David Kimelfeld
© tim Douet

Le Grand Lyon adopte un vœu contre les énergies fossiles

Dans la continuité des manifestations pour le climat qui ont eu lieu au début du mois, la métropole de Lyon a adopté ce lundi un vœu “pour un engagement contre les investissements fossiles”. Buzz politique pour les uns, vœu idéaliste pour les autres, l'opposition a ironisé sur cette prise de position de la majorité de David Kimelfeld.

Comme nous l'écrivions ce dimanche, la métropole de Lyon a adopté un vœu “pour un engagement contre les investissements fossiles”. L'annonce de grandes manœuvres pour le Grand Lyon ? Plutôt des petites pierres pour le moment. Ainsi, dans son vœu, la collectivité a pris quatre engagements. Elle demande :

-“aux organismes en charge des systèmes de retraite complémentaire des fonctionnaires, contractuels, et élus de la métropole d'être transparents sur les montants placés à ce jour dans des entreprises contribuant au dérèglement climatique, de supprimer leurs investissements dans les entreprises du secteur fossile et d'y renoncer à l'avenir, afin de réinvestir dans les secteurs des énergies renouvelables ;

-souhaite que les établissements bancaires intègrent des critères environnementaux et sociaux dans leurs nouvelles offres à la métropole ;

-souhaite faire connaître ces différentes initiatives en affichant “la métropole de Lyon désinvestit les combustibles fossiles ;

-souhaite une évaluation régulière de la mise en œuvre du désinvestissement des énergies fossiles pour sensibiliser et associer l'ensemble des acteurs concernés.

“Je peux aussi dire ‘qu'il faut que tout le monde s’aime’”

Ce vœu est sympathique, mais moi aussi je pourrais appeler formuler un voeu pour dire “qu'il faut que tout le monde s'aime”, s'est moqué Philippe Cochet qui a annoncé que son groupe Les Républicains ne participera pas à ce vote. “Ce sujet mériterait un vrai débat, notamment sur le coût écologique des énergies renouvelable. Là, je n'ai entendu que quelques propos intéressants et des brèves de comptoirs”, a-t-il lancé.

Autant de gauches que d'écologies

À gauche, ce vote a permis à chaque groupe de faire part de sa vision de l'écologie. “Incompatible avec l’aveuglement de la croissance”, pour Nathalie Perrin-Gilbert qui a critiqué le tout électrique. “L'idée que la batterie serait propre et non polluante est une imposture parce qu'en France l'électricité provient majoritairement du nucléaire. Mais aussi parce que ce mode d'alimentation est écologique pour les pays riches, mais pollue les pays plus pauvres où sont extraites les matières premières”. Du côté des élus communistes, Pierre-Alain Millet a pointé la volonté de la majorité de surfer sur un “buzz médiatique” des manifestations et de la démission de Nicolas Hulot pour servir “un intérêt politique”. “Ce n'est pas le climat qu'il faut changer, mais le système”, a déclaré l'élu de Vénissieux.

Bruno Charles, vice-président en charge du développement durable, a assumé une vision conciliant économie de marché et écologie. “Croissance ou pas croissance, c'est de la scolastique et je m'en fous. Il faut faire la transition écologique et je crois qu'on en a pour trente ans d'activité économique pour faire cette transition afin d'aller vers une décroissance de l'énergie consommée”, a déclaré l'élu EELV.

“L'urgence est devant nous et on ne doit pas se dérober”

C'est David Kimelfeld qui a eu le dernier mot. “La mobilisation spontanée autour des marches pour le climat est une excellente nouvelle collective parce qu’il s’agit d’une prise de conscience et d’une volonté d’agir des citoyens, salariés, consommateurs, chefs entreprises, responsables publics et de l’ensemble de la société”, s'est félicité le président de la métropole. Pour lui, “l'accélération des phénomènes (climatiques, NdlR) doit amener à agir plus vite et à aller plus loin. L'urgence est devant nous et on ne doit pas se dérober. Le Grand Lyon est déjà fortement engagé et est à un carrefour de redéfinition de ses stratégies sur la mobilité et les énergies.” Le maire du 4e arrondissement a assuré qu'il allait continuer le travail partenarial avec l'ensemble des acteurs et associations pour “aller encore plus loin” dans cette démarche.

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