maire socialiste du 9e arrondissement de Lyon, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Emmanuel Giraud affiche une ambition claire pour les six années à venir : "mon objectif est de travailler la cohésion territoriale et de m'assurer que l'ensemble des quartiers qui composent le 9e puissent vivre correctement ensemble". A La Duchère, il veut finir le travail engagé par l'un des ses lointains prédécesseurs, Gérard Collomb. "Nous devons terminer le projet de la Sauvegarde et finaliser celui du Château, dont une barre d'immeubles doit être démolie à l'automne", pointe-t-il. En matière de rénovation urbaine, il vise aussi des interventions au Vergoin et à Gorge de Loup.
Sur la relation entre la Ville de Lyon et la Métropole, Emmanuel Giraud espère "que la Métropole ne deviendra pas un simple guichet répondant aux projets, petits ou grands, de chaque maire". Et le maire PS du 9e de rappeler le poids de Lyon dans l'ensemble métropolitain : "Lyon reste, avec ses 500 000 habitants, la figure de proue de cette métropole".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Emmanuel Giraud
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, nous accueillons Emmanuel Giraud. Bonjour. Vous êtes maire socialiste du 9e arrondissement de Lyon. Nous poursuivons à Lyon Capitale notre tour des arrondissements afin de voir ce qui va changer d'ici 2032 et quels sont, en ce début de mandat, les projets pour les six années à venir. Dans le 9e arrondissement, qu'est-ce qui va évoluer à court ou moyen terme pour les habitants ? Quels sont vos grands projets ?
Le 9e est un arrondissement très diversifié. On ne vit pas de la même manière à l'Île Barbe qu'à La Duchère, par exemple. C'est un arrondissement qui a connu de nombreuses évolutions depuis une trentaine d'années. Aujourd'hui, il faut poursuivre les aménagements engagés et procéder à certains ajustements. Il n'y a pas forcément de très grands projets annoncés. Mon objectif est de travailler la cohésion territoriale et de m'assurer que l'ensemble des quartiers qui composent le 9e puissent vivre correctement ensemble. Il existe aussi un véritable enjeu de cohésion sociale. Ce n'est pas pour moi une formule vide de sens, car nous comptons de nombreux quartiers populaires et il faut faire en sorte que chaque habitant puisse y trouver sa place. Concrètement, parmi les opérations importantes, il y a la finalisation du travail engagé à La Duchère. Je pense également qu'il faut construire un nouveau récit pour le Bas-9e. Beaucoup de choses s'y sont développées, mais il reste aujourd'hui de grands aménagements publics à réaliser autour de la place Valmy, de la place de Paris et, évidemment, autour des Quais de Saône.
La question des mobilités avait également été soulevée pendant le précédent mandat et durant la campagne électorale. Il avait notamment été question d'une ligne de tramway, voire d'un prolongement de ligne de métro. Avez-vous le sentiment qu'il existe toujours un besoin important en matière de mobilité ou que celui-ci ne sera finalement pas satisfait, dans la mesure où cela ne semble pas faire partie des priorités de la nouvelle majorité métropolitaine ?
Effectivement, un important dossier concerne une meilleure desserte de La Duchère, notamment à travers l'éventuelle arrivée d'un tramway. J'entends également des habitantes et des habitants de La Duchère qui estiment être déjà correctement desservis grâce à des lignes fortes de transports en commun. Pour ma part, si un tramway peut arriver, je le prends volontiers, surtout s'il peut partir de la Part-Dieu et aller au-delà de La Duchère.
C'était l'un des projets portés par Jean-Michel Aulas. Il a été battu à la Ville de Lyon, mais son camp a remporté la Métropole. Pourtant, on n'a pas l'impression que son projet ait été repris.
Effectivement, je n'en ai pas l'impression non plus. Mais je reste ouvert à la discussion sur ce sujet. En revanche, je demeure très attentif à l'augmentation de capacité de la ligne D, qui figurait dans le projet porté par Bruno Bernard. La ligne D a un impact majeur sur notre territoire. Le matin, à Gorge-de-Loup, il est fréquent de devoir laisser passer plusieurs métros avant de pouvoir monter, car la ligne est déjà saturée dès 8 heures.
Vous évoquiez la poursuite de la rénovation urbaine engagée depuis plus de quinze ans à La Duchère, initiée sous Gérard Collomb puis poursuivie par la Métropole. Pensez-vous que ce travail sera achevé durant ce mandat ou que la Métropole, qui pilote cette politique, pourrait désormais se tourner vers d'autres territoires ?
J'ai un indice plutôt positif. Alexandre Vincendet est venu récemment sur le terrain, notamment dans le secteur de la Sauvegarde. Nous devons terminer le projet de la Sauvegarde et finaliser celui du Château, dont une barre d'immeubles doit être démolie à l'automne. Au regard des échanges que j'ai eus avec Alexandre Vincendet, je pense que tout ce qui est déjà programmé à La Duchère sera mené à son terme sans difficulté majeure. Par ailleurs, il existe d'autres quartiers prioritaires de la politique de la ville dans le 9e arrondissement, notamment Le Vergoin, Gorge-de-Loup et La Vallonnière. Sur ces secteurs, il reste beaucoup de travail à accomplir. Les bailleurs réalisent leur part, mais des aménagements supplémentaires et de nouveaux équipements seront sans doute nécessaires. Cela pourrait éventuellement s'inscrire dans le cadre d'un futur ANRU 3, qui a été annoncé par l'État.
Pour rappel, l'ANRU correspond à des financements massifs de l'État et des collectivités locales destinés à transformer des quartiers, comme cela a été le cas à La Duchère.
Tout à fait. Gorge-de-Loup a bénéficié d'une extension du périmètre de son quartier prioritaire, ce qui est une bonne chose si les financements suivent. Or, jusqu'à présent, l'État n'a pas augmenté les financements à la hauteur de l'élargissement de ces périmètres, alors même que la population concernée a progressé.
Nous abordons ce mandat dans une configuration parfois qualifiée de cohabitation entre la Ville de Lyon et la Métropole, même si le terme n'est pas parfaitement exact politiquement. Avez-vous le sentiment qu'un mode de fonctionnement commun, voire une forme de concorde, peut s'installer entre les deux institutions ?
J'ai vu mon homologue Pierre Oliver, maire du 2e arrondissement et vice-président de la Métropole chargé notamment de la fluidification du trafic, faire le tour des communes. Je l'ai aperçu non loin du 9e arrondissement, mais il n'est pas encore venu me voir. Je lui ai d'ailleurs adressé un courrier et je l'attends avec impatience. Plus sérieusement, j'espère que tout se passera bien. Lyon reste, avec ses 500 000 habitants, la figure de proue de cette métropole. Les aménagements réalisés dans la ville bénéficient à l'ensemble du territoire métropolitain. C'est en quelque sorte le cœur de chauffe. Reste à savoir si, dans cette métropole politiquement un peu bicéphale, les budgets seront effectivement dirigés vers les véritables enjeux. J'espère que la Métropole ne deviendra pas un simple guichet répondant aux projets, petits ou grands, de chaque maire.
Le dernier sujet de désaccord entre la Ville et la Métropole concerne justement le futur village olympique des Jeux olympiques d'hiver 2030 et les épreuves de glace prévues à Lyon et à Décines-Charpieu. Grégory Doucet estime qu'il pourrait être implanté à la Confluence, tandis que la Métropole privilégie plutôt des communes comme Bron, Décines ou Saint-Priest, dirigées par la droite. N'a-t-on pas l'impression que ce mandat sera ponctué par ce type de polémiques ?
Il pourra y avoir quelques passes d'armes sur ce sujet, effectivement. Mais lorsqu'on parle d'un village olympique ou d'équipements liés aux sports de glace, il faut aussi réfléchir à la manière dont ils profiteront à leur environnement. Si demain un équipement est construit à Eurexpo, par exemple, je ne vois pas très bien comment les manifestations qui s'y dérouleront bénéficieront directement aux commerces alentour. Il faut raisonner de manière globale. Lorsqu'on choisit des sites olympiques, il faut penser à l'ensemble de l'écosystème concerné. Je pense que nous aurions tout intérêt à privilégier une implantation centralisée sur Lyon, non pas au détriment des autres communes, mais afin que les retombées bénéficient aux activités économiques, notamment commerciales.
Par ailleurs, un village olympique doit être bien desservi par les transports en commun. J'espère donc que le site qui sera retenu répondra à cet impératif.

"La ligne (D) est déjà saturée dès 8 heures" Comment peut-il croire qu'un tramway résoudrait la question. Au delà d'un million d'habitant (métropole de lyon 1.4 ) seul le métro est en capacité de transport. Bordeaux, sans aucune ligne de métro, a un réseau complet de tramway largement saturé. Bien le bonjour !