Pascal Blache
© Tim Douet

Maire de Lyon ? Pascal Blache ‟n’y pense pas le matin en se rasant”

Pascal Blache a annoncé ce lundi son intention de porter un projet pour la ville de Lyon et la métropole en 2020. Il a répondu aux questions de Lyon Capitale.

Lyon Capitale : Vous avez annoncé lundi soir lors d’une réunion de votre association Nouveau Cap Lyon Métropole (NCLM) que vous vous lanciez dans la course aux municipales de 2020…

Pascal Blache : Non, j’ai annoncé hier qu’à partir du mois de septembre on allait faire des annonces et des propositions pour travailler pour ma ville et la métropole de Lyon.

Êtes-vous candidat ou pas ?

Je n’ai pas dit ‟je suis candidat” à ça ou ça, j’ai dit : je vais prendre des initiatives pour bâtir un projet.

Mais devenir maire de Lyon est-il un objectif pour vous ?

Je n’y pense pas tous les matins en me rasant, même si ça m’occupe pas mal de temps en plus de mon métier de chef d’entreprise. Et puis, dire ‟je veux être candidat à la ville” ne veut rien dire. Il faut d’abord dire : je veux être candidat pour faire ça, ça ou ça. Et je le dis, si on trouve quelqu’un qui porte mieux notre projet que moi, il n’y aura pas de souci.

Justement, on parle d’Étienne Blanc pour la mairie de Lyon. Il a d’ailleurs dit qu’il était prêt dans les colonnes de Lyon Capitale. Avez-vous parlé de votre projet à Laurent Wauquiez ?

J’ai rencontré Étienne Blanc plusieurs fois. Mais j’ai aussi rencontré des élus MoDem, des élus Synergies-Avenir et surtout beaucoup de gens de la société civile qui n’ont pas d’étiquette. Je peux travailler avec tout le monde à partir du moment où c’est cohérent pour moi dans ce grand rassemblement du centre, de la droite et de la société civile. Si on est là-dedans, je peux tout faire. Si on part dans un projet très clivant politiquement, d’une, ça ne gagnera pas, et de deux ça ne m’intéressera pas. Si certains élus LR pensent que Macron s’effondrera et que mécaniquement ils gagnent, ils se trompent, parce que ce mode de fonctionnement n’existe plus.

Que pensent donc les élus LR avec qui vous travaillez à la ville et à la métropole ?

Je suis dans un groupe Les Républicains-Divers droite et je ne le renie pas. Mais je ne suis pas encarté. Je ne crois pas que l’on gagnera avec une ligne 100 % LR ou 100 % autre chose. On doit rassembler plus largement. On sera parfois d’accord avec certains sur des sujets et d’accord avec d’autres sur d’autres sujets. Nous sommes dans l’opposition donc, par rapport à ceux en place, on va pouvoir remettre des choses en cause.

Sur quels sujets voulez-vous faire campagne ?

Déjà, suite aux travaux de NCLM depuis trois ans, on a organisé une réflexion générale sur la métropole et la ville de Lyon et sur ce qu’il fallait faire. Les thématiques qui ressortent localement sont les sujets de sécurité, la propreté, la gestion de l’argent publique et l’utilisation que l’on en fait, de mobilité et de services de proximité comme les crèches, les écoles et la petite enfance. Sur les deniers publics, il faut réfléchir à une nouvelle manière d’engranger des recettes nouvelles et à une nouvelle manière de gérer le patrimoine. On pourrait éviter de refaire Grôlée par exemple… Le patrimoine de la ville a un coût et il n’est pas figé. Il y a des choses qu’il faut peut-être vendre, d’autres louer, etc.

Lesquelles ?

Je ferai certaines annonces fortes à la rentrée.

Quelle est l’idée transversale de tous ces sujets, pour vous ?

Demain se prépare aujourd’hui. Avant de faire un programme en période électorale, on doit d’abord balayer tous les sujets, pour voir ce qui va et ce qui ne va pas. Ce n’est pas un problème de positionnement politique. On ne va pas être contre sur un sujet parce que nos adversaires sont pour, et inversement. On doit arrêter ce jeu. Les positions politiques n’intéressent que les élus, il faut des propositions pour les gens.

Vous voulez faire du Macron, en quelque sorte…

Je ne vois pas bien comment faire autrement. On ne peut pas faire un programme sans avoir concerté tout le monde. Comme on n’est pas en campagne, on peut se permettre de tout se dire. Je ne fais pas ça comme une tactique, mais parce que mon ADN de chef d’entreprise me dit qu’avant de proposer quelque chose ont doit étudier pour voir si c’est pertinent. Et ça, on doit le faire en équipe, parce que je ne conçois le travail que comme cela.

Vous annoncez ce début de campagne quelques jours après le lancement par Gérard Collomb de son association ‟Un temps d’avance” pour, dit-il, ‟construire un projet pour les vingt prochaines années en créant un dialogue entre élus et société civile”…

Comme je l’ai dit hier, ‟Un temps d’avance” a trois ans de retard. Parce que c’est ce que je fais avec NCLM. Plus sérieusement, Collomb a fait plein de choses bien et d’autres moins bien. Mais il est aujourd’hui dans une phase différente et doit resserrer les boulons pour que tout le monde ne se bagarre pas. Moi je n’ai pas ses contraintes de me bagarrer avec des élus qui veulent des places. Gérard Collomb est là depuis plus de vingt ans. L’histoire retiendra qu’il a été le maire qui a fait avancer sa ville. Maintenant, il a un problème : quand vous avez été tout pour un territoire, les gens se sont éduqués à votre système et ont pris du poids ; ça l’oblige désormais à contenir les velléités des uns et des autres. Et quand on voit le bureau de son association managé par le couple Collomb, ça ne sent pas vraiment le souffle nouveau.

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