Alper Irmak : " Deux collections à venir et une surprise pour les filles "

Autoproclamé self-made-man de la mode et habilleur notoire des joueurs de l'O.L et d'artistes en vogue (Clément Bonelli, DJ Pistone, DJ Ralph, Discobitch), ce designer à la fois hype et réaliste, a présenté sa collection 2008-2009 il y a quelques semaines. L'occasion idéale pour Lyon Capitale de recueillir les impressions et les envies futures de ce jeune créateur. Rencontre.

Lyon Capitale : Vous n'avez que 25 ans et déjà deux collections et une marque à votre nom. Comment cette fulgurante ascension dans l'univers de la mode a-t-elle commencée ?

Alper Irmak : Fulgurante ascension, le mot est fort. Mon parcours, c'est surtout du travail et la connaissance du métier. A 17 ans, je suis tombé dans la marmite, j'ai été dix ans dans le prêt-à-porter de luxe. Il y a eu quelques années galères mais je me suis accroché.

Vous n'avez donc pas suivi d'études de mode ?

Non, j'ai tout fait en autodidacte, je suis un self-made-man. J'ai eu un BEP comptabilité, d'abord et tout s'est enchaîné avec de la volonté.

Qu'est-ce qui vous inspire lorsque vous créez ?

Le cinéma. Je suis très cinéphile. Dans les films, je cherche des anciennes silhouettes, des couleurs, des coupes. La musique aussi, j'y insère des slogans pour mes vêtements.

Quels sont vos couturiers modèles ?

Les frères Dean et Dan Caten qui ont crée leur marque Dsquared². Hédi Slimane, aussi et surtout, c'est l'homme de Dior. Ce sont deux couturiers dans mes codes.

D'habitude, les jeunes designers ne jurent que par Galliano, McQueen, Kawabuko, Westwood...

C'est juste mais ce n'est pas mon cas. Je trouve par exemple que Galliano fait " n'importe quoi " maintenant. J'admire surtout Hédi Slimane, il est l'homme qui m'a donné envie de m'habiller, il est le meilleur créateur au monde. Il a la même corpulence (fluette) que moi et a inventé des habits simples, j'ai eu envie de faire pareil.

Le 20 novembre dernier, vous avez présenté votre collection 2008-2009 au Sound Factory. Comment s'est passé le défilé ? Avez-vous eu de bons échos ?

J'ai atteint mon pari : 250 invités. L'accueil était uniquement positif. Les échos de la presse et des invités étaient bons, j'ai reçu beaucoup d'éloges. Le seul hic, c'est qu'on a été pris de court. Les gens auraient aimé en voir davantage.

On dit souvent de vos créations qu'elles sont 'fashion' et 'sport-chic'. Cette nouvelle collection est-elle autant connotée urbaine ?

Urbaine, fashion, ce ne sont pas des termes que je conçois, c'est une étiquette et ce n'est pas vendeur. Je veux avant tout faire des vêtements de mode mais faciles à porter. Des vêtements qui restent dans la confidentialité, avec des finitions, du détail et qui ne soient pas cheap.

Vous n'avez pas encore de boutique à votre nom, le projet est-il en route ?

Pas du tout, je veux continuer à viser les boutiques en ligne, sortir de Rhône-Alpes et attaquer le territoire national. Je ne veux pas mettre la charrue avant les bœufs. Pour avoir sa boutique, il faut avoir les épaules larges, l'image seule ne compte pas. Si ça doit se faire, la demande doit être plus importante que l'offre.

Aux Etats-Unis, l'émission Project Runway donne une chance à de jeunes designers, de se faire connaître et de créer au final une ligne de vêtement. Qu'en pensez-vous ? Auriez-vous fait l'émission ?

Je ne connaissais pas et je ne l'aurais pas fait, je pense. Je n'aime pas la mentalité et la censure américaine dans la mode. Je suis un self-made-man, je veux construire mon nom tout seul. La télé-réalité donne une mauvaise image et c'est souvent éphémère. Moi, je veux y aller à la force du poignet. Je continue dans ma politique.

Et vos futurs projets ?

Mes deux premières collections à 5 000 pièces sont en rupture de stock. Ma troisième collection est prête et la quatrième est en préparation et sera bientôt finalisée. J'ai également une surprise pour les filles sur le site marchand. J'ai reçu une demande exceptionnelle de leur part. Je travaille en ce moment sur des modèles féminins. Ce n'est pas plus difficile, il suffit de trouver les bonnes coupes.
Ma plus belle aubaine depuis qu'Irmak existe, c'est Fabio Grosso (Ndlr : joueur à l'OL). Il a choisi lui-même les collections Irmak, j'ai été très flatté. J'ai envie de continuer comme ça et de ressentir ce genre d'émotions.

Plus d'infos : http://www.irmakcollection.com/

à lire également

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut