LA TERREUR DES RESTAURATEURS

Entre autres événements organisés : la nuit du Petit Paumé, jeudi soir et sa distribution, gratuite, place Bellecour, samedi. Rencontre avec une équipe de jeunes critiques qui donnent des sueurs froides à certains chefs lyonnais.

Ils ont entre 20 et 23 ans, des bouilles d'étudiants, et la tchatche de futurs commerciaux. Qui ? L'équipe du Petit Paumé. Un guide devenu une institution à Lyon pour qui veut trouver des bons plans en ville. Edité par l'une des plus grandes écoles de commerce française, l'EM Lyon , cette bible est entièrement imaginée, portée et rédigée à partir du local de l'"asso'" du Petit Paumé, située dans les bâtiments de l'école de commerce implantée à Ecully. Des bureaux à l'image d'une piaule d'étudiants, où traînent papiers, magazines, cannettes et ordinateurs. Le tout donnant une ambiance faussement décontractée à ce temple de la critique lyonnaise. Ne vous méprenez pas, si ces visages sortis de l'enfance vous rappellent avec mélancolie ces années passées à écumer les bars plutôt que les bancs de la fac, ils donnent bien des soucis à certains des plus grands patrons de restaurants lyonnais.

"Une bonne critique d'un restaurant dans notre guide", explique Pierre-Marie Simon, boucles blondes, jean délavé et sourire au coin, "c'est 15 à 30 % de chiffre d'affaire en plus !" Ou en moins. Alors certains Chefs de la restauration n'en dorment plus la nuit, ou jouent la carte de la malhonnêteté : "Certains pensent qu'une pub achetée dans Le Petit Paumé équivaut à une bonne critique, raconte Pierre-Marie. Ils nous mettent la pression ou nous prennent de haut pour avoir un œil sur ce qui va être écrit !" Des leçons que les jeunes gens ne sont pas prêts à avaler : "Parce que nous travaillons comme des professionnels, souligne Marie, chargée de la communication du Petit Paumé. Les personnes en charge de vendre les espaces publicitaires pour telle ou telle rubrique ne vont pas critiquer les établissements de la rubrique en question." Un principe auquel tous sont attachés afin de préserver leur indépendance. Et à Antoine d'ajouter : "Personne à Lyon ne pourra jamais égaler le Petit Paumé, tout simplement parce que personne ne peut se permettre de tester tous les établissements lyonnais tous les ans." Pour preuve de la qualité de leur travail, ils précisent que "les tests se font toujours deux fois lorsque l'on doit attribuer un RPP (Recommandé par le Petit Paumé, l'équivalent des trois étoiles du guide Michelin !) ou écrire une mauvaise critique." Ils ont l'air fier de la tâche accomplie cette année, mais surtout ravis de leurs expériences : "J'ai testé 5 karaokés en deux semaines, lance Pierre-Marie. Et j'ai vraiment donné de ma personne. J'ai chanté à chaque fois et pris 5 cuites mémorables." Preuve d'une forte implication et d'une grande part d'investissement personnel ! Avec la sortie d'un guide à leur image, toujours drôle, rarement ennuyeux et chaque année, différent. "Liberté, créativité, Petit Paumé !" s'amuse Pierre-Marie. "Mais que les patrons d'établissements se rassurent, concède-t-il, il devrait y avoir plus de satisfaits que de mécontents pour cette édition 2008 !" Suspens jusqu'à mardi, date à laquelle est distribué le guide, en avant-première, aux différents annonceurs. Les autres attendront samedi.

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