Free Mobile : quel opérateur pourrait disparaître ?

Evoluer ou s’éteindre, alors que la pression monte un peu plus chaque jour, Orange, SFR et Bouygues attendent l’arrivée de Free pour contre-attaquer. L’ARCEP ayant donné son feu vert mardi 13 décembre, le lancement est imminent. Cette fois-ci pas d’entente possible sur les prix comme ce fut le cas entre 1997 et 2003 et qui valut une condamnation des trois historiques en 2008. Les trois vont-ils tous survivre au bouleversement qui se prépare ? Quels opérateurs pourraient disparaître sur le moyen terme ?

Les opérateurs français "n’ont toujours rien fait, ils ont micro-baissé leurs prix de quelques pourcents, ce n’est pas raisonnable. Faut y aller pour de vrai, faut vraiment baisser vos prix. On va arriver vite, ce week-end réfléchissez. Créez des plans de marketing agressifs, comme ça vous avez peut-être une chance d’exister." Au micro d’ITespresso, Xavier Niel patron de Free n’y va pas avec le dos de la cuillère. Alors que beaucoup pensaient que les trois opérateurs avaient su réagir en baissant légèrement leur prix et en proposant des offres low cost tout illimité à moins de 40 euros, le trublion du net enfonce le couteau dans la plaie et prédit une possible disparition de ceux qui seraient incapables d’évoluer. Effet d’annonce ou nouvelle provocation, la phrase laisse présager des prix particulièrement agressifs. Xavier Niel a une nouvelle fois affirmé que les prix seraient divisés par deux. Dès lors, doit-on attendre des forfaits tout illimités à moins de 20 euros ? Les opérateurs pourront-ils survivre alors qu’ils proposent pour le même prix des forfaits une heure ? Quel est l’opérateur le plus menacé ?

Orange : Papi fait de la résistance

Fort de son image d’opérateur historique, Orange capitalise sur son côté accessible et ses boutiques disséminées dans toutes les villes. Représentant indiscutablement la marque qui rassure et qui a su faire ses preuves sur le long terme, l’entreprise peut compter sur son excellent réseau, qui reste encore aujourd’hui le 1er en qualité de service. 99 % de la population est couverte en EDGE, 97 en 3G. Par ailleurs, les débits sont globalement de très bonne qualité. Un argument qui est aussi valable pour Free, qui bénéficiera du réseau de l’opérateur dans les zones non couvertes par ses propres antennes.

Plusieurs éléments jouent en défaveur d’Orange. Sa grille tarifaire est compliquée et ne permet pas d’avoir un forfait complet sans avoir recours aux options. Le jeu des vases communicants où lorsque l’on rajoute un service, un autre s’enlève, oblige à faire des concessions si l’on souhaite rester dans des tarifs contenus. L’offre Open couplée à un abonnement internet ne facilite pas la compréhension. Enfin, l’offre Sosh « assumé par Orange » rajoute un peu plus de complexité à l’ensemble. Bien que vendue à l’origine sans mobile, elle dessert les autres forfaits qui en deviennent encore plus chers lorsque l’on compare l’ensemble des propositions de l’opérateur. Enfin, les plus technophiles regretteront des mobiles subventionnés vendus avec surcouches opérateurs qui nuisent grandement à l’expérience d’utilisation ainsi que l’absence de certains appareils comme le Galaxy Nexus S dans le catalogue. Enfin, la présence de Christine Albanel, Madame Hadopi, à la direction de la communication du groupe pourrait bien pousser plus d’un abonné à fuir chez Free qui s’est toujours attaché à maintenir, en apparence, une image d’opérateur "rebelle".

Risque de disparition d’Orange : très faible, l’opérateur historique devrait passer le cap en jouant sur son image rassurante.

SFR : l’innovation technologique comme salut

Dynamique et technophile, SFR a su vendre les mobiles derniers cris au bon moment. Bien qu’il ait au début laissé passer l’iPhone d’Orange, il s’est rattrapé sur les appareils Android. L’entreprise n’hésite pas à innover, quitte parfois à le faire trop tôt à l’image des boitiers Femtocell qui permettent d’avoir une mini-antenne relais chez soi pour bénéficier d’une couverture optimale. Free pourrait utiliser la même technologie dès son lancement. Par ailleurs SFR consolide son image en lançant une carte sim écologique en papier et va installer des espaces de vente dans 80 magasins Fnac. Comme Orange, l’entreprise bénéficie d’un excellent réseau, ainsi que de très bons débits en internet mobile. L’offre multi-packs permet de réaliser des économies lorsque l’on souscrit à plusieurs forfaits mobiles, ce qui peut être pratique pour une famille ou une entreprise. L’opérateur n’a pas lancé d’offre Low Cost tout illimité pour l’instant, lui permettant de réagir directement sans se renier. Par ailleurs, SFR vient de modifier dans le bon sens les bonus accordés en cas de fidélité, n’hésitant pas au passage à écorner les anciennes pratiques dans l’une de ses publicités.

Néanmoins, la stratégie est risquée puisqu’elle sous-entend clairement que le consommateur a été pris pour un idiot durant de longues années. SFR a utilisé ces mêmes pratiques et ne peut les faire oublier d’un coup de baguette magique. Là encore, la multiplicité des formules et forfaits perd le consommateur qui ne sait plus où donner de la tête. Enfin, les technophiles risquent de se tourner vers Free qui a su maintenir son image de pionnier capable d’innover. Sa Free Revolution est parvenue à éclipser définitivement la neuf box révolution pourtant sortie seulement quelques semaines avant elle.

Risque de disparition de SFR : minime mais pas impossible, l’opérateur jouera certainement la baisse des prix et misera sur les innovations technologiques

Bouygues Telecom : futur quatrième ?

Auréolé parfois d’une mauvaise image souvent encouragée par des idées reçues plus ou moins vraies, Bouygues fut pourtant à une époque à la place de Free. Lors de son arrivée en 1994, l’opérateur a pratiqué une tarification plus attractive et a lancé la mode des forfaits avec appels illimités le week-end (le fameux Millennium) ainsi que le quadruple play. Par ailleurs, Bouygues est numéro 1 de la relation client mobile depuis 5 ans et ne manquera pas de le mettre en avant face à Free. Bouygues fait régulièrement des efforts en matière de prix et a dernièrement lancé la formule B-and-You qui permet d’avoir tout illimité à moins de 40 euros et a déjà baissé ses prix pour s’adapter au marché.

Pourtant malgré ces efforts, le réseau reste aujourd’hui aléatoire, les débits en ville ne sont pas toujours très bons et demeurent régulièrement inférieurs à ceux de SFR et d’Orange. Ce printemps 2011, un blogueur a prouvé que Bouygues bridait la connexion 3G de certains de ses abonnés, les empêchant de télécharger des fichiers de plus de 10 Mo. Bien que l’information fût rajoutée dans les conditions générales de vente, elle contribua à donner une mauvaise image à l’opérateur. Enfin, en 2004, Martin Bouygues avait affirmé à propos des opérateurs virtuels : "Le château m’a coûté une fortune, ce n’est pas pour que des romanichels viennent s’installer sur ma pelouse". Or lorsqu’on clique sur le site www.free.fr/mobile une étrange photo fait écho à la remarque du patron français. Enfin, Bouygues reste l’opérateur avec le moins d’abonnés. Seulement 11 millions, soit près de la moitié de SFR, ou le quart d’Orange.

Risque de disparition de Bouygues : possible, cassera sûrement les prix pour survivre

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3 commentaires
  1. romain blachier - 19 décembre 2011

    Disparition non. Mais gâteau moins gros oui. Bouygues a une mauvaise image pas seulement pour un réseau qui aujourd'hui est moins pire qu'il ne le fut mais pour des bugs réguliers.Pour ce qui est des profits réalisés, le bénéfice est suffisamment grand pour 4 opérateurs.Dans nombre de pays c'est 3,4, 5 opérateurs qui jouent. Lorsque vous voyez que Orange peut vendre des forfaits à 100/120 euros tout en faisant son sav dans les pays de l'est, rien à craindre pour leur avenir trop gourmand.

  2. romain blachier - 19 décembre 2011

    j'oubliais: le point de guerre va de moins en moins être la voix mais la quantité de débit web dispo. Sosh est peut-être pas cher de même que B and You mais rogne sérieusement sur le web en proposant 1go la où Orange en propose 2

  3. jeanrace - 20 janvier 2012

    Le coup était à prévoir!!! Encore une fois pour justifier des baisse de marge on tape sur la masse salariale... C'est triste mais on ne pourra pas faire porter le chapeau à Free mobile qui aura permis de faire baisser les prix. Les opérateurs licencient car sinon ils ne peuvent plus autant engraisser leurs actionnaires. Sérieusement certains opérateur ne savent vraiment plus quoi faire pour ne pas se noyer!Ils sont comme perdus au milieu de l’océan et se débattent sans savoir ou aller pour sauver la face et leur entreprise. VIVE FREE et merci à monsieur Niel! Enfin on explique aux Français que de dissocier le prix d'acquisition du téléphone et celui du forfait permet de mieux gérer et connaitre ses coûts! Du coup avec un forfait commandé à15.99€ je me suis fais plaisir, je me suis commandé un Samsung galaxy S2 pour 220€en état quasi neuf sur e-telmobile.com Fini les embrouilles!

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