Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, la France passe à l’heure d’été. Une habitude héritée des années 1970… qui ne rapporte aujourd’hui que quelques euros par an.
Le débat sur les effets du changement d'heure sur le sommeil est connu. Mais la vraie question est ailleurs : à quoi sert encore ce rituel ?
La réponse tient en quelques mots : à presque rien. Tout commence en 1977, au lendemain du premier choc pétrolier. Face à l'explosion du prix du pétrole, des millions de ménages chauffés au fioul ou au gaz basculent vers l'électricité. La consommation électrique s'emballe. L'État cherche des solutions pour lisser la demande. L'idée est simple : aligner les horaires humains sur la course du soleil. Moins on allume la lumière, moins on consomme. Le changement d'heure est né. Dans les années 1980, l'Europe harmonise le système : la bascule se fait le dernier dimanche de mars, et le retour, le dernier dimanche d'octobre. Une mécanique bien huilée, pensée pour un monde qui n'existe plus.
Les chiffres qui tuent le mythe
Selon les données disponibles, en 1980, l'éclairage représentait 20% de la consommation électrique d'un ménage. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé à moins de 5 % Les ampoules LED ont remplacé les incandescentes. Les objets connectés permettent de piloter chaque usage à distance. Les réflexes de sobriété se sont généralisés. Notre rapport à l'électricité a radicalement changé.
Résultat ? Le changement d'heure rapporte aujourd'hui environ 3 euros par an à un ménage français, sur une facture moyenne de 1 500 euros, soit moins de 0,15 % d'économie. Le calcul est limpide : le décalage horaire permet d'éteindre les lampes une heure plus tard pendant environ 150 soirs par an. Avec dix ampoules LED de 10 watts, cela représente 15 kWh économisés, multipliés par le prix du kWh. Trois euros. Pas davantage. Selon l'éditorialiste spécialisé en économie Nicolas Doze, le changement d'heure rapporte entre 5 et 6 euros par an à un ménage français, sur une facture moyenne de 1 500 euros. Soit 0,4 % d'économie. On ne va pas chipoter.
Des millions de personnes perturbent leur sommeil deux fois par an, les entreprises ajustent leurs systèmes informatiques, et les éleveurs regardent leurs animaux désorientés pendant une semaine.
En 2009, dernière année chiffrée de référence, la mesure avait permis d'économiser, selon l'Ademe, 450 GWh, 0,07 % de la consommation électrique nationale totale.
Trois euros. Cinq euros. C'est tout. Pour ce gain dérisoire, des millions de personnes perturbent leur sommeil deux fois par an, les entreprises ajustent leurs systèmes informatiques, et les éleveurs regardent leurs animaux désorientés pendant une semaine.
La question n'est plus de savoir si le changement d'heure fonctionne encore. C'est de comprendre pourquoi, malgré tout, il persiste.
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