Alors qu'une violente rixe a eu lieu devant une maison squattée du quartier de Montchat, dans la nuit de lundi à mardi, les riverains se disent de plus en plus inquiets quant à la situation. Si la préfecture confirme qu'une procédure d'expulsion a été lancée, le propriétaire de la maison témoigne des difficultés rencontrées.
C'est l'un des quartiers réputés les plus tranquilles de Lyon. Montchat, dans l'Est de la ville, à la limite avec Villeurbanne et Bron, est d'ordinaire calme. Quartier résidentiel et familial, il est, depuis quelques mois, en proie à une recrudescence de nuisances au coin du boulevard Pinel et du cours Richard Vitton. Dernier épisode en date :une violente bagarre qui a éclaté dans la nuit de lundi à mardi devant une maison squattée.
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"La situation a commencé à dégénérer un peu après 21h" raconte Julien, habitant du quartier qui avait déjà témoigné pour Lyon Capitale il y a quelques jours. "Il y a visiblement deux personnes extérieures au squat qui sont arrivées, l'une avec une hache, l'autre avec une carabine à plomb." S'en est suivi un déchaînement de violence entre les deux groupes et une violente rixe qui a blessé trois personnes légèrement. Selon nos informations, quatre individus auteurs des violences, dont ceux coupables d'avoir tiré au plomb, ont été interpellés après l'intervention de la BAC et de la compagnie départementale d'intervention (CDI). Si la nature du différend n'est pas connue, il pourrait s'agir d'un règlement de compte pour des questions d'argent entre deux étrangers en situation irrégulière de nationalité algérienne et la communauté rom occupant la maison.
"Nous avons peur pour nos enfants" reprend Nicolas, un autre riverain de la rue, témoin lundi soir de la scène. "J'ai entendu beaucoup de bruit, ce qui est devenu habituel ces derniers mois malheureusement. Mais par la suite j'ai entendu des coups de feu et j'ai vu un homme courir avec un fusil" complète-t-il. "C'est parti complètement en vrille" confirme Julien qui explique que les pompiers ont été pris à partie par les belligérants avant l'intervention des forces de l'ordre.
"La préfecture ? Ce sont des menteurs"
Si la préfecture indiquait la semaine dernière n'avoir "pas reçu de signalement" pour le squat en question ni recenser "d'activité de délinquance significative dans un rayon de 250 mètres autour du cours Richard Vitton", les services de l'Etat précisent finalement, ce mardi 3 février à Lyon Capitale, que des personnes d'origine roumaine ont bien été signalées dans ce squat et qu'une procédure d'expulsion a été entamée par les propriétaires de la maison.
"La préfecture ? Ce sont des menteurs d'oser dire la semaine dernière qu'ils n'étaient au courant de rien" estime Jean-Pierre Lenot, co-propriétaire avec ses frères de la maison squattée. Le bâtiment qui appartenait à leur mère est inoccupé depuis juillet 2023. "Après le décès de notre maman en 2022, nous avons d'abord mis en location le logement. Puis en 2023 nous avions signé avec un promoteur immobilier qui devait racheter plusieurs maisons dans le coin" complète Jean-Pierre Lenot. Projet qui n'a finalement pas abouti. "En juillet 2023, nous avions donné congé à notre locataire et débarrassé la maison. Mais elle a été squattée dès le mois d'octobre 2023, d'abord par quelques individus, avant que les personnes actuelles ne viennent prendre possession des lieux courant 2024". Des familles d'origine roumaine qui pourraient avoir été déplacées d'un campement illégal évacué en mai 2024 route de Genas, à quelques encablures de là.
Une procédure d'expulsion en cours
A l'heure actuelle, selon nos informations, il y aurait une trentaine de personnes à l'intérieur du logement. "A priori, ils ont tout cassé à l'intérieur. Mais on ne peut pas en avoir le cœur net car on ne peut plus s'approcher de notre propre maison" reprend le propriétaire, dépité. "Dès qu'on s'approche, même pour prendre des photos, ils se montrent menaçants".
Depuis octobre 2025 le dossier est entre les mains d'un commissaire de justice qui a lancé une procédure d'expulsion. La plainte concernant le squat de cette maison de 250 m2 découpée en plusieurs appartements date elle d'octobre 2023, lors de la découverte de la première occupation par les propriétaires. "On a voulu déposer une nouvelle plainte récemment mais on nous a répondu au commissariat qu'étant donné qu'on avait cette première plainte de 2023 qui était encore en cours, on ne pouvait pas en déposer une nouvelle".
"Aujourd'hui, le commissaire de justice attend la décision du préfet pour expulser les occupants. Mais on lui a fait comprendre que dans le contexte politique actuel, avec les élections municipales qui approchent, ça risquait d'être compliqué" avoue Jean-Pierre Lenot. Relancé à ce sujet, la préfecture affirme ne pas avoir d'information à communiquer concernant la procédure d'expulsion en cours.
Désormais engagé avec un deuxième promoteur qui doit acquérir sept autres maisons dans le quartier, le propriétaire du bâtiment squatté espère pourtant que les choses vont s'accélérer dans les prochaines semaines : "Normalement on a une deadline jusqu'à mars 2026 pour signer définitivement la vente avec le promoteur immobilier, on espère que d'ici là la situation se sera améliorée". Et tout le quartier de Montchat avec, qui espère aussi retrouver rapidement sa tranquillité.

En 3 mandats, socialo libéraux et un mandat municipal écolo. la dérive est flagrante. Toute le pays, pas que la métropole !