tribunal judiciaire de lyon
Le Nouveau palais de justice de Lyon. (@Nathan Chaize)

Le ministère de la Justice se dote d'une IA générative souveraine pour ses agents

Baptisé "Mon Assistant Justice", l'outil interne déployé mardi 12 mai promet de moderniser le quotidien de plusieurs milliers d'agents, tout en garantissant protection des données et maîtrise humaine des décisions.

C'est une page nouvelle dans la transformation numérique de l'État. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a officiellement lancé ce mardi "Mon Assistant Justice", un outil d'intelligence artificielle générative destiné à l'ensemble des agents du ministère. Rédaction de notes, synthèses de dossiers, traduction, préparation d'entretiens ou réponse à des courriers : le champ d'application est large, et l'ambition clairement affichée.

"Dans un contexte où l'IA transforme déjà profondément les administrations, a expliqué le garde des Sceaux, nous avons voulu que le ministère de la Justice prenne pleinement sa place dans cette révolution, sans retard mais sans renoncer à nos exigences : protection des données, souveraineté numérique et maîtrise humaine des décisions."

Contrairement aux outils grand public que certains agents pouvaient être tentés d'utiliser, cet assistant est hébergé sur des serveurs situés en France, dans le cadre d'une architecture souveraine. Le choix n'est pas anodin : le ministère de la Justice manipule certaines des données les plus sensibles de l'État, et toute fuite ou ingérence étrangère représenterait un risque majeur.

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Plusieurs mois d'expérimentation avant le lancement

L'outil n'est pas tombé du ciel. Il est le fruit de plusieurs mois d'expérimentation conduits avec la direction interministérielle du numérique (DINUM), au cours desquels une communauté de 2 500 agents, toutes professions confondues, a testé l'assistant IA interministériel. Leurs retours ont confirmé l'utilité concrète de ce type d'outil dans les missions quotidiennes de la Justice.

Une feuille de route ambitieuse au-delà de l'outil généraliste. Le ministère ne s'arrête pas là. Deux assistants spécialisés sont en cours de développement : "Mon Assistant Pénal" et "Mon Assistant Civil", conçus en partenariat avec la cour d'appel de Paris. Destinés aux magistrats et personnels de juridiction, ils proposeront des fonctionnalités ciblées d'aide à la synthèse et à la rédaction, en phase avec les réalités métier.

Pour piloter cette transformation, une direction de programme IA (DPIA) a été créée dès décembre 2025 au sein du secrétariat général. Elle rassemble les expertises juridiques, techniques et éthiques nécessaires à la sécurisation des projets IA du ministère, et place la formation des agents au cœur de sa démarche.

Le déploiement de "Mon Assistant Justice" s'étalera progressivement durant les prochains mois, pour atteindre l'ensemble du personnel du ministère, quel que soit leur niveau de familiarité avec l'intelligence artificielle.

A retenir
Un observatoire de l'IA, instance indépendante placée auprès du garde des Sceaux, sera prochainement installé. Il assurera un suivi éthique des usages, mesurera l'impact sur l'évolution des métiers, et conduira une veille scientifique sur les technologies émergentes. Un dialogue social a également été engagé avec les organisations syndicales.

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