Faïsal Ibnel Arrami : le nouveau challenge de Tiozzo ?

Portrait. Malgré son jeune âge, Faïsal Ibnel Arrami soutenu par Fabrice Tiozzo veut s'inscrire dans la légende de la boxe mondiale. (Article paru dans le numéro de juin de Lyon Capitale).

C'est une histoire peu commune. Celle d'un jeune boxeur originaire du Var qui du jour au lendemain décide de venir s'entraîner à Lyon avec un objectif bien précis en tête : devenir champion du monde ! Une ambition démesurée qui s'explique en partie par le parcours de Faïsal Ibnel Arrami qui a vécu de grandes souffrances durant son enfance. "J'étais quelqu'un d'assez faible, que ça soit physiquement ou mentalement. J'habitais dans un quartier et j'étais du genre à me faire racketter. J'ai eu pas mal de soucis, j'étais devenu la tête de turc du quartier. J'avais peur de tout, je n'avais aucune confiance en moi. J'ai vécu les pires humiliations", se souvient-il. Son père qui souhaite en faire "un homme", le pousse à pratiquer un sport de combat.

Faïsal, alors âgé de 12 ans, prend quelques cours de karaté puis finit par s'inscrire dans un club de boxe. Malgré des débuts difficiles, le Varois s'accroche. La boxe lui permet de reprendre confiance en lui mais sûrement pas de devenir violent. "L'arme la plus forte, c'est la parole. La boxe, c'est juste un moyen d'avoir confiance en soi. D'ailleurs, cela peut paraître surprenant, mais plus tu boxes, moins tu deviens violent", concède-t-il. Malgré cet épanouissement dans un sport qui lui a permis de retrouver une certaine sérénité, Faïsal, qui subit une grosse pression de la part de ses proches et de son entraîneur de l'époque, décide de tout abandonner. "J'ai pété les plombs. C'était devenu un fardeau de faire des régimes tout le temps, de s'entraîner matin et soir. Lorsque tu as 16 ans, ce n'est pas évident. J'ai fait une overdose. Dès que je voyais de la boxe à la télé, je zappais", raconte-t-il. Faïsal compense l'arrêt de la boxe par de nombreuses séances de musculation ainsi que par la pratique du rugby.

Il permet à Richard Virenque de reprendre confiance en lui

Un jour, l'un de ses amis boxeurs qu'il héberge le supplie de venir le soutenir lors d'un combat. "J'ai beaucoup hésité avant d'accepter. Et durant son combat, je me suis dit que je devais arrêter de me voiler la face. J'étais boxeur et je le resterai toute ma vie." Faïsal décide donc de remonter sur le ring, plus déterminé que jamais. "J'ai repris avec comme unique objectif d'être champion du monde. Je ne sais pas si je vais y arriver mais je vais tout faire pour y arriver", explique-t-il en toute sérénité. Le jeune homme va même venir en aide à un certain Richard Virenque, tout juste victime d'un accident lors d'une épreuve cyclo-sportive dans les Alpes. "Après son accident, Richard avait perdu confiance en lui. Il pensait que son visage était devenu du verre, qu'il pouvait se casser. Je l'ai pris en main, on a fait des leçons et ça a marché. Cela prouve que la boxe peut-être une thérapie". Que de chemin parcouru pour Faïsal. L'enfant craintif du Var qui quelques années plus tard, vient en aide à un grand champion cycliste. Le lourd-léger (1m83, 91 kg) qui souhaite franchir un cap dans sa carrière, décide de quitter son club de Toulon pour Lyon. Faïsal prend sa licence à Gorge-de-Loup (Lyon 9ème) au sein du club de Fabrice Tiozzo et s'entraîne sous les ordres de Miloud Djabouabdallah et de René Meme, l'un des meilleurs préparateurs physiques du monde.

"Tiozzo, c'est la personne que j'écoute le plus"

Au départ, Faïsal et Tiozzo, "ne se calculent pas trop". L'ancien champion WBA des lourds-légers, de 1997 à 2000 est encore dans le circuit. Mais lorsqu'il raccroche définitivement les gants, Fabrice Tiozzo accepte de donner un petit coup de main à Faïsal, en lui prodiguant de précieux conseils. "J'ai la chance d'avoir un tel boxeur à mes côtés, c'est monstrueux. C'est comme si un jeune footballeur était conseillé par Zidane." Et de poursuivre : "Fabrice, c'est la personne que j'écoute le plus. Officiellement, ce n'est pas mon entraîneur mais j'espère que dans le futur, il le deviendra", soupire-t-il. Faïsal peut également compter sur le soutien indéfectible de son épouse. "Dans la boxe, il n'y a pas de statut. J'ai la chance d'avoir une femme extraordinaire. C'est elle qui subvient aux besoins de la famille," lâche-t-il, le sourire au coin des lèvres. Sans revenus fixes, Faïsal Ibnel Arrami doit absolument trouver des sponsors désireux d'investir sur un boxeur en devenir : "J'ai confiance car Lyon est une ville qui bouge beaucoup. D'ailleurs, je suis très soutenu par la municipalité et notamment Thierry Braillard (adjoint aux sports à la ville de Lyon)."

Le jeune boxeur souhaite être le porte-drapeau d'une boxe française en quête de respectabilité. "Il faut un boxeur qui fasse rêver, j'aimerais devenir celui-là. L'image de la boxe est mauvaise. Lorsque tu entends certains boxeurs s'exprimer à la télé, ils ne savent pas parler. La boxe est un sport d'intellectuel, il n'y a pas de champion du monde bête", dit-il en toute franchise. Après Hacine Chérifi, Brahim Asloum ou Fabrice Tiozzo, la boxe lyonnaise a peut-être (enfin) trouvé son nouveau champion. Le combat disputé par Faïsal Ibnel le 6 juin dernier sera diffusé sur Eurosport le vendredi 2 juillet à 20h30.

Photo : Loll Willems Lire aussi : Tiozzo : 'La boxe est est morte'

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