Grégory Cuilleron et David Kimelfeld © Youtube

Lyon : la recette très politique de Kimelfeld et Cuilleron 

Après le plan de com' de ses lunettes affichées dans la ville, David Kimelfeld s'est essayé à la vidéo recette avec le chef Grégory Cuilleron. L'occasion de présenter leur façon de cuisiner la cervelle de canut, mais aussi de faire passer quelques messages politiques dans un format plutôt réussi.

C’est sur un très agréable bruit de mastication (pas du tout) que l'on quitte les deux comparses. David Kimelfeld, candidat à l'élection métropolitaine a choisi de se faire “cuisiner”, par le chef Grégory Cuilleron dans une vidéo publiée ce lundi matin. Jean-Luc Mélenchon avait sa recette de salade de quinoa pendant la Présidentielle. Lyonnaiserie oblige, David Kimelfeld a désormais sa cervelle de canut. On a vu interrogatoire plus musclé. Pas question ici de passer au gril le président de la métropole. Plutôt de passer les plats. Et pour cause, Grégory Cuilleron, autrefois soutien de Gérard Collomb, est désormais candidat, avec David Kimelfeld sur la circonscription B (Lyon Centre). Si rien ne renvoie à la campagne que mènent conjointement les deux hommes, il s'agit bien d'une vidéo politique publié sur le compte Youtube du candidat métropolitain.

Parler local

Avant de cuisiner, tout commence par un verre de rouge. Un gamay de la République des Canuts, cuvée 2017, amené par le maire du 4e. David Kimelfeld se met à parler avec un accent gouailleur : “Avant de commencer tyvavoir (en un mot)”. Il présente la bouteille.“À consommer avec modération”, précise le cuisinier, visiblement inquiet pour la loi Evin. Ce qui n’est pas le cas du président de la métropole. “Ah ouais ouais, tout doucement. Ça va nous donner du cœur à l'ouvrage”, poursuit Kimelfeld sur le même ton. Façon de dire qu'il est un gone normal. Jamais sans son canon avant d'aller “travayer”.

Puis on entre dans le vif du sujet. Pour les indécis du 15 mars prochain, tout en tranchant une échalote, le candidat dissident LREM avance une information de taille : “je crème ma blanquette”. Bon il mange des lyonnaiseries - “les tripes et le poulet au vinaigre” - mais aussi des plats méditerranéens. (Comprendre : “David Kimelfeld est un homme ouvert”). “Ma femme est tunisienne”. Elle ne fait pas “la chorba et le couscous”, mais il a une adresse : La Grillade à la Guillotière. Côté asiatique c'est le Petit Grain, rue de la Charité (Lyon 2e). “J'aime toutes les cuisines, c'est pour ça que je me mets souvent au régime pour pouvoir remanger après”.

Humanisme à la lyonnaise

Les conseils culinaires terminés, Grégory Cuilleron questionne le candidat sur son parcours qu'il feint ne pas connaître. D'abord infirmier. En réanimation en service de cardiologie. (Comprendre : “David Kimelfeld est un humaniste”). “Pas doué de ses mains”, selon ses proches, lui se dit “surtout attiré par le rapport aux autres”.

Puis il devient commercial “autodidacte” dans une entreprise avant de monter la sienne dans le transport aérien et maritime en 1990. (Comprendre : “David Kimelfeld aime l’économie”). “L'entrepreneuriat lui manque”, confesse-t-il. Il a même gardé des clients durant ses premières années en politique. “Mon expérience d'infirmier et d'entrepreneur m'ont super servi dans mes fonctions d'élus. J'ai une sensibilité particulière sur la protection de l'enfance, les seniors, le handicap. Et en même temps, j'ai cette sensibilité d'entrepreneur pour le développement économique”, met en avant le candidat en finissant de fouetter sa cervelle. Une réponse aux critiques de ses opposants. Ni “décroissant”, comme l’affirme l’entourage de Gérard Collomb. Ni coupé des réalités sociales du terrain, ce qu’il reproche à son ancien mentor.

Après 13 minutes, la recette est terminée. Grégory Cuilleron y ajoute un trait d’huile d’olive “pour la rondeur”. Les deux amis (candidats) se séparent en trinquant avec leurs mouillettes de pain de campagne trempées dans la cervelle avant de mâchouiller. “Et bon appétit bien sûr”.

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