Un agent de la ville de Villeurbanne, Jean-Paul Bret le maire de la ville et Didier Vullierme, adjoint en charge de la sécurité durant une opération de ramassage des trottinettes gênantes © Lorène Paul

Villeurbanne fait enlever les trottinettes et veut faire payer

Un ramassage de trottinettes électriques a eu lieu mardi à Villeurbanne. Objectif : récupérer celles jugées encombrantes et gênantes pour les piétons.

Impossible de les louper. Les trottinettes électriques font partie intégrante du paysage lyonnais et il n’est pas rare d’en retrouver en plein milieu du trottoir, devant les portes des magasins … Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, a décidé de prendre des mesures radicales suite aux nombreuses plaintes reçues et à l’augmentation de 115 % du nombre d’accident entre janvier et avril 2019, selon l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc. Les trottinettes encombrantes et gênantes seront désormais enlevées. Une première opération a été organisée le 2 juillet.

Cette décision intervient peu après l’arrêté du 13 juin qu'il a pris, interdisant aux usagers de circuler en trottinettes sur les trottoirs, les parcs, les cimetières, les stades municipaux …  “L’occupation des trottinettes dans l’espace public est extrêmement contraignante pour la population : les piétons, les personnes handicapées, les personnes non-voyantes ou encore celles qui ont des poussettes”, affirme Jean-Paul Bret.

Une opération qui va coûter cher aux opérateurs

Pour le maire de Villeurbanne, cette réaction de la ville était légitime face à un “entre-deux juridique” avant l'application du projet de loi d’orientation des mobilités, adopté en première lecture le 18 juin 2019. Et cela risque bien de coûter cher aux opérateurs. Ceux-ci devront payer une amende de 35 euros pour chaque trottinette récupérée à laquelle pourraient s’ajouter des frais d’enlèvement. “Les opérateurs viennent les récupérer grâce à la géolocalisation propre aux trottinettes, c’est à eux de payer l’amende puisqu’ils les ont mis sur l’espace public. Il faut leur montrer qu’ils sont responsables de « cette invasion » de trottinettes déposées dans l’espace public”, explique Jean-Paul Bret. La facture pourrait peser dans la balance des opérateurs qui doivent déjà résoudre un problème de rentabilité.  Selon le Boston Consulting Group, il faudrait au minimum quatre mois d’exploitation par trottinette pour amortir son coût, or la durée de vie de ce type de deux-roues ne serait que de trois mois. Certaines finissent dans des décharges, d’autres sont retrouvées dans le Rhône ou la Saône…

Qui peut juger qu’une trottinette est réellement abandonnée ?

Les agents municipaux se chargeront de retirer les trottinettes, considérées comme un encombrant dans l’espace public, avant de les entreposer dans un terrain municipal à l’atelier des transports de Villeurbanne. “Ces personnes n’ont pas besoin d’être assermentées. Elles doivent déterminer si elles sont en situation d’encombrant au même titre que les meubles ou les ordures qui traînent sur l’espace public”, ajoute Jean-Paul Bret. “Les trottinettes sont enlevées dès lors qu’elles gênent la libre circulation des personnes sur la voie publique et qu’il y a moins de 1m40 pour passer”, précise à son tour Christian Beaunée, directeur de la proximité de Villeurbanne, service gestion du domaine public. Mardi, les agents municipaux de Villeurbanne ont récupéré douze trottinettes en moins d’une heure.

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2 commentaires
  1. alexbreuil - 3 juillet 2019

    ok. Merci de faire pareil avec les scooters encore plus encombruants, bruyants et polluants.

  2. vieux caladois - 3 juillet 2019

    bravo !

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