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@ Yvan Archenault

Région Rhône-Alpes : vers la fin d’ERAI

La fin est proche pour ERAI, la structure régionale d’aide à l’international pour les entreprises rhônalpines. Le Front national, le groupe UDC (droite et centristes) et Europe Ecologie-Les Verts ont voté contre une nouvelle subvention de fonctionnement, dénonçant une gestion opaque. 130 emplois sont menacés.

@ Yvan Archenault

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"L'assemblée régionale prend aujourd'hui une décision grave, qui met un terme à une structure qui travaille pour le développement de nos entreprises à l'international depuis vingt ans", a réagi le président du conseil régional de Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, alors que la commission permanente vient de rejeter le rapport subventionnant ERAI à hauteur de 1,6 million d'euros.

Jean-Jack Queyranne © Tim Douet

© Tim Douet
Jean-Jack Queyranne.

Selon l'élu socialiste, il reviendra désormais au président de cette structure, qui accompagne les entreprises rhônalpines à l'international, "d'aller vers les tribunaux pour engager la liquidation de la structure". 130 salariés pourraient, à plus ou moins long terme, être licenciés.

Verts, FN et UDC contre

Le Front national, le groupe UDC (droite et centristes) et Europe Ecologie-Les Verts ont voté contre cette nouvelle subvention, quand les socialistes et une partie des membres du PRG et du Front de gauche s'y sont montrés favorables. Trop court pour renflouer les caisses de la structure, qui tient 60 % de son chiffre d'affaires de 11 millions des aides versées par la région. Les 40 % restants étant apportés par les contrats passés avec les entreprises.

“Wauquiez a ordonné de tuer l’ERAI”

"La situation est extrêmement dramatique", affirme Jean-Louis Gagnaire, vice-président délégué au développement économique, à l'innovation et aux PME. Pour lui, pas de doute, "c'est Laurent Wauquiez qui a donné l'ordre de tuer ERAI, pour faire un coup politique".

"EELV est contre l'internationalisation économique. Ils privilégient l'économie ultra locale, circulaire. Économiquement ils aimeraient revenir au temps de l'Albanie heureuse", tacle l'élu de la Loire, qui ajoute que "lorsqu'on vote avec le FN on doit se poser des questions".

“Gestion opaque”

Du côté d'EELV, on dénonce surtout une structure qui "n'a pas su donner les gages d'une bonne gestion". "Quand la moindre petite association doit fournir des garanties pour obtenir une subvention, ERAI a obtenu des millions sans jamais être transparente sur leur utilisation", soutient le conseiller régional écologiste Jacques Mercier.

Pour le groupe EELV, "la Région a mis fin à une aberration en matière de gestion des fonds publics". Pour autant, le groupe souhaiterait maintenir la politique de soutien aux entreprises de la région à l'international, via "une nouvelle structure qui reprendrait une bonne partie des salariés d'ERAI et dont les statuts garantissent la transparence de l'usage des fonds". Car c'est bien une gestion "opaque" que dénoncent notamment les écologistes.

Faux, selon Jean-Louis Gagnaire, qui soutient que tous les audits étaient consultables. Quant à avoir la liste des entreprises avec lesquelles ERAI travaille, le vice-président estime normal qu'elle ne soit pas rendue publique.

Pas de nouvelle structure

Mais, selon Jean-Louis Gagnaire, créer une nouvelle structure n'est pas à l'ordre du jour. Simplement la région pourra-t-elle tenter de "récupérer des lambeaux d'ERAI à la barre du tribunal", affirme le vice-président. L'Agence régionale du développement et de l'innovation (qui contribue au développement économique durable des entreprises de la région Rhône-Alpes par l’innovation) pourrait notamment être porteuse de certaines activités, quand d'autres pourraient être soutenues par le domaine privé.

“Imprudence et arrogance”

Jean-Louis Gagnaire © DR

© DR
Jean-Louis Gagnaire.

Concrètement, selon Jean-Louis Gagnaire, si la direction d'ERAI a "peut-être tardé à se rendre compte que la situation économique d'aujourd'hui n'était pas celle d'hier", elle a fait "d'importants efforts en faisant 1,5 million d'euros d'économies". Ce qui ne l'empêchera pas de clore l'exercice 2014 avec des résultats consolidés dans le négatif à -497 000 euros. Au rayon des pertes, il faudra également inclure les deux lignes bancaires ouvertes par deux banques pour un total de 3 millions d'euros.

"Il y a certainement eu de l'imprudence, puisqu'à aucun moment ils n'ont imaginé qu'on les laisserait tomber, il y a certainement eu de l'arrogance aussi avec un président qui pensait qu'il était seul maître à bord, mais je ne crois pas que la direction ait failli", estime Jean-Louis Gagnaire, qui qualifie le vote d'aujourd'hui de "belle inconscience collective".

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