Moukhtar Abliazov, l'arnaqueur-dissident kazakh restera en prison

Arnaqueur et dissident, le kazakh Moukhtar Abliazov restera incarcéré en France après la décision de la Cour d'appel de Lyon. Les avocats de ce dernier demandaient sa libération auprès du parquet lyonnais.

Malgré les demandes insistantes des avocats de Mouklhtar Abliazov, l'homme détenu à la prison de Fleury-Mérogis depuis 2ans et demi restera en France. Brillant homme d'affaires, Moukhtar Abliazov était devenu ministre de Noursoultan Nazarbaïev, l'actuel président du Kazakhstan. Mais en s'opposant à la politique autocratique de Nazarbaïev, Abliazov récolte la prison en 2000. L'Homme s'exile en Russie puis revient dans son pays où il prend la tête de la première banque kazakh BTA. En 2009, le conflit atteint son paroxysme avec le président Nazarbeïev. Après la nationalisation de BTA par l'État, M.Abliazov détourne 16 milliards de dollars via des sociétés offshores et des prêts frauduleux.

"Le Madoff du Kazakhstan" réfugié politique en Angleterre

Fuyant la justice de son pays, Abliazov s'exile en Angleterre en 2012 où il obtient l'asile politique. Mais de nombreuses plaintes civiles sont déposées auprès de la justice britannique mettent Abliazov en porte à faux. Ses actifs sont gelés et son passeport confisqué. La justice reconnaît le détournement d'au moins 4 milliards de dollars.

En douce, Abliazov quitte l'Angleterre pour la France. Le 31 juillet 2013, il est retrouvé par Interpol dans l'arrière-pays cannois avec un faux passeport centrafricain. Compte tenu des accords avec l'Angleterre, Abliazov est incarcéré en France.

Un imbroglio judiciaire sans fin

L'affaire du "Madoff Kazakh" passe de parquet en parquet. En 2014 le tribunal d'Aix-en-Provence se prononce favorable à son extradition. Décision retoquée par la Cour de cassation, l'affaire est transférée au parquet du Rhône. Le 24 octobre, la cour d'appel de Lyon se prononce favorablement à l'extradition de M.Abliazov, décision à nouveau confirmée par la Cour de cassation.

Manuel Valls signe alors le 17 septembre 2015 un décret d'extradition vers la Russie. Les avocats de M.Abliazov font appel et l'affaire est désormais jugée au Conseil d'État, la plus haute juridiction française.

La défense de M.Abliazov exigeait la libération de l'ex-banquier. Mais la Cour d'appel de Lyon a jugé irrecevable sa requête puisqu'il avait fui clandestinement la Grande-Bretagne avant d'être retrouvé en France avec un passeport centrafricain. Le parquet a évoqué un "risque de fuite ou de disparition" concernant l'ex-fugitif. Son incarcération confirmée, Moukhtar Abliazov doit attendre la décision finale du Conseil d'État concernant son extradition en Russie.

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