Rambo sort-il toujours des conneries plus grosses que lui ?

Mais, au-delà de la violence, la saga aurait-elle connu un tel succès sans un assortiment rarement égalé de répliques venues d'ailleurs ?

Dans le premier Rambo, Stallone essayait de se réinsérer dans un monde qui ne voulait pas de lui. Une œuvre culte qui montrait les séquelles de la guerre du Vietnam sur les vétérans. Il fallait alors éviter de s'y frotter et il aimait rappeler au shérif du comté : "Me fais pas chier ou j'te fais une guerre comme t'en as jamais vu !".

Il n'en demeurait pas moins humaniste et souffrait d'un vrai problème de reconnaissance qui finira par exploser dans le second volet : "Je veux ce que (...) tous les types qui ont vidé leurs tripes et donné tout ce qu'ils avaient dans le ventre veulent, nous voulons que notre pays nous aime autant que nous l'aimons !". Pour Rambo 2 et 3, l'idéologie de l'administration Reagan avait fait son chemin et les films s'inscrivaient dans une certaine mouvance anti-communiste. Rambo, machine de guerre patriotique, nous livrait quelques recettes pour réussir un séjour dans un pays miné : "Pour survivre à la guerre il faut devenir la guerre !". Jamais très loin pour le soutenir, le roi de la formule qui claque, le Colonel Trautman, y allait toujours de sa petite réplique. On lui doit entre autres le fameux : "Je ne viens pas sauver Rambo. Je viens vous sauver de Rambo". Et quand on venait lui souffler qu'il en faisait un peu trop avec son poulain et qu'il avait beau être musclé et manier super bien l'opinel, c'était pas non plus le bon dieu, Trautman répondait : "Dieu aurait pitié. Lui non !".

Dans ce quatrième volet, loin (très loin même) de faire dans la dentelle, Stallone devant et derrière la caméra, a eu la bonne idée de ne pas en découdre avec la cible favorite de l'actuel gouvernement américain. Il délaisse les islamistes et préfère casser du Birman (Ca lui rappelle un peu le Mékong). Le réalisateur voulait mettre en lumière un conflit meurtrier oublié des médias. Mais rassurez-vous, l'esprit demeure. "Tu as la guerre dans le sang, quand tu y es poussé, tuer devient aussi facile que respirer", rappelle Rambo. On regrettera tout de même la disparition au générique de Richard Crenna, qui incarnait le fameux Colonel Trautman, décédé en 2003. Rendons-lui un dernier hommage avec LA réplique qui restera dans les annales lors d'un interrogatoire musclé finalement assez bon enfant :

Le méchant : Pour la dernière fois, où est-ce que les missiles sont localisés ?
Trautman : Pas très loin d'ici...
Le méchant : Où ça ?
Trautman : Dans ton cul !
John Rambo, de et avec Sylvester Stallone

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