Le 12 mai prochain, l’audience opposant l’association Action Justice Climat Lyon à la préfecture du Rhône se tiendra au tribunal administratif de Lyon.
"Une audience décisive pour les libertés d’expression et libertés associatives aura lieu ce 12 mai 2026 au tribunal administratif de Lyon", prévient l’association Action Justice Climat Lyon. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, l’association indique s’opposer à la préfecture du Rhône "à la suite de son coup de force." Dans les faits, l’association reproche à la secrétaire générale de la préfecture d’avoir refusé sa demande de subventions "en invoquant le non-respect du contrat d’engagement républicain en raison de notre 'position problématique sur la désobéissance civile'."
L’histoire remonte à 2023. À l’époque, le 12 mai, plus précisément, "la secrétaire générale de la préfecture annonçait que notre association était retirée des propositions de financement, violant ainsi toutes les procédures prévues. Malgré nos demandes, nous n’avons jamais eu d’explications sur le motif du refus", relate l’association. C’est un article de Mediapart publié en décembre de la même année qui révélera finalement les raisons de ce refus.
"La décision de la préfecture s’inscrit dans un combat idéologique et politique mené par l’État"
Action Justice Climat Lyon poursuit : "La décision de la préfecture s’inscrit dans un combat idéologique et politique mené par l’État contre les associations agissant en faveur de la justice sociale et écologique, pour l’émancipation et contre les oppressions." Et Jocelyn Moncomble, porte-parole d’Action Justice Climat Lyon, d’ajouter : "Toute proportion gardée, notre mise à l’écart de cette subvention est clairement symptomatique d’une politique de plus en plus répressive et autoritaire menée à l’encontre de celles et ceux représentant des contre-pouvoirs."
Toujours dans son communiqué, l’association assure que les raisons de cette action en justice "ne sont évidemment pas financières." "C’est avant tout une démarche symbolique, visant à rappeler aux représentants de l’État que les engagements des associations ne peuvent être dictés par un pouvoir politique et qu’aucune d’entre elles ne peut être muselée sous ce prétexte", ajoute-t-elle.
Cette affaire serait "un élément de plus attestant des restrictions directes ou indirectes imposées aux associations par le Contrat d'Engagement Républicain", déplore l’association, qui limiterait ainsi "l’exercice de droits fondamentaux, rétrécit l'espace civique et affaiblit le pluralisme démocratique." Elle conclut : "À travers cette action menée en justice, Action Justice Climat Lyon tient à rappeler que la désobéissance civile est un moyen d'action légitime, et que les associations doivent pouvoir exercer leur rôle de contre-pouvoirs en démocratie."
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