Sondages régionales : la gauche profite des déboires de Sarkozy

Par Pierre Haski | Rue89

La vie politique est décidément pleine de paradoxes. Le dernier sondage en date sur les prochaines élections régionales fait apparaître une poussée de l'ensemble des listes de gauche, et une baisse sensible de l'UMP.

Un signe que les divisions et les querelles de personnes à gauche comptent moins, dans la période actuelle, que le rejet croissant de la politique de Nicolas Sarkozy.

C'est une inversion complète par rapport aux élections européennes de juin, certes marquées par une abstention record supérieure de plus de la moitié de l'électorat, mais dont le président de la République avait tiré comme leçon qu'il était imbattable, malgré la crise économique.

Une erreur d'appréciation qui l'a sans doute conduit à penser qu'il pouvait passer en force sur ses réformes, et en particulier sur celle de la taxe professionnelle qui lui a mis à dos les élus locaux, acteurs-clé de la campagne des régionales.

La gauche mène de 13 points sur la droite

Le sondage Opinionway-Fiducial pour le Figaro et LCI (réalisé à partir d'un échantillon représentatif de 1 002 personnes), publié samedi, donne, si les élections avaient lieu ce dimanche :

  • un total de 44 % des voix à la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) dans son ensemble
  • 31 % pour la droite (UMP, Nouveau Centre et Alliance écologique indépendante)
  • Le Front National obtiendrait 9 %, le Modem 7 %, et le NPA 4 %

En moins de deux mois, selon le même baromètre, l'UMP a perdu 4 points, et le PS en a gagné 3.

A rapprocher d'un autre baromètre, Ifop-Journal du Dimanche, publié ce week-end, et qui révèle une nouvelle chute de popularité de Nicolas Sarkozy. Ce dernier ne recueille plus que 36 % d'indice de satisfaction sur son action, soit -2 %, contre un record de 63 % de mécontents.

François Fillon baisse lui aussi, de 3 %, et passe sous la barre des 50 % d'opinions favorables, à 48 %.

Ces deux sondages vont dans le même sens, et montrent en particulier l'impact du « trou d'air » que traverse la majorité depuis des semaines, avec, en particulier :

Les divisions de la gauche pèsent peu sur les enjeux locaux

La bonne santé sondagière de la gauche est d'autant plus surprenante que celle-ci est plus souvent dans l'actualité autour de ses divisions que de ses propositions.

Le dernier épisode Peillon-Royal n'étant que le dernier d'une longue série. Mais le baromètre du Figaro montre l'importance des enjeux locaux dans les choix des électeurs, et, de ce point de vue, confirme que la gauche, et en particulier le PS, reste une force de gestion locale considérable.

Ces résultats potentiels (il ne s'agit que de sondages, ne l'oublions pas…) devraient peser sur les stratégies des différents acteurs de la campagne, avec la prise en compte des nouveaux rapports de force : un PS qui se maintient en tête, talonné par Europe Ecologie, la force montante depuis les européennes, et un Modem qui ne retrouve que la moitié de ses suffrages du premier tour de la présidentielle de 2007.

Signe des temps, samedi, on a pu voir Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou côte à côte à une tribune pour la première fois depuis leur célèbre clash télévisé de la campagne des européennes, pour la noble cause du climat…

Sarkozy droit dans ses bottes

Nicolas Sarkozy, pour sa part, reste droit dans ses bottes face à la fronde de son propre camp, comme il l'a montré en recevant vendredi quelque 700 maires à l'Elysée, une session de rattrapage pour le congrès qu'il avait sèchement boycotté. Il s'est montré pédagogue mais pas flexible :

« Nous avons engagé une réforme majeure et ce n'est pas mon genre de ne pas faire face à mes responsabilités. »

Le scrutin n'a lieu que dans quatre mois, les 14 et 21 mars 2010, et la campagne électorale n'en est qu'à ses balbutiements, mais on voit bien que si les scrutins se suivent, ils ne se ressemblent pas. Les régionales 2010 ne ressembleront visiblement pas aux européennes de 2009.

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