Jugé à Lyon, un homme de 50 ans est accusé d’avoir tué son ex-compagne en 2022 devant leurs enfants, malgré un contrôle judiciaire et un téléphone grave danger.
Un homme de 50 ans accusé d'avoir tué son ex-compagne à l'arme blanche en 2022 devant trois de leurs enfants est jugé de mercredi à vendredi devant la cour d'assises du Rhône à Lyon. La victime, âgée de 33 ans, a été mortellement poignardée et égorgée le soir du 8 mai 2022, devant sa maison à Grézieu-la-Varenne, à l'ouest de Lyon, sous les yeux de ses trois filles et de l'une de leurs amies, selon des documents dont l'AFP a eu connaissance.
La police, alertée par des voisins pour des faits de violences conjugales, a trouvé le corps de la victime portant des plaies profondes et importantes au niveau du cou et du ventre et d'autres à la poitrine, au ventre et aux bras.
L'autopsie a relevé 54 plaies sur le corps, certaines ayant pu être causées par un marteau, d'autres par un objet tranchant d'au moins 15 cm, autour du cœur et à la gorge, selon ces mêmes documents. Soupçonné du meurtre, son ex-conjoint, père de cinq enfants dont quatre avec la victime, s'était rendu à la police dès le soir des faits. Il est depuis en détention provisoire.
Contrôle judiciaire non respecté
La victime a été tuée alors qu'elle était équipée d'un téléphone "grave danger", qu'elle avait déjà porté plainte à de multiples reprises contre son ex-conjoint qui faisait l'objet d'un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre à Grézieu-la-Varenne ou d'entrer en contact par quelque moyen que ce soit avec la victime.
En outre, il avait déjà été condamné deux fois pour des faits de violences sur une autre ex-conjointe, d'abord en 2007 à 3 mois de prison avec sursis, puis en 2008 à un an avec sursis, révoqué en juin 2009. Il avait purgé sa peine avant de sortir de détention en décembre 2010. Au moment du meurtre, l'accusé était placé sous contrôle judiciaire depuis mars 2022 pour des violences sur la victime et avait interdiction d'entrer en relation avec elle.
Le parquet de Lyon avait saisi le juge des libertés en avril 2022, demandant la fin du contrôle judiciaire et son placement en détention provisoire. Le juge avait refusé, renforçant à la place le contrôle judiciaire d'une interdiction de se rendre dans plusieurs villes où la victime et sa famille résidaient et d'une obligation de fixer sa résidence chez sa mère à Vaulx-en-Velin.

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