Lyon change de quais

avant leur inauguration officielle. Gérard Collomb voulait rendre les quais du Rhône aux citoyens, les Lyonnais l'ont entendu !

Les militants UMP ont fêté la victoire au Q-boat, pendant qu'à quelques mètres du bateau-boîte-de-nuit, les anti-sarkozystes "battaient le pavé" tout neuf, pour manifester leur déception. Le contact a été électrique !
La démocratie a investi bruyamment et même parfois violemment les quais, tout juste fleuris de coquelicots.

Amusant de voir cette espèce de centre de thalasso urbain, avec ses transats et ses bains de soleil, se faire pirater par quelques flibustiers révoltés. Lyon exprime toujours, là où on ne l'attend pas, et de manière éruptive, son opposition ou sa diversité.
Tous les bords se sont retrouvés dimanche soir sur les berges ripolinées. Les CRS étaient aussi de la "fête". Seules les majorettes manquaient à l'appel.

Malgré le coup de kärcher urbanistique, les quais sont donc restés fidèles à leur réputation de lieu agité, d'endroit interlope, de mélange des genres, d'odeurs de sexes, ce quai des brumes où les pulsions de la ville viennent s'échouer.
C'est un bon signe pour ce "bord de l'eau", qui ne servira pas seulement d'autoroute à poussettes au milieu des pâquerettes. Un nouveau rivage d'expression vient peut-être de naître. Situées sur la rive gauche, les nouvelles berges n'ont, en revanche, eu aucun impact subliminal sur les électeurs lyonnais, qui ont été plutôt rive... droite. Depuis une dizaine d'années, la gauche avait arrimé son bateau sur la ville et donnait l'impression d'en prendre possession. Les résultats de la présidentielle font flotter un petit air de changement de cap. Sarkozy a séduit la ville à plus de 53 %. Quant au département du Rhône, il a littéralement fondu, comme du St Marcellin, à plus de 57 %.

Et les prochaines législatives devraient faire du ton sur ton, en rajoutant un peu plus de bleu UMP dans le ciel lyonnais. La droite refait surface après des années de vache-maigre dans la région et se prépare à accoster en centre-ville. Mais Gérard Collomb résiste et coule moins profondément que la péniche socialiste qui a carrément touché le fond dans l'est lyonnais.

L'abordage pour les prochaines municipales vient en tout cas de sonner et la campagne s'annonce salée... même si elle se déroule sur des quais d'eau douce.

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