Mort de Quentin Deranque à Lyon : une enquête criminelle ouverte pour homicide volontaire

Cinq jours après le décès de Quentin Deranque, le procureur de la République de Lyon annonce qu'une enquête pour "homicide volontaire" a été ouverte.

Lundi 16 janvier, le procureur de la République de Lyon a apporté des précisions concernant la mort de Quentin Deranque, passé à tabac en marge d'une conférence donnée par la députée européenne LFI Riam Hassan, à Sciences Po Lyon. Lors d'une conférence de presse exceptionnelle tenue au tribunal judiciaire de Lyon, Thierry Dran a affirmé qu'une enquête criminelle avait été ouverte pour des chefs d' "homicide volontaire" et pour "violences aggravées par trois circonstances : cagoulés, masqués et porteurs d'armes" et "association de malfaiteurs dans l’intention de commettre un délit".

L'autopsie de Quentin Deranque a révélé des blessures à la tête, un traumatisme crânio-encéphalique majeur et une fracture temporale droite à la tête : "Les experts ont conclu que ces lésions étaient au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles", a indiqué le procureur. "En conséquence, une enquête criminelle pour des chefs d'homicide volontaire a été ouverte."

L'enquête a été confiée aux services de police de Lyon, qui, selon le procureur auraient "effectué de très nombreuses investigations". Une quinzaine de témoins auraient été auditionnés, tandis que les analyses vidéos sont en cours : "A ce stade, l'enquête cherche à identifier l'ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant sur des éléments recueillis lors des investigations de police, puis des interpellations seront menées", a indiqué Thierry Dran.

Frappé par "au moins six individus"

Dans son récit des faits, le procureur de la République de Lyon a indiqué que Quentin Deranque faisait partie des "amis" des militantes du collectif d'extrême droite Nemesis, réunies à proximité de Sciences Po Lyon pour dénoncer la venue de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan. Reconnu comme militant nationaliste, Quentin Deranque aurait été appelé par les militantes pour "les protéger en cas de violence", mais serait "resté à l'écart", malgré les débordements survenus lors du "happening", où, selon Nemesis, une militante aurait été étranglée et une autre frappée au sol par des militants d'extrême-gauche.

C'est plus tard, vers 18 h, que Quentin Deranque et plusieurs autres individus auraient été  "pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués, cagoulés", rue Lagrange (5e). Si une majeure partie du groupe aurait réussi à s'enfuir, trois personnes, dont Quentin, se seraient retrouvées isolées et frappées par plusieurs individus : "Quentin était alors jeté au sol, puis frappé à de très nombreuses reprises par au moins six individus", a précisé le procureur.

Quelques minutes plus tard, un ami du jeune étudiant aurait retrouvé Quentin "encore conscient" et "pouvant même s'exprimer". Il aurait décidé de le ramener chez lui. Sur le chemin, l'état de Quentin se serait dégradé, forçant ses amis à appeler les secours sur le quai Fulchiron (5e). Immédiatement pris en charge avec un pronostic vital engagé, l'étudiant de 23 ans est finalement mort de ses blessures samedi 14 février à 12 h 25.

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