Sarkozy exige une culture populaire - Réagissez sur LyonCapitale.Fr

Lyon Capitale propose d'en débattre.

"L'objet de cette lettre de mission est de vous préciser les points qui nous paraissent prioritaires et sur lesquels nous vous demandons d'obtenir rapidement des résultats." Le ton est ferme, les objectifs précis. La lettre de mission en question est celle adressée par le président de la République à la ministre de la culture, Christine Albanel. Et le moins que l'on puisse dire est qu'elle provoque polémiques, inquiétudes, mais aussi enthousiasmes et soulagements dans le milieu culturel.

"Elle est le signe du vif intérêt de Nicolas Sarkozy pour la culture" commente la ministre Albanel. Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-arts magazine en est convaincu : "On n'avait pas vu une vision aussi claire et un engagement aussi ferme d'un président de la République depuis 1981". En effet, alors que la culture fut plus qu'absente durant les élections présidentielles et que l'on craignait de voir Johnny et Mireille Mathieu devenir artistes officiels de la République, la politique gouvernementale énoncée a le mérite de poser les bonnes questions et de lancer le débat.

Un nouveau souffle
En guise de postulat, le président se félicite de la politique culturelle menée depuis Malraux, en 1959, en passant par les années Lang, dans les années 80 : "Les acquis de cette politique sont considérables : une offre artistique foisonnante, des musées et des monuments rénovés, un cinéma rivalisant avec la production internationale." Pour en souligner aussitôt les "lacunes et les ratés" tels : "un déséquilibre persistant entre Paris et les régions, une politique d'addition des guichets et des projets au détriment de la cohérence d'ensemble, une prise en compte insuffisante des publics, et surtout l'échec de la démocratisation culturelle. De fait, notre politique culturelle est l'une des moins redistributives de notre pays. Financée par l'argent de tous, elle ne bénéficie qu'à un tout petit nombre."

Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy définit les priorités : éducation artistique à l'école avec, entre autre, "enseignement obligatoire d'histoire de l'art", "offre culturelle plus dense, plus créative, plus audacieuse" dans les médias de service public, expérimentation de la gratuité des musées, encouragement de la création artistique et du contenu culturel sur internet, sauvetage de l'industrie musicale, développement des industries culturelles, relance du mécénat.

Le règne de l'audimat
Parmi l'abondance de mesures figure la remise en cause du financement public de la création. C'est cette réforme qui tétanise le milieu culturel. Pour Sarkozy, "la démocratisation culturelle, c'est veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public". Cela induit d'exiger "de chaque structure subventionnée qu'elle rende compte de son action et de la popularité de ses interventions". Attente du public, popularité ? les deux termes définissent parfaitement la ligne TF1 et ses ravages. Ils font bondir les artistes et les acteurs culturels qui craignent une idéologie de l'audimat appliquée à l'art, une obligation de produire des œuvres formatées, la perte de la liberté de créer. "Le choix des mots est inquiétant" entend-on souvent dire. "C'est un mauvais procès", proteste Christine Albanel "trop souvent les œuvres n'ont pas le temps de vivre, d'aller à la rencontre des publics. Le succès n'est pas incompatible avec la qualité et le populaire ne l'est pas forcément avec l'exigence."
Néanmoins, le débat est lancé. Doit-on rendre gratuit les musées ? Faut-il plus de culture à la télévision, plus d'art à l'école ? Faut-il remettre en cause les subventions automatiques ? Faut-il augmenter la part du privé dans le financement de la culture ? Doit-il y avoir un régime spécial pour les arts ? Le monde culturel est-il conservateur et frileux ? Ce sont ces questions que nous vous proposons de discuter. Durant plusieurs semaines, dans votre hebdomadaire et sur le site lyoncapitale.fr, nous inviterons les professionnels de la culture (y compris la ministre qui a accepté le principe d'un forum), les spectateurs et les lecteurs à confronter leurs points de vue, leurs opinions. Parce que la culture est un enjeu démocratique, comme le débat.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA LETTRE DE NICOLAS SARKOZY A LA MINISTRE DE LA CULTURE

Mode d'emploi
Pour lancer le débat, lyoncapitale.fr publie l'intégralité de la lettre de mission adressée à la ministre de la culture par le président de la république.
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