À Villefranche, on gère le club de foot local en bon père de famille

Remonté cette saison en championnat de France amateurs (CFA), le club de foot de Villefranche-sur-Saône, dans le Beaujolais, entend bien y rester. Pour se consolider et, à terme, monter en grade.

- Article paru dans Lyon Capitale n°674, janvier 2009 -

13 décembre 2008. 19h45. Coup de sifflet final. Le Football Club Villefranche-Beaujolais (FCVB) bat l'Entente Sportive Uzès Pont du Gard 2 buts à 1, à l'occasion des 64es de finale de la Coupe de France. Malgré les 3°C qu'affiche le thermomètre, cent cinquante spectateurs ont investi les gradins couverts du stade Armand Chouffet. Ambiance familiale. L'enjeu était de taille : la victoire a rapporté 40 000 euros dans les caisses (un peu plus de 5 % du budget annuel) et, d'un point de vue purement sportif, a permis au club de renouer avec les 32e de finale, dont les derniers souvenirs - malheureux - remontent à 1998, quelques mois avant que les Bleus ne deviennent champions du monde.

Ici, au coeur du Beaujolais, on est loin du business et des médias. À Villefranche, le foot a toujours été amateur - excepté lors de la saison 1983-1984 où le club a joué la D2, avec l'OL de Nikolic et N'dioro. Aujourd'hui, dans l'effectif total de l'équipe « une », seuls trois joueurs sont sous contrat fédéral, c'est-à-dire semi-pros et donc rémunérés par le club (au minimum 1 800 euros mensuels). Les autres sont comptables, étudiants, électriciens, artisans et touchent de petites primes de matchs. Il faut dire que le budget annuel du club, 770 000 euros, ne permet pas de faire des folies*. De toute façon, ce n'est pas le style de la maison.

Un bus et une loge avec service traiteur

En Calade, on gère le club de foot local en bon père de famille. « On est un club sérieux qui respecte ses engagements », explique Jean Gachon, actuel vice-président, au FCVB depuis une bonne cinquantaine d'années. Objectif annoncé : continuer à structurer le club, à jouer en CFA, à se faire plaisir en Coupe de France et, « d'ici deux à trois ans réfléchir à passer le cap supérieur », explique Christian Du Verne, nouveau président du club. « Monter en National, ça implique qu'il n'y ait que des joueurs semi-pros, donc que le budget doit grossir, que les infrastructures suivent aussi... ».

La mairie qui, avec la Région, finance le tiers le budget du club a d'ores et déjà promis un terrain en synthétique pour cette année. Pour le volet sponsoring, le FCVB a créé un poste spécial, il y a un an et demi. Aujourd'hui, le FCVB dispose d'un bus aux couleurs du club, d'une loge chauffée avec un service traiteur et peut compter sur vingt huit partenaires locaux officiels (Blédina, Installux, Demeures Caladoises, Alloin Transports...) qui rapportent, bon an mal an, quasiment 35 % du budget du club. De l'avis des dirigeants, certains gros industriels lyonnais ne verraient pas d'un mauvais oeil de financer un autre club que l'Olympique Lyonnais. Pourquoi pas le FCVB ?

* la moyenne nationale est d'environ 950 000 euros.

Chiffres clés
Création du club : 16 mars 1927.
Division : Championnat de France Amateur (4e au 1er janvier 2009).
Palmarès : Division 2 (1983-1984), National (13 participations), 5 titres en Division Honneur Rhône-Alpes (1953, 1966, 1970, 1993, 2004), six 32èmes de finale et un 16èmes de finale en Coupe de France.
Budget : 770 000 euros.
Licenciés : 450.
Infrastructures : 4 stades.

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