Depuis octobre, la pension de familles Servient, gérée par Habitat et Humanisme accueille des personnes isolées ou en situation de précarité dans 21 logements individuels à petits prix.
En octobre dernier, le bâtiment de l'ancienne école "Immaculée conception" du 44 rue Servient à Lyon s'est transformé en un lieu d'accompagnement, géré par l'association Habitat et Humanisme. Inaugurée jeudi 5 février, la pension de famille Servient accueille désormais 21 personnes en situation d'isolement et de grande précarité dans des logements individuels : "L'objectif c'est vraiment d'apporter le soutien nécessaire à ces personnes qui viennent souvent de la rue, de leur permettre d'avoir un lieu sûr et de prendre soin d'eux", explique Antonina, responsable de la pension.
En plus de leur logement individuel équipé d'une cuisine, d'un lit et d'une salle de bain, les résidents ont également accès à 80m2 d'espaces communs, dont une cuisine, une salle partagée, des bureaux, une buanderie et un jardin. La vie collective est animée par la présence quotidienne d’une équipe de salariés et de bénévoles : "Nous réfléchissons avec les habitants, puis nous organisons des sorties et des activités tous ensemble", indique Antonina. Des parcours de soin sont également proposés pour les personnes qui en ressentent le besoin.
"Ici je retrouve de l'indépendance, de l'intimité"
Nicole, 51 ans, est l'une des premières à s'être installée dans la pension de famille Servient. Après s'être retrouvée à la rue suite à sa sortie d'incarcération, la cinquantenaire a pu être placée dans un T1 par son assistante sociale en octobre dernier. L'occasion pour Nicole de retrouver un peu de stabilité et d'intimité, après avoir voyagé de foyer en foyer : "J'ai fait une cure il y a deux ans, mais arrivée en foyer je me suis remise à boire parce que c'était un endroit qui ne me convenait pas", explique l'ancienne alcoolique. Après cette expérience en foyer, Nicole alterne entre nuits à la rue et nuits à l'hôtel, qu'elle réussit à se payer grâce à son job en tant qu'agent d'entretien : "Je ne mélange pas vie personnelle et professionnelle, donc j'allais travailler, mais personne ne savait que j'avais dormi à la rue", se souvient la cinquantenaire.
Mais depuis octobre, Nicole a pu retrouver un peu de stabilité grâce à la pension de famille. Le nouveau logement individuel offre à la cinquantenaire un lieu calme, où se reposer : "Ici je retrouve de l'indépendance, de l'intimité ça fait du bien, le soir je peux rentrer et regarder tranquillement un film", confie Nicole.
Des personnes de "tous âges"
En dehors de ces temps calme, la cinquantenaire travaille ou passe du temps avec les autres habitants de la pension : "Nous avons des ateliers collectifs, nous avons aussi un repas partagé dans la semaine, ça nous permet de recréer du lien", se réjouit-elle. Elle poursuit sourire aux lèvres : "La semaine nous nous rejoignons dans les espaces communs pour discuter de tout et de rien, pour rigoler, ça nous permet de nous changer les idées." La pensionnaire confie qu'un potager collectif sera bientôt créé dans le jardin du bâtiment : "Nous allons aussi avoir des ateliers de médiation avec des animaux", explique-t-elle en espérant que l'activité ne tombe pas pendant ses heures de travail.


Comme elle, 20 autres résidents en situation de précarité logent au sein de la pension : "Il y a vraiment des personnes de tout âge et de tous profils", souligne Antonina. Si certains travaillent et d'autres non, tous payent leur loyer sur la base d'une redevance calculée à partir de leurs aides, assorti d'un forfait toutes charges comprises de dix euros par mois.
Sur le plan financier, l'investissement a été rendu possible par une aide à la pierre de 270 000 euros accordée par l'État en 2021 pour 23 places en PLAI, complétée par un soutien de la Métropole de Lyon à hauteur de 231 000 euros. La Ville de Lyon a également apporté un soutien avec une subvention de base de 21 000 euros et une aide exceptionnelle de 100 000 euros. L’Entreprise des Possibles a également participé au financement des aménagements et des équipements à hauteur de 56 000 euros.
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