Les vérités de Réveillère

Le défenseur de l'OL met les choses au clair. Interview.

A l'issue du match Lyon-Monaco, vous aviez déclaré avoir " certaines vérités à rétablir "...

Des vérités sur ce que l'on a pu dire ou écrire concernant ma reprise. Je ne suis pas allé chercher un papier à la médecine du travail, ni donner de l'argent pour en obtenir un. J'ai tout simplement passé une visite médicale, à Tola-Vologe, le même jour que Mathieu Bodmer et François Clerc. J'ai laissé parler les gens. Mais cela ne m'a pas perturbé. J'avais autre chose à penser et à faire par rapport à mon genou, même si je comprends les sceptiques.

Comment avez-vous pris votre décision ?

Trois jours avant l'opération, j'ai passé une IRM et j'avais noté une amélioration. Je suis allé courir quatre fois au parc de la Tête-d'Or, camouflé. A partir du moment où la rupture n'était pas totale, c'est qu'il y avait un ligament qui avait encore une fonction. Or, il fallait que l'opération soit indispensable. J'aurais pu me faire mal, mais ça s'est bien passé. J'ai discuté avec le professeur Moyen et fait le " test du tiroir ". En France, on a le droit de ne pas se faire opérer. Une amélioration était en vue et nous sommes partis sur un programme de rééducation.

Aviez-vous peur de l'opération ?

J'ai entendu cela, mais pas du tout. Ce n'est pas que je n'étais pas prêt pour affronter l'intervention chirurgicale. C'était surtout le fait de me dire que l'opération n'était pas indispensable.

Aviez-vous fixé une date pour votre retour ?

Je m'étais donné trois mois. Dans les programmes de renforcement musculaire, dans la préparation physique, j'aurai voulu que ça aille plus vite. De temps en temps, on me freinait parce qu'on n'avait pas de repères face à un joueur non opéré. Mais j'ai patienté, et j'ai agi par rapport à mes sensations.

Quelles ont été vos relations avec le club ?

J'ai joué carte sur table avec les médecins et le reste du staff. Nous avons essentiellement discuté sur le risque de rechute. J'ai toujours veillé à ne pas les impliquer dans ma décision, en cas de nouveau pépin. J'ai 29 ans, je suis père de famille, j'ai toujours assumé mes choix, même si ça peut paraître fou. Dans le milieu amateur, ces cas là existent, mais les risques financiers sont moindres. A notre niveau, les joueurs ont une valeur marchande. J'étais prêt à signer des décharges auprès du personnel médical du club, et laisser les trois mois de salaires en cas de rechute. Donc, ce n'est pas une question d'argent. J'ai voulu montrer au club que j'étais prêt à réussir sans m'arrêter en cours de route, dans le but de reprendre au plus vite la compétition.

Avez-vous utilisé une médecine parallèle, comme le magnétiseur ?

J'ai entendu des rumeurs à ce sujet. Je n'ai pas eu recours à la médecine parallèle.

Avez-vous eu des périodes de doute ?

J'ai toujours cru en moi, avec un but précis, celui de refouler les pelouses de Ligue 1. Je suis très fier d'avoir mené mon projet jusqu'au bout avec force et courage. J'ai agi de la sorte par rapport à mon corps et à mes sensations. Je ne me suis pas blessé tout seul, mais sur un premier contact avec Ludovic Giuly (Ndlr : lors du match PSG - Lyon). J'ai fait ce que voulais faire, même si c'était compliqué de tant à autres, cela m'a donné plus de force mentale.

La plupart des spécialistes affirment que le risque de rechute est de 100 %.

C'est normal puisqu'il n'y a pas de statistiques sur mon cas, vu que c'est la première fois que ce choix s'opère. Cela se passe dans le monde du rugby, bien que ce ne soit pas la même musculature. En tout cas mon genou est solide. Je n'ai jamais ressenti aucune douleur, ni aucune instabilité. Cela me renforce dans ma décision. En tout cas, je ne suis pas inquiet. Il y a aussi des chiffres sur les rechutes en cas d'opération, vous les avez ? (rires)

Pensez-vous être hors de danger par rapport à une éventuelle rechute ?

Le fait d'y penser serait douter. Je n'ai pas fait cela pour la gloire d'un match de Ligue 1 ou pour être dans le livre des records. En tout cas, il n'y a pas de raison de rechute, même si tout peut arriver. Contre Monaco, j'ai reçu un tacle de Yohan Mollo qui aurait pu m'envoyer le genou en l'air. Mais je pense vraiment que mon genou tiendra le choc. Cela me donne plus de confiance pour aller au contact. Ce n'est pas gagné pour autant puisque je continue des séances de complément. En tout cas, je n'ai pas le droit de me plaindre.

Il n'y a pas eu de tensions avec le staff médical ?

Non. J'avais pris ma décision et j'étais prêt à en assumer toutes les conséquences. Soit on me suivait, soit on me laissait tranquille. Je ne voulais pas qu'on me mette des bâtons dans les roues. Nous nous sommes entretenus avec les kinés et les docteurs. Mais je ne voulais pas me faire opérer, donc soit on travaillait ensemble soit je travaillais seul. Je n'ai pas triché avec moi même, mais j'ai eu la chance d'avoir de bonnes sensations pour faire ce qu'on me demandait et ce que j'avais à faire. J'ai réalisé des choses que personnes n'a vu, comme dans la salle de musculation, parce que j'avais besoin de connaître mon niveau. Quelque part, ce fut un pari. Je comprends le club qui avait peur de perdre du temps en cas de rechute. Mais quand je prends une décision, c'est comme ça, mais toujours avec des arguments, pas sur un coup de tête. Maintenant, je prends du plaisir à retrouver le carré vert alors qu'avec une opération, j'aurai repris à Tignes. Je suis content d'être là, soulagé de parler, en ne pensant plus qu'au football.

Quelles sont vos relations avec Claude Puel ?

Il n'y a aucun problème avec le coach par rapport à la blessure. Preuve en est : il m'a fait confiance dimanche. Maintenant, il faut retrouver la forme physique d'avant la blessure, mais comme mentalement, je suis costaud, le reste ne lâchera pas. Et comme on dit, la meilleure réponse est sur le terrain.

Avez-vous été surpris d'être titulaire contre l'AS Monaco ?

Non, je le savais depuis la veille. En plus, j'étais dans le groupe depuis deux matchs, contre Sochaux et Le Mans. J'ai joué trois matchs de CFA en une semaine il y a un mois, donc j'attendais une opportunité pour rejouer. Je travaille au quotidien pour retrouver mon niveau étant donné qu'il reste peu de matchs. Mais après ce que j'ai enduré ce n'est que du bonheur. Je suis à la disposition du club, et quoiqu'il arrive je me donnerai à 100 %. Aujourd'hui, il nous reste sept matchs, soit sept finales à gagner pour accéder au titre. Cela passe par une victoire, dès dimanche contre Bordeaux.

Propos recueillis par Razik Brikh et Vincent Serrano

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