Le 4 avril 2025, le Syndicat Mixte d’Eau Potable Rhône-Sud et SUEZ ont annoncé le début des travaux pour installer un module innovant de traitement des PFAS à l’usine de production d’eau potable de Ternay (69). Cette technologie, une première en France, vise à fournir une eau de qualité à environ 170 000 usagers du Sud Lyonnais.
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L’usine de Ternay, pionnière dans la guerre contre les PFAS

Après deux ans de travaux et 4,2 millions d’euros investis, l’usine de Ternay déploie une technologie inédite en France pour traiter les PFAS et garantir une eau conforme aux nouvelles normes pour les 170 000 habitants du sud de Lyon. Reportage.

Deux énormes cuves remplies d’une eau noire saturée de charbon accueillent le visiteur. Inodore, le matériau chargé en PFAS attend d’être régénéré pour un nouvel usage. Les travaux initiés il y a un an touchent à leur fin et, après analyse des laboratoires, les résultats sont déjà là. “L’eau produite à Ternay est conforme, les courbes se sont enfin inversées”, se réjouit René Martinez, le vice-président du Syndicat mixte d’eau potable Rhône-Sud (Smep). De quoi rassurer les 170 000 habitants consommateurs, notamment à Givors, Grigny et Solaize dans la métropole de Lyon. Le site produit en effet 6 millions de mètres cubes d’eau par an, soit l’équivalent de huit piscines olympiques par jour tirées de la nappe alluviale du Rhône.

En première ligne face aux pollutions révélées au grand public en 2022, issues de la Vallée de la chimie quelques kilomètres plus au nord sur le Rhône, le réseau d’eau potable construit en 1973 comptait parmi les plus contaminés du département encore un an auparavant. En cause : les perfluoroalkylés ou PFAS, ces substances issues de la chimie de synthèse aussi appelées “polluants éternels” [lire l’encadré], dont certaines sont officiellement classées cancérogènes, que l’on retrouvait à des niveaux anormalement élevés dans l’eau du robinet des communes du sud de Lyon. Une fin de chantier aussi opportune puisque, depuis janvier dernier, pour la première fois, la loi oblige les producteurs d’eau à ne pas dépasser 0,1 µg/L sur 20 PFAS sélectionnés parmi les plus nocifs. “Nous avons été précurseurs avec ces travaux, et ce n’était pas facile de faire les bons choix tant la pression médiatique et politique était forte. Il faut se rappeler qu’au moment des premières révélations, il n’y avait absolument aucun cadre réglementaire sur les PFAS. Il a fallu tout inventer car, malgré la présence avérée de ces polluants, l’eau a toujours été certifiée conforme”, rappelle René Martinez.

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Une technologie inédite en France

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