Michèle Rivasi
© Tim Douet

Élections européennes : tribune de Michèle Rivasi et Grégory Doucet

Après le débat organisé ce mercredi soir par Lyon Capitale et Sciences Po Lyon, nous avons proposé aux candidats présents de publier une tribune à quelques jours de l'élection européenne. Michèle Rivasi et Grégory Doucet, candidat sur la liste Europe Écologie – Les Verts, nous ont envoyé leur tribune.

Michèle Rivasi et Grégory Doucet

L’histoire est en marche : nous sommes convain-cu.e.s qu’elle n’appartient pas à des élites dépassées, ridiculement conservatrices et dangereusement ob-sédées par le pouvoir de l’argent. Nous autres, écologistes, nous mettons au service des citoyennes et des citoyens qui n’attendent plus des discours mais des actes pour réorienter la marche du monde. C’est un défi incroyable que nous avons à surmonter, qui demande de la lucidité, de l’imagination et du cou-rage. Le système, la politique, nos vies : tout doit changer.

C’est un enjeu de civilisation. Nous devons remettre nos sociétés dans le bon sens, en redéfinissant des priorités qui construisent un meilleur avenir. La planète est en danger : des espèces disparaissent, les écosystèmes souffrent, les ressources s’épuisent. Nous devons défendre le vivant et les communs : la nature sous toute ses formes, l’air, l’eau et la terre qui nous nourrit, les animaux qui sont exploités et maltraités pour une économie de surconsommation. La condition humaine n’est pas de détruire la vie sur Terre mais de la préserver. Le propre de notre espèce n’est pas la domination mais la coopération, c’est ainsi que nous survivons depuis toujours.

Le chantier est immense. Nous n’y arriverons qu’ensemble.

Nous mesurons le désamour qui touche les institutions européennes. Et nous sommes en colère contre l’état actuel et le fonctionnement de l’Union européenne. Mais l’idée d’Europe, nous la faisons toujours nôtre. Nous continuons à la défendre, non pas parce qu’elle est parfaite telle qu’elle est mais par ce que nous ne confondons pas l’Europe avec ses dirigeants actuels. Nous ne céderons pas un pouce de terrain aux partisans du repli. Parce que pour surmonter les épreuves que nous traversons, notre avenir est forcément européen.

À l’heure où les extrêmes droites prospèrent et réussissent des scores électoraux importants, nous refusons de nous laisser contaminer par la fièvre nationaliste qui gagne le continent. Nous ne voulons faire aucune concession à l’esprit de xénophobie qui monte.

La place de l’étranger, la place de l’autre, le sort du plus démuni définit l’Europe que nous voulons. La nôtre est accueillante, solidaire, fraternelle. Elle est grande quand elle ouvre les bras, misérable quand elle s’abandonne à l’égoïsme, dangereuse quand elle cède aux sirènes des semeurs de haine. Nous devons à la fois construire l’Europe de l’accueil et construire une Europe qui œuvre pour un monde rééquilibré, seul capable de garantir la dignité des peuples du Sud.

Le monde a besoin de l’Europe. Nous sommes et devons demeurer une terre d’espoir. L’Europe ne peut se résumer à un grand marché où la loi de l’argent régnerait en maîtresse de toute chose. Les libéraux ont voulu faire de l’économie la clef de toute chose, du profit la mesure de toute réussite, et de la croissance le passeport de tout avenir. Sur tous ces points, ils ont eu tort et nous payons durement le prix de leur échec. Un capitalisme barbare détruit la nature et humilie des millions d’êtres humains.

L’Europe actuelle n’a plus de sens : le nouveau modèle européen doit conjuguer préservation des écosystèmes, défense des droits sociaux et démocratie. La question cardinale est celle de la dégradation du climat, puisqu’elle menace notre survie elle-même. Qu’attendent les dirigeants européens pour prendre à bras le corps le problème le plus urgent de notre temps ? Ils nous conduisent dans le mur et ne proposent que des solutions qui ont déjà montré leur incapacité à améliorer nos vies. Ils favorisent l’extrême concentration des richesses alors qu’il faudrait organiser un partage plus juste. Ils veulent pomper jusqu’à la dernière goutte de pétrole alors qu’il faudrait décarboner l’économie. Ils cèdent tout aux géants du numérique au lieu d’utiliser les formidables capacités des nouvelles technologies au profit des peuples. Ils disent qu’ils sont raisonnables alors que la politique qu’ils conduisent est folle.

L’alternative existe. Durant la dernière mandature, les élu.e.s écologistes étaient à la pointe des combats contre l’évasion fiscale (avec les commissions TAX 1, 2 et 3),

pour la protection des données (RGPD) et des lanceur.se.s d’alerte, contre l’autorisation de nouveaux produits chimiques ou de poisons avérés (glyphosate, néonicotinoïdes), contre la poursuite de techniques de pêche destructrices (pêche électrique) et pour rehausser l’ambition des objectifs climatiques européens dans les transports et l’énergie. Nous proposons un autre système, une autre politique, une autre vie.

Il est temps que le pouvoir change de mains. Il faut un nouveau rapport de force politique. Par votre vote du 26 mai, vous pouvez le construire

Lire aussi la tribune de Véronique Trillet-Lenoir.

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1 commentaire
  1. Galapiat - 25 mai 2019

    un mélange de vrais bonnes raisons, évidentes on veut tous être heureux, bien portant , l'habituelle litanie écolo, changer le climat !!!! la France c'est 0.9% d'impact , le grand motif une place à Bruxelles.

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