Depuis l'Iran où il s'est rendu pour soutenir sa famille, l’entraîneur du club de Lyon Saint-Priest Lutte, Meisam Amini, continue de former ses élèves à distance.
En juillet dernier, l’entraîneur du club de Lyon Saint-Priest Lutte, Meisam Amini, affirmait, plein d'espoir dans les colonnes de Lyon Capitale, vouloir "organiser des stages d’entraînement entre les lutteurs de Lyon et des lutteurs iraniens de haut niveau". Plusieurs mois plus tard, la vie semble malheureusement en avoir décidé autrement.
Alors que la situation reste instable en Iran après des manifestations contre le régime des mollahs très durement réprimées, Meisam Amini a décidé d’écourter son stage de lutte afin de rejoindre ses proches et de mettre ses élèves en sécurité. Sur place, le Lyonnais d’origine iranienne témoigne avec le cœur lourd.
Depuis le 28 décembre, le peuple iranien se soulève contre le régime religieux en place à la tête de l'Iran. Si le prix de l'essence avait mis le feu aux poudres, les Iraniens se révoltent de manière plus générale face à l'oppression du peuple et notamment face à celle des femmes. Un récent bilan fait état de 30 000 morts au cours des manifestations réprimées par le Corps des gardiens de la révolution islamique.
"Mon seul souhait est que mon pays retrouve la paix"
Ancien vice-champion du monde et double champion d’Asie de lutte, l’Iranien de 41 ans a préféré mettre un terme à son stage de lutte en Arménie pour se rendre auprès de sa famille, au Nord de Téhéran : "Quand je suis arrivé en Iran, j'ai vu que les rues étaient très mouvementées, les rassemblements étaient intenses, j'entendais des bruits de balle qui provenaient de partout", témoigne Meisam Amini. Il poursuit : "A ce moment-là tout internet était coupé, même les téléphones ne fonctionnaient plus, il était impossible de communiquer."
Aujourd'hui, si la situation s'est calmée, le climat reste instable en Iran : "L'ambiance reste incertaine à cause des sanctions qui planent et de la menace de guerre qui désoriente tout le monde", affirme l'Iranien. Il poursuit : "Les prix des marchandises ne cessent d'augmenter, nous sommes dans une sorte d'état de guerre, j'espère que la situation va vite se rétablir".
Face à la situation chaotique de son pays, l'athlète souhaite partager un message de paix : "En tant que sportif de haut-niveau, en tant qu'homme, mon seul souhait est que mon pays retrouve la paix et la stabilité, mon seul espoir est de voir un Iran où chacun se sente épanoui et en sécurité." Si l'athlète affirme "ne pas avoir la compétence pour commenter des décisions politiques et diplomatiques", il espère néanmoins obtenir le soutien d'autres pays : "Je souhaite que le monde ne reste pas indifférent à la souffrance humaine, nous attendons de la solidarité, de l'écoute et un soutien aux valeurs de paix."
"Le sport crée des liens qui vont bien au-delà de la compétition"
En parallèle, et malgré la situation, l'entraîneur du club de Lyon Saint-Priest, continue de suivre ses athlètes : "Malgré la distance, mon esprit est totalement tourné vers mes projets sportifs pour mes élèves à Lyon (...) Je continue de leur donner des programmes et je suis leurs progrès de près", affirme Meisam Amini.
Alors que l'entraîneur prévoyait d'organiser un stage d'entraînement commun avec ses élèves lyonnais et des champions du monde iranien, les projets doivent être revus, mais Meisam Amini ne perd pas espoir : "Actuellement je dois gérer la situation différemment et réadapter mes plans, mais je reste focalisé sur le projet et sur leur réussite", insiste l'athlète. Ses élèves lyonnais, eux, lui apporte du soutien à distance, une force pour Meisam : "C'est dans ces moments-là que l'on réalise que le sport crée des liens qui vont bien au-delà de la compétition", affirme-t-il reconnaissant avant de conclure : "C'est leur soutien qui me donne la force de tenir."
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